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En écoute : retrouvailles enthousiasmantes avec Feist et sa voix sans pareil

Publié le

par Chayma Mehenna

Six ans après nous avoir délaissés, Feist, qui semblait avoir disparu, dévoile son quatrième album, Metals. Joie intense, elle est enfin de retour avec un single éclatant, qui nous a autant chamboulés qu'enthousiasmés. Attention : alerte déclaration d'amour partiale !

Les six ans d’absence de Feist s’achèvent enfin... Avec dix secondes de silence. Celui-ci se rompt progressivement. Un bruit sourd et rond plane avant que cordes piquées et ligne de basse profonde ne rompent la sobriété. S’immisce alors cette voix. Une voix qui n’a pas son pareil. Feist le sait et en joue, jonglant entre les textures de voix contrastées. Lentement, on reprend goût à cette fraîcheur impertinente, cette pureté simple qui nous avait tant manqué.

Pourtant, à dix mille lieues de "1234", la reine Feist essaye l’inattendu, le tendu avec brio. C’est froissé, puis crissant, ça s’intrique comme ça se délie. Les envolées légères s’entrecoupent de cascades d’à-coups électriques et bruts. Les voix s’étendent, s’étirent, s’animent, flirtant tour à tour avec la patte de PJ Harvey, de Kim Gordon de Sonic Youth ou encore de St. Vincent. Pour faire simple, le très justement nommé "Pleasure" a l’acidité d’une mandarine ferme que l’on ouvre péniblement, la douceur du coton froid lorsqu’il caresse la peau le matin et l’éclat vivace des fleurs ouvertes sur lesquelles le soleil brille au printemps. Il se complexifie avec le temps, avec les écoutes ; il est dense et flamboyant.

Bien heureusement, ce morceau ne restera pas bien longtemps seule démonstration que, oui, Feist est toujours (peut-être même plus que jamais) pertinente. Le 28 avril, l’album suivra. Ce LP, aussi intitulé Pleasure, se veut l’exploration des limites émotionnelles et la capture de la solitude, des secrets, de la pression, la déconnexion, la tendresse, le rejet, l’intérêt comme le désintérêt. Qui de mieux qu’elle pourrait se lancer dans un projet si ambitieux, si judicieux ? Nul doute ne nous traverse, sa poésie et son génie feront de cette œuvre une beauté fatale que l'on attend avec hâte.

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