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En écoute : Di-Meh fait les beaux jours du rap suisse avec son EP Focus, vol 1

Publié le

par Sophie Laroche

©facebook Di-meh

Un projet de onze titres qui comporte des feats avec Slimka et Népal.

Après l’engouement suscité par les rappeurs belges, dont les noms sont sur toutes les lèvres, c’est la Suisse qui émoustille aujourd’hui l’Hexagone. Le public y prête une oreille de plus en plus attentive, tout comme les médias et les rappeurs français qui vont y chercher leurs futures collaborations. Deen Burbigo a d’ailleurs récemment invité Makala sur le morceau "Coupe le son" de son dernier album. Aujourd’hui, c’est le prometteur Di-Meh qui sort son premier projet commercialisé (Focus, vol 1), et offre par la même occasion un nouveau coup de projecteur sur la Suisse.

Originaire de Genève, Di-Meh est sûrement l’un des visages les plus connus du collectif SuperWakClique, qui compte notamment Slimka parmi ses rangs. Ce statut, il le doit à une carrière assez riche et prolifique, qu’on ne devine pas forcément sous ses traits juvéniles. Pourtant, en 2015, il sort pas moins de trois projets sur son SoundCloud#ResteCalme, produit par 75esession, #DimeHendrix, et Entre le rap et la vraie viecommençant ainsi à bâtir sa réputation de jeune prodige, qu’il renforça en 2016 avec son EP gratuit Shine.

Bonnet retroussé et lunettes de soleil rondes toujours vissées sur le nez, Di-Meh s’est construit une identité visuelle et musicale déjà bien affirmée. Faisant partie d’une nouvelle génération qui se questionne sûrement plus sur sa singularité et son efficacité que sur sa légitimité, Di-Meh, le temps de onze morceaux, montre qu’il n’a peur de rien et qu’il est capable de toucher à tout. En effet, si le projet suit une ligne définitivement trap, Di-Meh y a assemblé, avec habileté, ses nombreuses influences, notamment américaines qu’il revendique à coup d’ad-libs autotunés. Décomplexé, le "jeune rebeu sûr de lui", navigue entre les ambiances, nous faisant passer en un clin d’œil du calme ("Benz" avec Slimka) à la tempête ("Jabbawockeez"). Il n’hésite pas non plus à élaborer des flows divers qui tendent parfois vers le chant, ce que beaucoup de rappeurs mettent de nombreuses années à tenter. Dans ce projet, rien ne se ressemble vraiment mais tout est à sa place, un peu comme la pochette de l’EP, presque surchargée et pourtant si mémorable.

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