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Interview : Demi Portion, le super-héros au grand cœur du rap français

Publié le

par Jérémie Léger

Crédits : Demi Portion

C’est un oiseau ? C’est un avion ? Non, c’est Demi Portion. Le rappeur de Sète nous présente son nouvel album intitulé Super-héros.

(© Demi Portion)

Le rappeur sétois a dévoilé ce vendredi 18 mai son cinquième album, Super-héros. Un projet fait, une fois n’est pas coutume, en toute indépendance, à la maison, avec la même équipe et avec une passion toujours intacte. Son amour inconditionnel pour le hip-hop, cet artisan de la rime le cultive depuis plus de 20 ans déjà. Ses Avengers à lui, sa Justice League, ce sont ses potes avec lesquels il officie quasiment depuis ses débuts : son beatmaker DJ Rolxx, qui produit pour lui et avec qui il partage la scène, Sprinter, son acolyte au micro, puis Mehdi, son manager.

Côté guests, Rachid Daif de son vrai nom a déjà collaboré avec de grands noms du rap français, parmi lesquels Kery James, Oxmo Puccino, Kacem Wapalek ou encore Davodka. Pour ce retour, c’est avec les géants d’IAM qu’il s’est associé pour la première fois sur le morceau "Comme un prince". Un immense honneur pour celui qui, il y a 22 ans déjà, découvrait la scène en faisant la première partie de la Fonky Family, ce groupe marseillais mythique qui vient du même coin que lui.

Comble du bonheur, ses super-pouvoirs, Demi P les présentera à son public qu’il aime tant dès demain samedi 19 mai sur la scène de l’Olympia à Paris pour la première fois. Une joyeuse fête avant son rendez-vous incontournable de l’été : le Demi Festival qu’il organise du 8 au 11 août dans sa ville natale depuis maintenant trois ans. Nous avons eu l’occasion de discuter avec Demi Portion, ce rappeur humble au grand cœur qui, on ne le répétera jamais assez, n’a de demi que le nom.

Konbini | Hello Demi Portion ! Ton cinquième album, Super-héros, s’apprête à sortir. Comment tu te sens ?

Demi Portion | Ça va. Le seul stress que je ressens aujourd’hui concerne le concert à l’Olympia. Il faut penser à la déco, au show, à la technique et à tous ces petits détails. Aussi, ce qui me préoccupe, c’est que le concert a lieu le lendemain de la sortie de l’album et donc, forcément, le public ne connaîtra pas les paroles. C’est un challenge, mais ça va aussi être une belle fête. Je suis impatient.

Les retours sur les deux premiers extraits, "La Sirène" et "Salam", ont pourtant été positifs !

Oui, c’est vrai. C’était un test pour moi. "La Sirène", c’était davantage dans ce que je proposais dans le délire "boom bap" et, avec "Salam", j’avais vraiment envie de donner un message de paix. Je suis content des deux clips. L’équipe était vraiment pro et le résultat est magnifique.

Pour toi, ça doit être quelque chose de tourner avec Ramzy…

Ramzy, je le vois depuis que je suis tout petit. C’est H, c’est toute mon enfance. Je ne le connaissais pas avant. On a d’abord échangé quelques messages et il est venu me voir au New Morning en décembre, lors du Scred Festival. On s’est checkés là-bas, je lui ai dit ce que je pensais de lui. Il m’a répondu : "Si un jour tu as besoin de moi, n’hésite pas." Il m’a accompagné avec Chinois marrant et c’était kiffant.

Quand la pudeur, la sincérité, le respect et le talent se mélangent, ça donne Demi Portion. Tu es d’accord avec ça ?

C’est un honneur. J’ai toujours essayé de grandir par rapport à l’éducation que l’on m’a transmise. Mon père et ma mère m’ont toujours appris le respect, qu’il fallait rester droit. Que malgré les mauvais moments, il fallait toujours essayer de positiver. Il faut se battre et ne jamais laisser tomber. Pour la pudeur, oui, c’est vrai. Mon seul complexe, c’est ma timidité, le fait de rester dans mon coin. Pour l’humilité et la sincérité, je pense qu’on l’est tous, du moins, on essaie.

