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En écoute : le nouvel EP sensuel de Chloe Martini

Publié le

par Naomi Clément

À l'occasion de la sortie de son nouvel EP Private Joy, la jeune productrice Chloe Martini nous offre en exclusivité un titre de ce petit bijoux, et nous en dit un peu plus sur son monde mystérieux.

Chloe Martini © Page facebook de l'artiste

Le label français Roche Musique, dont on vous parlait déjà au sujet de FKJ, nous présente aujourd'hui la toute première artiste féminine de son clan : Chloe Martini. Originaire de Varsovie en Pologne, cette jeune productrice de 22 ans sort en ce lundi 9 mars Private Joy. Un EP soul et sensuel, sur lequel les productions électroniques s'entremêlent chaleureusement avec des voix envoûtantes.

En attendant de dévoiler les quatre morceaux de son Private Joy ce lundi soir, Anna (de son vrai nom) nous offre en avant-première la troisième piste de son EP : "Unknown". En addition, la demoiselle, dont le premier titre de Private Joy, "Get Enough", est récemment apparu dans l'émission d'Annie Mac sur la BBC Radio 1, nous en dit plus sur sa musique. Entre Prince, influences japonaises et R'n'B, Chloe Martini nous entrouvre les portes de son monde mystérieux.

Konbini | Quand as-tu commencé à t'intéresser à la production ?

Chloe Martini | Depuis le jour où un ami m'a montré un logiciel Guitare Pro 5, sur lequel tu peux faire de la musique en utilisant des notes et des tablatures. Les sons étaient polyphoniques. Ça sonnait super cliché, mais ce logiciel avait tous les sons d'instruments dont j'avais besoin à l'époque, les batteries, le piano, la basse, la guitare... J'ai pu avoir un petit avant-goût de ce que cela faisait, de produire un morceau.

K | Qui sont les artistes qui t'influencent ? J'ai entendu quelque chose au sujet du pianiste japonais Ruyichi Sakamoto…

Ruyichi Sakamoto est en fait celui qui m'a poussée à créer de la musique. Ses compositions m'ont tout simplement enchantée, c'était le coup de foudre. Je suis aussi inspirée par les années 80. Il y a quelque chose de très pop et de très R'n'B dans cette période, qui me donne la chair de poule : les sons, les arrangements... J'aimerais vraiment que la musique pop d'aujourd'hui nous fasse ressentir la même chose. Peut-être que je devrais révolutionner tout ça ?!

K | Parlons de ton nouvel EP, Private Joy. À chaque fois que je l'écoute, je ressens quelque chose de très sensuel, de sexy même… C'est l'énergie que tu souhaitais dégager ?

Beaucoup de gens décrivent ma musique avec ces termes, sensuel et sexy. Mais en toute honnêteté, je ne fais pas ça consciemment ! C'est juste quelque chose qui ressort à chaque fois que je fais de la musique. Mais c'est une bonne chose je crois, non ? (rires)

K | Pourquoi ce nom ?

"Private Joy” est le nom d'un morceau de Prince, sorti en 1981. C'est vraiment un de mes morceaux préférés qu'il ait fait. Je l'ai énormément écouté pendant la phase de création de cet EP. Voilà pourquoi j'ai décidé de l'appeler ainsi. C'est un grand morceau.

Travailler avec des auteurs-compositeurs

K | Comment as-tu choisi les quatre chanteurs présents sur cet EP ?

J'apprécie beaucoup le fait de travailler avec des chanteurs que j'apprécie humainement, et avec qui j'accroche instantanément musicalement parlant. Par exemple, j'ai découvert Peter Lyons sur YouTube, je lui ai écrit et on a tout de suite accroché. C'est un gros fan de Michael Jackson, comme moi. J'ai vraiment eu du plaisir à travailler avec chacun des quatre chanteurs sur ce projet. Chacun d'entre eux a amené quelque chose de spécial à mes morceaux.

K | Est-ce que c'est toi qui écris les paroles ? Ou tu laisses ce soin aux chanteurs ?

Je ne crois pas que mes capacités à écrire soient assez bonnes, du coup je laisse plutôt cette tâche aux chanteurs (qui sont aussi auteurs-compositeurs). J'adore créer une structure adaptée pour que les auteurs-compositeurs puissent construire un morceau solide. Mais peut-être que je m'y essaierai un jour, qui sait !

K | Tu sors Private Joy sur un label français, Roche Musique. Quel est ton rapport à la France ?

Beaucoup de gens pensent que je suis Française, sans doute à cause de mon nom, "Chloe". Certains ajoutent d'ailleurs un accent sur le -é – ce contre quoi je n'ai absolument rien car ça rend mon nom plus classe (rires). J'adore jouer à Paris, les gens m'y accueillent toujours bien.

K | En 2013, tu dévoilais ton premier EP, Reborn. Si tu le compares à Private Joy, qu'est-ce qui a changé selon toi ?

La première grande différence est qu'aujourd'hui, je travaille avec des chanteurs et auteurs-compositeurs. J'ai toujours voulu faire ça, créer des morceaux pop/R'n'B... Faire des beats c'est fun aussi, mais être capable de créer un morceau pop, un morceau qui te donne la chair de poule, ça c'est un rêve.

Un morceau sur la BBC Radio 1

K | Comment as-tu réagi quand Annie Mac a passé “Get Enough” sur la BBC Radio 1 ?

Mon management m'a envoyé un message juste après, pour me dire qu'Annie avait passé le morceau. C'était un sentiment incroyable car je suis ce que fait Annie depuis un moment maintenant, et j'adore son travail ! Ce serait un réel plaisir de pouvoir faire un mini-mix pour son émission un jour.

K | Et quand Hudson Mohawke a dit qu'il mettrait le morceau dans son mix de Saint-Valentin ? 

Effectivement il a dit qu'il le ferait, mais il ne l'a jamais fait... les mecs ! (rires)

Créer de la musique intemporelle

K | Qui sont à tes yeux les meilleurs producteurs en 2015 ?

Mr Carmack, Photay, Kaytranada, Pomo et Potatohead People. Des mecs très talentueux.

K | Avec qui tu aimerais collaborer ?

Jessie Ware !

K | C'est quoi, le futur de Chloe Martini ?

Faire de plus en plus de musique intemporelle.

K | Dernière chose : quand viens-tu nous voir en France ?

Le 1er mai ! Je jouerai à La Bellevilloise, à Paris.

Tracklist de Private Joy :

"Get Enough" feat. Alyss
"Unknown" feat. Shae Jacobs
"Volatile Dreams" feat. Azteka
"Our Time" feat. Peter Lyons

En attendant de retrouver Chloe Martini en live, l'EP Private Joy est d'ores et déjà disponible sur iTunes, et en streaming sur le SoundCloud de l'artiste.

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