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En écoute : plongez dans l’univers obscur du dernier album de Josman

Publié le

par Sophie Laroche

©facebook Josman

Pour sa troisième mixtape 000$, Josman nous propose un projet de quatorze titres, entre quête de lumière et réalité troublée.

© Facebook Josman

Vingt-trois ans et déjà trois mixtapes, Josman fait son chemin calmement mais sûrement dans le rap français sans se soucier des querelles ou des amitiés. Car, ce ne sont ni les feats ni les alliances qui constituent son œuvre mais son appétence à évoquer des récits terre à terre, abrupts et sombres, qui ont marqué sa plume depuis 2013 et ses deux premiers EP commercialisés, Échecs positifs et Matrix. Aujourd’hui, le jeune rappeur poursuit cette entreprise avec sa troisième mixtape de quatorze titres - 000$. Retour sur ce projet, entre quête de lumière et réalité troublée.

Le "zéro" si souvent évoqué par Josman - que ce soit dans ce titre d’album ou dans ses paroles - c’est à la fois le manque et l’opulence, deux perspectives qui imprègnent l’œuvre du rappeur. À la fois pour évoquer le manque d’argent à cause duquel il nage "dans une merde noire" ("Doigt d’honneur") ou la richesse qui arrive quand on parvient à multiplier les zéros, et pour laquelle il se bat, Josman confie autant son quotidien que ses ambitions. Le tout se situant souvent dans un nuancier très sombre. En effet, l’album commence par un titre nommé "Doigt d’honneur" et finira par un autre intitulé "merde" - rien de bien réjouissant.

Même si les productions de cet album sont aériennes et que le rappeur garde le ciel comme perspective ("Dans le ciel", "Prendre l’air"), le projet reste imprégné d’une obscurité palpable incarnée par les notes de piano lancinantes ("La Cage") mais surtout par le rap et le flow de l’artiste qui forcent, comme un poids accroché à un ballon d’hélium, à garder les pieds sur terre rappelant la réalité de la vie, ("la vie, c’est pas un snap", "la vie, c’est pas les sims"…)… qui passe fatalement par la mort ("J’ai l’impression que je vais mourir jeune"). 

Pour trancher avec les beats lents de ses productions, Josman assène un rap haché et amer qu’il découpe avec précision. Et souvent en triptyque. Sûrement influencé par les productions américaines actuelles, Josman use et abuse des ad-libs ("Skrrr !") qu’il multiplie par trois, comme il divise ses phrases, ses syllabes ou ses titres de paroles ("Puff Puff Pass"). Trois comme les trois zéros de 000$, mais aussi comme le numéro de cette mixtape qui est la troisième que Josman sort et qui sera sûrement celle du succès. En espérant que ce chiffre lui porte bonheur.

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