Après 22 ans de rap, tu te sens enfin comme un super-héros ?

J’ai fait ma première scène en 1996 en première partie de la FF avec mon premier groupe, Les Demi Portions… Vingt-deux piges déjà, je n’en reviens pas. On faisait un peu de break, des stages d’écriture, du rap, de la MAO, tout ce qui tournait autour du hip-hop. On a appris cette culture, son engagement et tout ce qui se passait derrière. Je me suis tout approprié et j’ai kiffé. Aujourd’hui, on est là.

Qu’est-ce qui a changé chez toi depuis les Grandes Gueules et les Demi Portions ?

Ce qui a changé, c’est l’évolution de la musique, mais aussi les concerts. J’ai commencé à Sète et je me retrouve à l’Olympia à défendre un cinquième album. Je fais beaucoup de dates, 80, 100 par an. Je fais tout, des MJC, des petites salles, mais aussi des grands festivals. Je me contente de très peu et je suis très content de ce que la musique m’offre. Du coup, rien ne change si ce n’est la passion et le bonheur qui grandissent. Après 20 ans, je me régale toujours autant à faire de la musique.

Quels sont les pouvoirs du super-héros Demi Portion ? Comment tu les as eus et quelle est ton histoire ?

Être un super-héros, c’est un peu ce pouvoir-là : celui de ne pas lâcher, de montrer aux autres qu’on peut le faire. Mon pouvoir, c’est la persévérance, l’envie de faire et de ne pas se laisser marcher dessus. Mais surtout, comme n’importe quel super-héros, il faut savoir bien trouver son ennemi, sa Némésis. Je me sens défenseur du hip-hop et du rap français. Je veux me battre avec tous les autres pour défendre mon patrimoine.

Et justement, quelle est ta kryptonite ?

Ma kryptonite, c’est de ne plus pouvoir faire de musique et de concert. Tu me dis ça un jour, alors là ! On fera avec, mais bon… Au pire, on fera ça à la maison. La musique, c’est un pur kiff. Commercialement, pour le hip-hop, ça se passe très bien. C’est beau, on doit en profiter plus et propager notre musique au maximum, histoire de montrer qu’on peut être sérieux dans nos affaires.

Petite référence à Assassin ?

Oui, grave ! [Rires.]

Sur le morceau "Super-Héros", tu partages l’affiche avec ton fils ?

Exactement. Il a neuf ans et c’est la première fois que je fais ça. Ce n’était pas calculé. Comme j’enregistre à la maison, il m’a entendu et entre deux parties de Fornite, il est venu et a voulu poser sa voix avec moi. Ça le faisait triper d’entendre sa voix. On se dit des choses simples, c’est beau et c’est vraiment ce qu’on se dit tous les jours. Je ne me voyais pas lui faire un texte, il n’y avait rien d’autre à dire.

En tant que père, ça fait quelque chose, j’imagine…

Oui, je suis content et je peux considérer que c’est un featuring après IAM [rires]. Il est à sa place et au bon moment.

Ce côté fusionnel que tu as avec ton fils, c’est quelque chose que tu retrouvais aussi avec ton père ?

Grave ! Les parents, c’est la source de tout ce que tu vas accomplir dans la vie. Que tu sois en galère, heureux, en pleurs, tout sourire, les parents seront toujours là. Peu importent les histoires qu’il peut y avoir parfois, ce sont eux qui t’ont mis au monde et qui ont tout fait pour que tu sois ce que tu es.

On n’a que ça à leur rendre, je pense : la fusion la plus simple et la plus royale. Pour moi qui ai perdu mon père, il n’y a rien de plus précieux que ma mère. Il faut profiter le plus possible de ses parents pour ne pas avoir de regrets, parce que le temps passe.

Tu es justement retourné chez ton père, au Maroc, pour tourner le clip de "Salam"…

Oui, mon père est enterré à Mohammédia près de Casablanca, il voulait être là-bas. Mais le clip est tourné à Zagora, au sud du Maroc, aux portes du désert. C’est un morceau de paix. Je vais là-bas depuis que je suis tout petit et j’avais les moyens cette fois d’emmener une équipe pour faire de belles images. J’en suis content.

