En écoute : entre rage et poésie, Riz Ahmed vient de sortir un album

Entre musique et cinéma, l'acteur et rappeur Riz Ahmed raconte avec rage et poésie sa relation toxique avec l'Angleterre.

Ne l'appelez plus Riz MC. L'acteur et rappeur Riz Ahmed vient de sortir un court-métrage et un nouvel album, The Long Goodbye. D'une durée de seulement 27 minutes, 15 morceaux qui prennent aux tripes marquent son retour.

Très engagé contre le racisme, la vedette de la mini-série The Night Of a conçu cet album pour "tous ceux qui ont le cœur brisé... à cause de leur pays"Venom, Jason Bourne, Les Frères Sisters, Star Wars, The OA : depuis au moins cinq ans, Riz Ahmed joue dans de grosses productions hollywoodiennes, ne l'empêchant pas d'être confronté à des formes de discrimination.

Publicité

En avril dernier, il révélait par exemple avoir été victime d'un énième contrôle au faciès par les douanes américaines.

Après son travail avec les Swet Shop Boys ou son satirique Post 9/11 Blues, ce nouvel album coloré, designé par le photographe marocain Hassan Hajjaj, oscille entre ses origines pakistanaises et un rap revendicatif, n'hésitant pas à inviter l'auto-tune sur "Any Day" en feat avec Jay Sean. On retrouve aussi le soutien de Mahershala Ali, Mindy Kaling, Yara Shahidi et Asim Chaudhry dans quelques interludes parlées. 

Publicité

Inspiré par le travail de l'écrivain Saadat Hasan Manto et du poète Muhammad Iqbal, considéré comme le père spirituel du Pakistan, Riz Ahmed a accompagné sa musique d'un court-métrage éponyme de Aneil Karia analysant la crise nationale et identitaire de l'Angleterre, à l'heure où les conséquences du Brexit inquiètent. Un scénario furieux et inoubliable, qui va vous retourner le ventre. 

Avec ses mots, le rappeur humaniste qui, jusque-là, avait fait une carrière discrète dans la musique, ose enfin montrer de quoi il est capable, en dénonçant avec rage les causes qui lui tiennent à cœur et racontant les histoires qui sont absentes sur grand écran, à Hollywood. Merci Riz. 

Publicité

Par Lucille Bion, publié le 06/03/2020