En écoute : après 3 ans d’absence, Foals est de retour avec un nouvel album puissant

Trois ans après la sortie de What Went Down.

Voilà plus de dix ans qu’on pratique Foals. Dix ans qu’on les voit évoluer, prendre forme, établir une consistance musicale qu’ils n’ont jamais trahie. Le premier souvenir que j’ai d’eux, c’était à l’aube de l’âge d’or des séries.

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On matait à l’époque Skins sur feu Megavideo et il n’a fallu qu’une petite minute pour se saisir de la force de frappe de cette formation originaire d’Oxford, qu’on découvrait en images plutôt que dans nos écouteurs. Leur son s’appelait "Hummer" et incarnait le meilleur d’une scène britannique composée – coucou 2007 – des Klaxons, de Metronomy, des Crystal Castles et des géniaux Late of the Pier.

Devant notre petit écran, avec une qualité ne dépassant pas les 480p, on plongeait le cerveau le premier dans une Skins party avec les guitares lunatiques du groupe de Yannis Philippakis, des flashs de lumière sur les personnages de la série et une réelle envie d’en découdre.

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Antidotes allait débarquer avec ses riffs mathématiques, ses "Balloons", "Two Steps, Twice" et "The French Open", comme une madeleine de Proust composée de Myspace, de gueules de bois qui n’en finissaient pas et des personnages qu’étaient Tony (Nicholas Hoult), Sid (Mike Bailey), Cassie (Hannah Murray) ou Chris (Joe Dempsie). C’était à l’été 2007.

Un désert espagnol

Dix ans plus tard, la route a été logiquement longue mais créative pour Foals. Total Life Forever (2010) est une véritable claque quand il sort. Si on se fout souvent de la gueule des acteurs ou des réalisateurs en leur signifiant que leur nouveau film est celui de la "maturité", ce deuxième album incarne ce concept désuet.

On est en 2019 et "Spanish Sahara" (un morceau utilisé pour un épisode de Misfits, une autre série britannique culte à l’époque) continue encore de poursuivre nos neurones alanguis, aux côtés des "Miami", de "This is Orient" et de la fureur de la deuxième partie d’"After Glow".

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Entre 2012 et 2015, la formation sort deux albums qui élargissent les champs du rock. On retrouve des influences américaines dans les sonorités de Holy Fire (2012), dont "Inhaler" est extrait, et une envie de distordre encore plus les guitares avec What Went Down.

Le morceau du même nom, enregistré en France, incorpore toute la rage rock d’un groupe qui poursuit son travail des sonorités, laissant ses albums sortir de leur zone de confort, aborder des dimensions sombres et soignées, mais sans forcément retrouver la dimension rafraîchissante des premiers opus.

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2019, entre perdu et sauvé

Pour son cinquième retour dans les bacs, Foals a décidé de surprendre : en 2019, la formation britannique sortira deux albums, dont le premier, Everything Not Saved Will Be Lost: Part 1, vient tout juste d’atterrir sur les plateformes de streaming. Et le groupe réussit l’impossible : faire corps avec l’ensemble de sa production musicale pour en retirer le meilleur.

Que ce soit avec le riff dingue de "White Onions", le puissant "Exits" serti d’un clip sublime, s’échappant par deux fois sur des morceaux pop "Syrups" et "On the Luna", longeant vers la mélancolie du "Cafe d’Athens" et laissant assez de place à la voix de Yannis Philippakis pour s’envoler sur "I’m Done With the World (& It’s Done With Me)", chantant :

"I’m done with the world
And it’s done with me
All I wanna do is get up and leave."

Jusqu’à la sortie du deuxième album, prévu pour l’automne prochain.

Par Louis Lepron, publié le 08/03/2019

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