Infographie : cet été, préparez-vous à voir ces artistes squatter les festivals

Sourdoreille les appelle les "Squatteurs". Chaque année, le webzine sort son bilan des artistes les plus programmés des festivals d'été de la saison. Pour 2015, le classement vient de tomber. And the winner is...

Le festival d'été, événement de masse de moins en moins original (Crédits image : Eric Sonstroem)

Le festival d'été, événement de masse de moins en moins original (Crédits image : Eric Sonstroem)

Ils s'appellent Fauve, Shaka Ponk, Massilia Sound System, Fakear, Asaf Avidan ou encore Salut C'est Cool. Leur point commun ? Squatter à mort les affiches des festivals français de la saison 2015. Mais ils ne sont pas seuls. Le webzine Sourdoreille a conduit une étude (intégralement disponible ici) sur 230 festivals de l'Hexagone se déroulant entre mars et septembre 2015 (tout comme il l'avait déjà fait en 2014) afin de déterminer un top 20 des "Squatteurs 2015".

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À la première place du podium, les vétérans de Massilia Sound System remportent le trophée 2015 avec leur apparition dans... 21 festivals. Forts de 30 ans de carrière mais médiatiquement plutôt absents, ils sont une fausse "surprise" pour Sourdoreille qui voit dans le genre de musique joué par le groupe un facteur d'intérêt pour de nombreux festivals "puisque Zebda occupait cette place en 2012 et Tryo en 2013". Par ailleurs, "on peut noter que Massilia n’est programmé sur aucun des 10 plus gros festivals français".

Le reste du podium est complété par Shaka Ponk (20 festivals) et Fauve (19). Derrière, ex æquo avec 17 apparitions, on trouve Salut C'est Cool, Biga Ranx, Fakear et Asaf Avidan. Puis, parmi les noms que vous avez pu retrouver dans les pages de Konbini, on note The Do (15), Christine and The Queens (15) ou encore Thylacine (12). Découvrez l'infographie signée Sourdoreille ci-dessous.

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Des chiffres impressionnants ? Sans doute, mais moins que l'année dernière : le webzine Sourdoreille note que "le nombre de festivals squattés par les premiers du classement est en revanche sensiblement moins élevé que les années précédentes : Fauve était sur 26 festivals l’an passé, Zebda sur 36 en 2012 !".

Reste que certains habitués, parmi les plus tenaces, ont décidé de ne lâcher prise qu'à l'heure de leur trépas : "Shaka Ponk n’ayant manqué qu’une édition des squatteurs depuis quatre ans !" Dur.

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Pour vendre des billets, fais comme ton voisin

Pourquoi, alors, retrouve-t-on partout les mêmes artistes programmés ? Pour y répondre, l'an passé, Le Figaro alimentait ses colonnes des explications de Thierry Langlois, programmateur du Printemps de Bourges et de Garorock. Selon lui, “ces festivals ont d’un côté une mission populaire et doivent de l’autre s’adapter à la loi de l’offre et de la demande”. Les artistes récurrents sont donc programmés pour satisfaire le grand public et rentabiliser les coûts.

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Tout est là, le serpent n'en a pas terminé de mordiller sa propre queue. Pour être sûrs de vendre des tickets, les programmateurs lorgnent bien souvent ce qui fonctionne ailleurs pour le programmer à leur tour – quitte à délaisser, parfois, une prise de risque justifiable artistiquement. Cité par Sourdoreille, justement, Jean-Paul Roland des Eurockéennes, également co-fondateur de la fédération de festivals De Concert, confirme ce constat alarmant :

Pour de plus en plus de festivals, le point d’équilibre s’approche désormais du sold-out ! Alors même s’il y a un vrai attachement du public à un festival, cela ne suffit pas pour arriver à un tel remplissage.

Quant aux artistes qui ne sont pas en promotion, le programmateur ajoute tout de même : ”il est très coûteux de faire venir un artiste qui n’est pas en tournée”, rappelle Thierry Langlois. Eh oui.

Contre la crise du disque, "nous, on fait des concerts"

Et les artistes, comment voient-ils les choses ? On note une déclaration assez significative des gagnants de la saison 2015. En 2009, en pleins remous provoqués par les questions autour de la loi HADOPI, Gari Greu de Massilia Sound System confiait à La Provence :

Avec Massilia Sound System, chaque fois qu’on vend un CD, je gagne 15 centimes d’euros. Alors, quand on en vend 30 000, je vous laisse faire le compte. Mes morceaux, je peux les donner, c’est pas avec ça que je mange ! Mais Universal, Carrefour, la Fnac, eux, ils mangent avec ça. Nous, on se fait baiser, on a dû trouver d’autres choses pour vivre que les ventes de disque. Nous, on fait des concerts.

Par Théo Chapuis, publié le 22/04/2015

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