Je suis content aussi de ne pas être tombé dans le cliché de quelqu’un qui rêve de partir en France ou en Europe. Le thé, la danse et tout ça, je voulais montrer autre chose. C’est l’histoire d’un Marocain qui fait un road trip chez lui, qui n’a pas envie de partir, mais qui a besoin de bouger dans sa vie. Ce clip représente ce qu’on fait sans strass ni paillettes. Ce sont les choses simples de la vie. Notre souhait, c’était d’arriver au bled et de faire un beau truc.

Où as-tu enregistré cet album ?

J’ai enregistré l’album à Sète, chez moi, et je l’ai fait mastériser à Paris. C’est une qualité plus pro, mais toujours du fait maison.

Ta ville de Sète est toujours ton inspiration première, ça se sent.

Oui, c’est là où tout a commencé, la première partie de la FF et toutes les autres : Scred Connexion, Assassin, La Rumeur et j’en passe. Je ne te cache pas que ma ville m’a apporté beaucoup. Elle m’a appris à prendre mon temps, à être calme, à ne pas trop speeder. Sète m’a permis de me poser.

D’ailleurs, quand je pars très loin, je n’ai qu’une seule envie, rentrer à la maison. Il n’y a que là-bas que je trouve le calme, l’envie de bosser, puis mon accent aussi. Aujourd’hui, beaucoup de rappeurs sortent de province et on est tous attachés à notre ville. Paris, ce n’est pas pour moi. Sète, c’est paisible.

(© Demi Portion/Facebook)

On t’a vu poser avec les plus grands, mais partager un titre avec IAM, j’imagine que c’est quelque chose de grandiose.

C’est une belle connexion. C’était le Graal pour moi. Merci à eux, déjà, de m’avoir accueilli dans leurs studios. C’est un groupe qui a beaucoup de travail malgré le silence. IAM est l’un des groupes les plus respectables en France. Ils ne sont jamais entrés dans le clash et les histoires extra-musicales.

Ils ont toujours fait de la musique et ont fait parler d’elle uniquement. IAM, NTM, MC Solaar… Ces noms sont les fondations de notre culture. C’est grâce à eux qu’on est là. L’École du micro d’argent est l’un des meilleurs albums de rap français. J’étais content de les avoir sur mon album et quel honneur qu’ils aient accepté.

Sur le morceau "Comme un prince", j’ai reconnu le sample de "The Lord Will Make a Way" de S.C.I. Youth Choir…

Bien vu ! Il y en a plein d’autres sur l’album. Le sample, c’est quelque chose que j’ai toujours apprécié mettre dans ma musique. Avec DJ Rolxx, qui est avec moi aux platines, on a ce côté très boom bap. MPC, sampler, le grain, la recherche du son… On adore retravailler des samples. On kiffe les samples de soul, ces sonorités bien new-yorkaises.

Un autre de tes potes de longue date, c’est Oxmo Puccino. J’étais avec lui il y a quelques jours pour parler de la réédition de son album Opéra Puccino et il m’a dit de te faire une grosse dédicace.

C’est un monstre, je lui rends ! Je fais un gros bisou au papa de cette musique. Je vais te dire la vérité, c’est un emblème, un professeur et il m’a toujours impressionné. Il est imposant et a une telle façon de s’exprimer, c’est de l’art.

Tu as posé sur la version de "Mourir 1 000 fois" avec Jazzy Bazz et Remy. Racontes-nous comment tu as vécu cette collab. C’était énorme, je suppose ?

Oui, c’est un honneur, sachant que d’habitude, c’est moi qui fais appel au grand patron pour m’épauler. Il peut faire appel à n’importe quel rappeur aujourd’hui et il m’a contacté. Merci à lui. C’est une grande personne. Amour sur lui. À vie.

Il me disait qu’en 1998, le rap était basé sur la démonstration plutôt que sur l’émotion. Quand on t’écoute, on s’aperçoit que tu arrives à jouer sur les deux tableaux. Tu te reconnais sur cette ligne-là ?

