Harry Styles, l’Olympia et moi

Harry Styles, ex-membre du feu boys band One Direction, vient de démarrer sa tournée européenne et c’est à Paris qu’il a choisi de s’arrêter en premier pour défendre son album éponyme. On y était et on vous raconte.

"Si j’existe - Ma vie, c’est d’être fan - Sans répit, jour et nuit". En 2004, Pascal Obispo avait déjà bien résumé la situation quand il évoquait sa passion pour Michel Polnareff (qui l’a par la suite désavoué - terrible histoire). On a tous un artiste fétiche ou totem qu’on aime plus que de raison. Pour ma part, c’est Harry Styles, le jeune chanteur anglais devenu star de la pop et acteur hollywoodien. Alors que je n’aime pas vraiment la pop, ni les boys band, ça m’est tombé dessus sur le coin du nez sans prévenir lors d’un périple à Londres en 2013.

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Harry avait intégré depuis 2010 et son passage dans l’émission X-Factor les One Direction, un groupe de cinq jeunes hommes fringants destinés à émouvoir les adolescents. J’avais 21 ans et alors que je me rendais au musée Tussaud, à Londres, je me suis retrouvée à faire la queue pour prendre des photos à côté des cinq mannequins de cire à l’effigie des membres du quintette. Je ne connaissais pas leurs noms, leurs histoires et encore moins leur musique mais la tentation de prendre une photo avec cinq inconnus en cire fut trop grande. Allez comprendre pourquoi.

"J'etais comme cette femme inconnue"

Un an plus tard, le 20 juin 2014, je me retrouve au Stade de France, debout à côté d’une jeune fan de 13 ans et de sa mère à applaudir la prestation de ceux que l’on nomme dans le milieu les 1D et à m’émouvoir de chacun de leurs gestes comme c’est décemment plus permis à cet âge-là. Il faut se le dire, sur le coup j’étais pas très, très fière de moi et j’ai passé sous silence ce moment de ma vie. Aimer les One Direction à 20 ans passés, ça reste un peu trop audacieux pour la majorité des gens.

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Puis, l’album Four est sorti signant le dernier projet à cinq des 1D puisque Zayn s’en est allé juste après, le 25 mars 2015, créant l’indignation et l’émoi dans la planète directionner. Après un dernier album, Made in the A.M., le groupe a alors décidé d’opérer "une pause". C’est en gros la fin du contrat qui les liait et chacun veut vaquer à ses occupations. Fini le groupe, il faut désormais suivre cinq carrières solo ou choisir un camp.

Je me suis alors transformée en Styler parce qu’il faut le dire, il y a déjà assez de taf avec un seul chanteur pop romantique. En seulement un an, Harry Styles s’est vu propulsé au rang de star de la pop internationale. Il a joué dans un film de Christopher Nolan et a été érigé en icône de mode, lui qui porte désormais le costume Arlequin comme personne. La hype s’est alors emparée de lui, les comédiens, les it girls et les rockeurs l’ont validé. Et quand, après la sortie du merveilleux single "Sign of the Times", dans lequel Harry survole littéralement et métaphoriquement le monde, il annonce une tournée européenne, il fallait nous/(m') y rendre.

Paris, October.

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Nous y sommes donc allés. C’était le 25 octobre à l’Olympia. La légende dit que des jeunes gens étaient assez "deter" (comme à chaque concert des One Direction) pour dormir devant la salle deux jours de suite. Les moins téméraires ont, quant à eux, dû affronter le soir même une queue qui faisait approximativement – à échelle marseillaise – un pâté de maison. Malgré le tournant grand public qu’a pris Harry, on est obligés de constater que le public est composé à 90 % de jeunes femmes, accompagnées de leurs parents ou de leur bande de potes.

Les fans d’Harry Styles sont extrêmes, mais ce ne sont pas les hystériques qu’on a tendance à décrire en permanence. Ils sont prêts à passer deux jours dans la rue, mais une fois rentrés, le respect à l’égard des autres et de l’artiste est total. Complètement dédiés à leur idole, les goodies sont de sortie tout comme les drapeaux LGBT qui flottent dans la salle. La première partie est assurée par le groupe Muna. Quator électro-pop mené avec vigueur par la chanteuse qui ce soir était vêtue d’un costume semblable à ceux qu’Harry a l’habitude de porter. À croire que le chanteur ne s’associe qu’avec ceux qui portent des chemises à jabot.

21 heures, le chanteur monte sur scène. Un peu plus sobre qu’à son habitude, il ne porte qu’un costume rouge de soie aux imprimés sombres. Bien qu’Harry Styles soit habitué à faire la tournée des stades, le début du concert dans la salle intimiste de l’Olympia est plutôt timide. Le chanteur commence à se lâcher seulement après les premiers morceaux quand il s’adresse directement à son public qu’il prenait peut-être le temps de jauger.

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Les morceaux de l’album se succèdent, condensés de titres rock vigoureux, dans lesquels on sent l’influence de Mick Jagger, et de ballades plus mélancoliques, de celles qu’on ne chante que la lumière du téléphone allumé. L’ensemble sera entrecoupé de reprises, Harry gratifiera même son public de deux morceaux qu’il a jadis interprété au sein des One Direction comme le désormais mythique "What’s make you beautiful" qu’il revêt d’un vernis plus rock.

Même si on peut regretter la courte durée du concert (Styles ne compte que dix morceaux à son actif), ainsi que la retenue du chanteur par moments, le show reste une réussite qui permet à Harry Styles de prouver qu’il peut exister, aujourd'hui, et sans renoncer à son passé... un peu comme moi.

Le premier album éponyme d’Harry Styles est disponible depuis le 12 mai 2017.

Par Sophie Laroche, publié le 26/10/2017

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