Fiodor Dream Dog © Micky Clément

La chanteuse Fiodor Dream Dog donne le meilleur dans "Best"

Le 20 avril dernier paraissait le dernier album de la chanteuse Fiodor Dream Dog, Best. Une joyeuse mélancolie qui se répand parmi les 10 titres d'un album aussi dansant qu'introspectif.

Fiodor Dream Dog © Micky Clément

Fiodor Dream Dog © Micky Clément

À trente-huit ans et après quelques dures années de labeur dans l'industrie musicale, Fiodor Dream Dog semble s'être trouvée. Elle avait déjà attiré l'attention d'un public d'avertis avec son Jenny Kissed Me, elle revient aujourd'hui avec un nouvel album, résultat d'un mélange d'improvisation et de créativité débordante.

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Une imagination "qui ne nécessite pas de drogues" selon la chanteuse dont le nom, Fiodor Dream Dog, est issu d'une absurde rêverie mettant en scène un "chien de rêve" qui, sculpté dans la pierre, serait un refuge imaginaire dédié à l'introspection. 

Assez étonnante pour sortir des sentiers battus, trop ancrée dans la pop culture française pour virer à l'expérimental, la chanteuse apparaît comme un juste dosage entre le classicisme étrenné et réclamé par les auditeurs et la touche d'originalité qui fait bien souvent défaut à des artistes soumis à rude concurrence.

Des rythmes aux textes

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Avec deux opus relativement confidentiels à son actif, l'artiste a déjà su conquérir son public avec quelques concerts donnés dans le cadre de son projet personnel ou accompagnant des artistes français reconnus tels que Bertrand Belin.

"Je suis quelqu'un de perdu dans la vie", affirme-t-elle. Pourtant, sa trajectoire n'a rien d'aléatoire. D'abord batteuse, Fiodor Dream Dog suivra un chemin plutôt classique, passant de l'accompagnement au projet solo, s'égarant çà et là en écrivant pour "d'illustres inconnus" et travaillant son art jusqu'à trouver sa marque de fabrique.

Si l'artiste prétend ne pas savoir ce qu'elle veut vraiment, elle sait cependant ce qu'elle ne veut pas. De cette obstination ressort une singularité propre à chaque texte. Ses compétences ont beau être mises à la dispositions des autres, c'est un travail sur-mesure qui naît de chaque initiative. "Pour les autres, je fais une musique que j'aime mais qui n'est pas celle que j'ai envie de chanter" confie-t-elle à ce sujet.

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Pourtant, la chanteuse semble avoir trouvé la recette idéale pour se motiver à prendre le micro. Après avoir "fai[t] de la musique tous les jours, sans pour autant [se] poser sur une table chaque jour à heure régulière", Best a enfin vu le jour.

Alors même que nombre d'influences modernes sont perceptibles, la chanteuse se dit inspirée par les rythmes des siècles passés. Des compositions de Satie aux innovations de John Cage, Fiodor Dream Dog se nourrit d'éclectisme et brouille toujours plus les pistes lorsqu'elle s'attaque elle-même à la composition.

Ovni de la scène française

Fiodor Dream © Micky Clément

Fiodor Dream © Micky Clément

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D'un genre indéterminé, l'album est lo-fi pour certains tandis que d'autres n'hésitent pas à le classer dans le registre électronique. "Pas de style de prédilection" dans ses travaux selon elle, et pourtant l'artiste persiste dans une ambiance singulière dont les bases ont été posées dans ses précédentes créations.

Une seule chose est claire à la lecture de l'album, c'est une pièce taillée pour la scène et pour la danse que l'on aperçoit. Certaines pistes ont beau verser dans la neurasthénie, l'ensemble reste fidèle à un esprit plus léger qu'à l'accoutumée.

Instinctive et spontanée, Tatiana Mladenovitch — de son nom à la ville — joue avec les rythmes sans même s'en apercevoir. Avec une insolence perceptible, elle affirme n'avoir enregistré son album qu'en sept jours, le découvrant au fur et à mesure de la session d'enregistrement. Un "oubli" de transmission des maquettes à ses partenaires de jeu selon elle.

Pourtant, le résultat semble probant. Si les sonorités de ce nouvel album ne sont pas sans rappeler celles de nombre de nouveaux venus de la scène parisienne, la mixture est toujours efficace. Un album aussi feel-good que réflectif qui saura certainement trouver son public lors de la release party prévue pour le 30 avril au Point Ephémère.

Par Aline Cantos, publié le 28/04/2015

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