C’est un truc que j’ai toujours essayé de faire. Je voulais montrer à la fois de l’émotion et des choses que tu ne peux pas montrer dans le texte. Tout ça se passe dans l’interprétation. Ça se manifeste par une veine qui sort de ton cou sur scène, une punchline, une rage au micro, ma façon de kicker avec mon accent…

Mais même en essayant de faire passer tout ça, je reste timide. Il y a beaucoup d’autres artistes qui ont montré de l’émotion, Oxmo, Kery James… La difficulté pour eux est encore plus forte parce qu’ils font aussi de l’acoustique. Quand tu fais ça, il faut avoir une prestance, mais ça permet de donner une autre couleur au rap.

Tu es aussi très proche de ton public, que ce soit en concert ou sur les réseaux sociaux. C’est important pour toi de garder cette humanité ?

Oui et je le revendique. C’est important de se dire que derrière les réseaux sociaux, il n’y a pas des robots, mais des humains. J’assume être une victime des réseaux. Quand j’écoute un rappeur, j’apprécie quand il me répond. Je n’ai pas honte de dire que je suis comme tout le monde. Je n’oublie pas non plus que c’est uniquement grâce au public que je fais cette interview.

Il y a le travail qu’on fait nous, mais ceux qui kiffent et qui partagent, ce n’est pas nous. Mon public m’a fait, m’a poussé dans des moments où je n’avais pas forcément envie de faire de la musique. Il redonne de la force et de la motivation. C’est pour toutes ces raisons que je m’adresse à eux dans ma musique et que je les respecte.

Cet amour du public se ressent dans les textes, mais encore plus sur scène.

La scène est franchement l’expérience la plus forte. C’est là où je vois le visage de tous ceux qui m’écoutent. Quand tu sors un clip ou un son, tu vois le nombre de vues ou de commentaires, mais sur scène tu vois vraiment l’amour, les réactions, les émotions et l’énergie que le public t’envoie. C’est un échange nécessaire pour avancer et savoir où tu vas aller par la suite. Le regard d’une personne qui bloque sur ce que tu es en train de faire, ça n’a pas de prix. C’est pour ça que chaque morceau qu’on fait sur scène est un kiff indescriptible.

Ce n’est pas facile d’avoir du cœur tout le temps, mais toi tu y arrives. C’est aussi ça ton super-pouvoir ?

C’est vrai. Si tu tombes en panne, tu ne sais pas si quelqu’un va t’aider. Tout va vite, c’est malheureux, mais on n’a plus le temps pour les choses simples. C’est difficile de trouver du temps pour se poser, mais on essaie et ce n’est pas que le cas dans la musique. C’est partout. Il faut toujours positiver et ne jamais se dire que tout est mort. Loin de là. Un super-pouvoir, je ne sais pas, mais en tout cas, j’essaie de prendre du recul.

Tu as toujours fait du rap par passion et tu le revendiques. Tu trouves qu’aujourd’hui la passion s’est perdue au profit du marketing ?

Je ne pense pas. Je pense que la plupart des artistes du moment ont toujours ce côté passionné, notamment pour l’écriture. Regarde Orelsan. Pour moi, la passion reste. Même dans la musique de Lorenzo, tu retrouves ça. C’est son délire, mais c’est appliqué, c’est bien fait, c’est soigné. Il y a toujours une passion sinon, le public le ressent et ne kiffera pas. La passion, c’est la base.

Cela dit, peut-être que certains sont soumis à des obligeances commerciales. À l’époque, on te signait parce que tu étais fort. Aujourd’hui, on te signe parce qu’on pense que tu vas le devenir. Ce sont des anticipations. Il suffit d’être validé par une chaîne, un nombre de vues, pour être considéré comme "bon". Avant, il n’y avait pas ce côté "star". Tu faisais Taratata c’était un truc de fou, aujourd’hui, tu fais On n’est pas couché, tu vois ce que je veux dire ? Tu deviens une image qui marche.

Je ne pense pas que les rappeurs soient forcés de faire ça. Je pense que c’est ce qu’ils veulent pour pouvoir affirmer : "Voilà ce qu’on fait aujourd’hui, c’est différent de ce qui se faisait avant, mais c’est ce qu’on aime." C’est un mal pour un bien, même si je suis partagé sur la question du fait d’être un artiste qui observe ça de loin.

