Exclu : écoutez le nouvel album rayonnant de Guts avant tout le monde

Le producteur français soigne son retour avec un nouveau disque solaire, et nous donne quelques nouvelles pour l'occasion.

Après trois ans d’absence, Guts est de retour. Producteur de génie très souvent mésestimé – il a notamment collaboré avec les Sages Poètes de la rue, De La Soul ou encore Common –, l’ancien membre d’Alliance Ethnik revient sur le devant de la scène avec un nouvel album conceptuel. Cette fois, point de hip-hop.

Magnifiquement accompagné des percussions de Cyril Atef, du saxophone de Ben Abarbanel-Wolff, de la basse de Kenny Ruby, de la batterie de Christiane Prince et du trombone d’Adélaïde Songeons, Guts rend hommage aux musiques de l’hémisphère sud et étend un peu plus son spectre musical déjà impressionnant.

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En témoignent les collaborations avec des légendes du Brésil comme Pinduca, Nazaré Pereira ou encore Catia Werneck. Mais aussi les sonorités africaines de ses sons avec la Burkinabée Kandy Guira ou l’Angolais Vum Vum. Le résultat est un album qui navigue entre l’Afrique et l’Amérique du Sud, agrémenté de quelques escales caribéennes. Le disque parfait pour l’été et la plage – on n’en attendait pas moins du roi des "beach diggers".

Avant d'en savoir plus avec Guts qui nous raconte son projet, plus bas, écoutez l'album sans plus attendre, sur cette playlist YouTube :

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Konbini | Hello Guts ! Ton dernier album, Eternal, remonte à 2016. Qu’as-tu fait durant ces trois années ?

Guts | En 2016 et 2017, j’ai continué à pas mal tourner avec ma dernière formule hip-hop/soul intégrant sur scène Beat Assailant, Mary May, Wolfgang pour les voix lead, et Florian Pellissier, Greg F et Nico Rajao pour les musiciens. Nous avons pour l’occasion – et afin d’immortaliser cette dernière tournée – enregistré en 2017 l’EP Stop The Violence. En 2018, à l’exception d’un concert de prestige pour le festival Jazz à Vienne, j’ai surtout fait des DJ sets et j’ai passé beaucoup de temps à digger avant d’attaquer le nouvel album, vers septembre dernier.

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Pourquoi ce nom, Philantropiques ?

C’est mon fidèle ami Mambo, l’artiste qui s’occupe de mes visuels et pochettes depuis bientôt dix ans, qui a trouvé le titre. L’idée était de mettre en avant les vertus de la musique, celle qui rend nos vies plus belles et qui nous aide à mieux respirer, avec l’idée d’aller vers une nouvelle direction artistique axée sur la musique tropicale. Le titre est juste parfait, un philanthrope étant une personne qui a pour but d’améliorer la vie des autres. C’est ce que nous essayons de faire à travers la musique tropicale sur ce projet.

Quelles ont été tes inspirations pour ce nouveau projet ?

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Mes inspirations premières sont clairement les recherches de vinyles à travers le digging et les découvertes musicales que je joue en DJ sets. Après trois années de DJ sets à travers l’Europe, je me suis complètement connecté avec la musique afro-tropicale. C’est elle qui me fait vibrer et danser en ce moment.

On peut décrire cet album comme "afro-tropical" donc, mais il y a également beaucoup de sonorités latines (voire caribéennes) sur ce projet, notamment dans les featurings avec Catia Werneck, Pinduca et Nazaré Pereira. Pourquoi ce choix artistique ?

À l’image de la diversité musicale que je joue en DJ set et que j’écoute, cet album est un arc-en-ciel tropical qui représente toutes les couleurs des "musiques du monde" que j’aime. Impossible de ne pas passer par la musique brésilienne, l’une de celles qui m’inspirent le plus depuis quelques années. L’occasion était rêvée pour enfin composer un titre dans un style carimbo, genre musical de Belem, et de réunir sur un même disque les légendes Pindica et Nazaré Pereira.

À chaque fois ou presque, tu débarques avec des perles méconnues du grand public français pour tes collabs. Comment tu les as trouvées ? Tu fais au feeling ou tu as une idée bien précise en tête lorsque tu débutes le processus créatif ?

Comme le plus souvent les artistes avec qui j’aimerais bosser sont soit inaccessibles soit morts, je dois procéder autrement. J’adore découvrir des artistes talentueux et brillants et – quand c’est possible – j’aime les mettre en lumière. Donc lorsque je compose seul ou avec mes musiciens, selon la vibe du titre et le résultat artistique, je vais aller chercher un chanteur qui me semble coller parfaitement avec ce que j’entends dans mon imaginaire – à l’instinct !

Quel est le contexte idéal pour écouter Philantropiques ?

Lorsque tu es heureux, tu seras encore plus heureux, et lorsque tu es triste, tu seras moins triste. Toutes les occasions sont bonnes pour accompagner nos vies d’une musique qui fait vibrer nos cœurs.

Le hip-hop, c’est derrière toi ou tu gardes ça dans un coin de ta tête ?

Le hip-hop sera toujours en moi, derrière, maintenant et devant. C’est la base de mon expression artistique et de mes créations en général. Il ne sera jamais loin et il coulera toujours dans mes veines.

D’autres projets à venir ?

Cette année, je vais faire une tournée avec un nouveau groupe et une nouvelle direction artistique. Mais aussi une compilation, Straight from the Decks, avec des titres rares et incontournables de mes DJ sets depuis trois ans. Il y aura aussi quelques projets supervisés pour le label Heavenly Sweetness, avec K.O.G and the Zongo Brigade et Izem, une autre compilation que je supervise de DJ Kobal, une sélection de musiques haïtiennes rares… Le tout parsemé de petites fenêtres de repos et de douceur de vie, afin de me ménager et de pouvoir durer le plus longtemps possible dans mes activités artistiques.

Par Guillaume Narduzzi, publié le 28/03/2019

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