En écoute : l'album beaucoup trop sensuel de The Last Shadow Puppets

Métamorphosés en crooners sexy, Alex Turner et Miles Kane signent avec Everything You've Come to Expect un disque plus langoureux et moins expérimental que leur premier album, The Age of the Understatement. 

Miles Kane et Alex Turner, la bromance par excellence de la musique anglaise.

Miles Kane et Alex Turner, la bromance par excellence de la musique anglaise. (© The Last Shadow Puppets/ Facebook)

Après des mois et des mois d'attente, on peut enfin fêter dignement, ce vendredi 1er avril, la sortie de l'album très attendu de The Last Shadow Puppets, Everything You've Come to Expect. Miles Kane et Alex Turner avaient dévoilé un aperçu avec les singles "Bad Habits", "Aviation" ou encore "Everything You've Come to Expect", titre éponyme du disque.

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L'album est enfin disponible, huit ans après leur premier disque, The Age of the Understatement, considéré comme un incontournable de la dernière décennie, distingué d'une note plus qu'honorable de 7,7/10 par Pitchfork. Et en huit ans, ils ont bien changé les deux artistes britanniques : alors qu'en 2008, ils arboraient une dégaine faussement soignée d'enfants sages qui font des bêtises dans le dos des parents, les voici devenus de grands garçons débordant de testostérone.

Loin de l'esprit froid et nerveux de leur premier album, The Last Shadow Puppets se sont mués, avec Everything You've Come to Expect, en un duo de chanteurs de charme, à la limite de la caricature. Le second degré y est sûrement pour quelque chose. En effet, en fondant The Last Shadow Puppets, Alex Turner et Miles Kane tentaient surtout l'expérimentation : Les Inrocks parlent, très justement, de groupe récréatif. Kane et Turner sont simplement deux copains, sans complexes, qui prennent le temps de s'accorder une pause dans des carrières prenantes et florissantes.

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Dans Everything You've Come to Expect, tout est plus lent. Les deux Anglais prennent leur temps, parce que c'est connu, il faut faire durer le plaisir. Un plaisir qu'on trouve dans une musique orchestrale moderne et intelligente et dans la chaleur des sonorités et des harmonies. De morceau en morceau, Kane et Turner nous racontent des histoires d'amour charnel et entonnent des sérénades sombres à des filles imaginaires.

Le groupe fait monter la température et en ce premier jour d'avril un peu frisquet, il serait malvenu de s'en plaindre. En bref, Everything You've Come to Expect ne marquera pas son époque comme The Age of the Understatement a pu le fairemais reste un bon prétexte pour aller voir le groupe jouer en live, notamment en France, à Rock en Seine, le vendredi 26 août prochain.

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Par Juliette Geenens, publié le 01/04/2016

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