©YouTube / Fatal Bazooka – C’est une pute

Féminisation des métiers : Fatal Bazooka avait compris avant l'Académie française

Avec son morceau précurseur "C'est une pute", l'artiste français dénonçait la stigmatisation liée à la féminisation des métiers.

Depuis quelques jours, Fatal Bazooka est de retour sur le devant de la scène. Non pas parce que le personnage interprété par Michaël Youn entame une nouvelle tournée ou s’apprête à dévoiler un nouvel album, mais bien parce qu’il était très en avance en matière de féminisme. Comme le relate parfaitement madmoiZelle, Fatal Bazooka a dénoncé le sexisme de la langue française dans son titre "C’est une pute" dès 2007, quatorzième piste de son disque T’as Vu. Et ce alors même que la féminisation des noms de métiers semblent toujours poser problème à certains aujourd’hui, en 2019.

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Dès l’introduction pleine de second degré signée Benjamin Morgaine, on peut constater l’aspect féministe du propos parodique à deux reprises : "On retrouve tout de suite Christelle Bazooka, la sœur du célèbre rappeur (1), pour son hymne au meilleur ami de l’homme, j’ai nommé la femme (2)". S’en suit la prestation de Christelle Bazooka donc, qui présente son titre en expliquant que "n’en déplaise aux puristes, la langue française demeure beaucoup trop machiste, rien n’a changé". Plus un.

Sous les traits de ce personnage caricaturé au possible – avec lequel il a également dénoncé l’homophobie dans le tout aussi culte titre "J’aime trop ton boule", Michaël Youn explique en quoi la perception de certains métiers (ou certaines expressions) varie selon qu’ils soient au masculin ou au féminin. Pour faire simple, quand c’est au masculin tout est normal, mais dès qu’on le décline au féminin, tout est synonyme de "pute".

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Typiquement : "Un chauffeur, il conduit le bus. Une chauffeuse, c’est une pute". Mais aussi : "Un masseur, c’est un kiné. Une masseuse, c’est une pute" ; ou encore : "Un maître, c’est un instituteur. Une maîtresse, c’est une pute." Et les exemples sont légion alors que la chanson dure à peine une minute, c’est dire. Un moyen avant-gardiste de dénoncer le sexisme ordinaire présent dans notre langue au quotidien. Le morceau n’avait pas eu tant d’impact que cela en 2007, il faut le réécouter aujourd’hui pour comprendre à quel point il pouvait être précurseur. Big up Fatal !

Par Guillaume Narduzzi, publié le 04/03/2019

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