L’Olympia, c’est bientôt. C’est une salle particulière pour toi qui vient de Sète ? Comment tu te sens ?

Faire l’Olympia, oui, c’est beau. J’ai fait La Cigale, le Batofar, La Bellevilloise, La Miroiterie, le New Morning… C’était des moments complètement dingues. J’ai fait toutes les petites salles aussi et ça me suffit. Venir de Sète et se dire qu’on va à l’Olympia, c’est beau. Je ne vise pas les Zénith. Ce n’est pas mon objectif d’être dans une usine. Je veux juste être en communion avec le public. Si on est 4 000, c’est énorme et si on est 50, ça me suffit aussi.

Comment parler de Demi P et de ses concerts sans évoquer le Demi Festival ?

Quand j’y repense, c’est dingue. Avant de lancer le premier Demi Festival en 2016, je n’avais jamais fait de vrai concert Demi Portion à Sète. J’ai fait des premières parties, mais jamais, en six ans de tournée, je n’ai organisé de vrai show chez moi, dans ma ville. Je me disais que tout le monde allait à Montpellier.

On a décidé d’investir le Théâtre de la mer pour organiser le Demi Festival, un événement dans la lignée du Scred Festival. J’ai appelé des artistes de toutes les tailles, de toutes les villes, des artistes que j’ai rencontrés, des DJ, des rappeurs, des grapheurs… Tout le monde s’est donné de la force. J’ai demandé sur les réseaux si les gens étaient chauds, et après… Waouh… Ça s’est fait comme ça, et ça fait déjà trois ans que ça dure. C’était une mission de ramener tout ce monde, mais c’est cool de voir que ça a pris.

Quand tu entends tout le monde dire "ça déchire !" ou "c’est énorme !", et tous ceux qui te tendent la main, c’est fantastique. C’est beau parce que je ne suis pas un programmateur de spectacles, je suis un rappeur. Un petit gars de Sète qui organise un festival chez lui et qui ne reçoit pas de subventions. D’ailleurs, je n’en veux pas, je veux continuer à faire ça en toute indépendance.

C’est la troisième édition cette année. Qu’est-ce que tu prépares ?

Au Demi Festival, tu prends 4-5 jours à Sète pour écouter et voir des artistes passionnés par ce qu’ils font. Le soir, tu vas à la plage, boire des bières, chiller, échanger, écouter du rap jusqu’à 3 heures du matin et basta. Ça change de Paris et de toutes les grandes villes. C’est "2 chez nous". Voir tous les gens heureux pendant l’événement, c’est ce que j’aime. Venez, et vous verrez.

Pour ce festival, tu as appelé tes amis et tes coups de cœur…

Il y a de tout, c’est tellement partagé. Il y a des noms comme les Sages Po, Time Bomb, Kacem Wapalek, La Smala, ATK, La Caution ou encore Scylla, côté Belges, par exemple… Ce ne sont pas des découvertes, ce sont des grands. Il y a des petits noms aussi : KT Gorique, une fille de Suisse qui démonte. Il y a le rappeur Modest de Béziers, Chinois, un rappeur de Sète, AF4, un petit groupe de Nice…

À mon échelle, je commence à devenir un ancien du rap et c’est un plaisir de donner l’opportunité de jouer à des petits artistes locaux qui kiffent seulement faire de la musique. Ça me fait tellement plaisir d’amener tout ce monde à Sète. Les petits comme les gros artistes, si c’est complet, c’est pour tout le monde. Je ne remercierai jamais assez tous ceux qui font de cette fête ce qu’elle est.

(© Demi Festival/Facebook)

Pour finir, le Maroc à la Coupe du Monde, tu es chaud ?

Ouais, à fond ! Ça fait 20 ans qu’on n’a pas participé à la compétition. Espérons que le Maroc déchire. Je suis autant pour la France que pour le Maroc. C’est un événement mondial quand même. Force pour le Maroc et pour tous les autres aussi. Même aux Italiens qui ne seront pas là ! [Rires.] Big up à tous les pays.

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