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En écoute : LCD Soundsystem revient en grande forme avec l’album American Dream

Publié le

par Arthur Cios

James Murphy et sa bande ont enfin dévoilé le grand successeur de This Is Happening, après six ans d’attente.

On ne l’attendait plus, ne l’espérait plus. Puis vint un concert mémorable au festival We Love Green l’été dernier, après quelques années d’absence, et des adieux déchirants en 2011 pour ce qui devait être la fin d’un groupe culte. Mais voilà, James Murphy et sa bande sont de retour. Plus d’un an après ce fameux show, LCD Soundsystem dévoile American Dream, un nouvel album – le quatrième en seize ans d’une carrière mouvementée.

Certains craignaient un retour fade, un disque pas nécessaire, un cadeau pour les fans ou un subterfuge pour se refaire une petite santé pécuniaire. Mais c’était douter du talent de ce chef d’orchestre mélancolique, 47 ans bien tassés, qui pond ce qui résonne déjà comme un grand album, s’ajoutant à une discographie presque parfaite.

Une recette LCD Soundsystem

Il est rare d’arriver à garder une recette intacte ou presque, et qu’elle vieillisse bien. Trop souvent, des artistes ont cherché à changer d’ADN pour se renouveler, sans succès. Trop souvent, des artistes sont restés ancrés à ce qui faisait le succès de leur musique sans ne jamais rien changer, lassant au passage le public. LCD Soundsystem fait partie de ces exceptions qui parviennent à trouver le juste milieu.

American Dream est un agrégat de ce qui a toujours fait le succès de la formation new-yorkaise, sans tomber dans la nostalgie ou l’obsession de coller à l’air du temps. On songe à "Dance Yrself Clean" autant qu’aux Talking Heads, aux B-52’s ou encore à David Bowie. Du premier titre "Oh Baby", franchement 100 % LCD, à un "How Do You sleep ?" complètement hallucinant, qui démarre calmement avant de finir en trombe dans une folie jamesmurphienne jouissive, jusqu’à sa conclusion, James Murphy propose un road-trip savoureux empli de batterie mate et de nappes synthétiques ondulantes, vous faisant passer par bien des phases et des émotions.

L’artiste reste dans sa mélancolie, marque de fabrique du bonhomme, donnant envie de taper du pied et de secouer la tête avec ardeur tout en ayant les larmes aux yeux. S’il conserve son phrasé presque parlé reconnaissable entre mille dans des titres comme "Others Voices", James Murphy s’essaie aussi à des registres plus chantés – terrain où on ne le connaît pas trop. On a en tête ce "I Used To" parfait de bout en bout, même avec ce solo de guitare peu commun dans la musique du groupe.

Un artiste qui doute

Le fait est que les histoires que nous raconte James Murphy sont toutes imbibées d’une tristesse permanente, qu’il parle d’amour, du temps qui passe, de ses regrets (tout un passage du sublime "Black Screen" aborde le fait qu’il ait refusé de coproduire Blackstar, le dernier et ultime album de feu David Bowie, de peur de décevoir) ou de la nostalgie. Même quand il erre dans l’impersonnel, il ne peut s’empêcher de douter. De préciser qu’il n’a plus rien à nous raconter, comme dans "Change yr Mind", littéralement : "I’ve just got nothing left to say."

Pourtant, la veille de la sortie d’American Dream, le chanteur a dévoilé "Pulse (v.1.)", un morceau qu’il a décrit sur Facebook comme "à écouter juste après l’album". Il ne faut pas en douter : James Murphy est loin d’en avoir fini avec nous, pour notre plus grand bonheur, celui des fans et celui des mélomanes d’aujourd’hui et demain.

American Dream est sorti ce 1er septembre. LCD Soundsystem sera en concert les 13 et le 14 septembre à l’Olympia, à Paris.

Article coécrit avec Chayma Mehenna

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