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Le nouveau clip dérangeant de Fat White Family

Publié le

par Thomas Andrei

Fat White Army. (Photo: … )

Fat White Family est le groupe anglais le plus scandaleux et excitant depuis des lustres. Leur nouvelle vidéo, en exclu pour Konbini, fait écho à notre monde sinistre.

Si vous ne vous êtes pas rendu à Londres depuis un moment, vous en conservez probablement une image aussi fausse que celles des touristes chinois découvrant que Paris n'est pas une carte postale. Les fameuses victimes du "syndrome de Paris".

Le Londres de 2015 ne déçoit pas pour son manque de belles bâtisses ou de badauds souriants, mais pour l'inverse. Camden n'est depuis longtemps plus qu'un musée faussement sale où se pressent des cohortes de touristes, engloutissant les quelques goths, punks et mods subsistant dans le quartier.

Les coins branchés de l'est de Londres s'essoufflent déjà, les loyers affolants poussent les créatifs hors de la ville, les clubs et bars mythiques ferment les uns après les autres. Même l'anciennement terrible Brixton est en voie de gentrification.

Dans tout ça, il ne reste plus grand chose pour ceux qui rêvaient de traverser la Manche pour croiser Amy Winehouse ou les Libertines il y a une dizaine d'années. Certains iront même à dire qu'il ne reste rien, sauf la Fat White Family.

Fat White Army. (Capture d'écran : Whitest Boy On The Beach)

Pas d'annulation de concert pour Fat White Family

Si vous avez déjà eu la chance de voir la famille sur scène, vous vous êtes déjà dit que quelque chose était en train de se passer. Vous avez pensé au Clash, à Led Zep', à Iggy Pop et à tout ce que vous avez entendu sur ce qu'était un vrai concert de rock. Lias Saoudi, le frontman du groupe, est superbe. Il hurle, danse frénétiquement, tombe, déverse des litres de sueur et se fout à poil comme si sa vie en dépendait, comme si l'apocalypse était pour demain.

Le 13 Novembre, la Fat White Family était d'ailleurs à Paris. Prévenu de ce qui se passait à quelques arrondissements, le groupe est contraint de stopper son concert, conseillant à la foule "de courir pour sauver leur vie." Il en faut pourtant plus pour les arrêter. Le sur-lendemain, malgré les annulations de concerts massives dans toute la France, le groupe le plus scandaleux du Royaume Uni assure quand même son rôle sur scène, à la Rochelle.

Alors que l'Europe est toujours sonnée, Fat White Family ne bouleverse pas son calendrier, et sort trois jours après les attentats un nouveau titre libérateur, "Whitest Boy On The Beach." Ce jour-là, il s'agissait de la seule chose capable de relancer nos cœurs las.

Deux ans après le scandaleux Champagne Holocaust, ce nouveau titre est plus clean, mieux arrangé, plus dansant et peut-être plus entêtant que les "Bomb Disneyland" ou "Who Shot Lee Osvald?".

Fat White Driver. (Screenshot: Whitest Boy On The Beach)

"Une invitation, envoyée par la misère, à danser sur le beat de la haine humaine "

Dévoilé en exclue sur Konbini, le clip de l'hymne destroy de la Fat White dévoile la transformation du groupe. Réalisé par Scarlett Carlos Clarke, Rob Hawkins et Tim Noble, montre Lias et son escouade sur les falaises de Douvres, tout d'habits militaires vêtus, se rasant la tête façon Full Metal Jacket

Prévue bien avant les attentats, la vidéo fait aujourd'hui écho à un monde sinistre où les députés anglais accueillent dans un tonnerre d'applaudissements la décision de bombarder la Syrie.

Ouvertement socialiste, potentiellement anarchiste, la Fat White Family véhicule un message bien différent. Prévu pour janvier, le deuxième LP du groupe, Songs For Our Mothers est décrit comme "une invitation, envoyée par la misère, à danser sur le beat de la haine humaine".

Peut-être qu'il ne reste plus que ça à faire.

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