Elvis Presley : 8 reprises indispensables pour les 80 ans du King

Le 8 janvier 2015 marque l'anniversaire des 80 ans d'Elvis Aaron Presley. Retour sur la dynastie qu'a léguée le King en 8 reprises nécessaires. 

Le King est immortel (Crédits image : steve)

Le King est immortel (Crédits image : steve)

Il ne faut pas mépriser Elvis. Et pour tout un tas de raisons, il ne faut pas le vénérer non plus. Aujourd'hui, s'il était encore vivant, il serait sans doute un fervent républicain interventionniste encore plus obèse qu'à l'heure de sa mort, amen. Mais tout le monde fait des erreurs et ce n'est pas une raison pour laisser passer son 80ème anniversaire comme ça.

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Qu'on le veuille ou non, Elvis Aaron Presley, né le 8 janvier 1935, est un symbole de la pop culture, l'un de ceux qui resteront à jamais immortels. De Forrest Gump à Coffee And Cigarettes, de pubs Nike à ses centaines de fans clubs, de notre Johnny national, le King symbolise une vision de l'Amérique sensuelle et gominée, venue d'un temps suranné où les garçons faisaient la cour aux filles en mâchant du chewing-gum avant de se battre pour les inviter au bal de promo.

Nulle surprise qu'il soit alors l'un des artistes les plus repris du XXème siècle. Jimi Hendrix, ZZ Top, Tom Petty, The Smiths, Motörhead... mais aussi Johnny Halliday, Sylvie Vartan, Anna Calvi, Billy Idol, Rachid Taha & Jeanne Added... Avec le temps s'est façonnée sa légende, contée par les enfants du Roi. On s'aperçoit alors que le rock n'a ni âge, ni couleur, ni sexe, ni nationalité : le kid de Tupelo, Mississippi, ses déhanchés pelviens et sa coupe de sale gosse des années 50 appartiennent à l'inconscient collectif du monde entier.

John Cale - Heartbreak Hotel

Dans son album Slow Dazzle de 1975, John Cale s'attèle à la reprise du célèbre "Heartbreak Hotel", lui donnant une intensité toute héritée du Velvet, sa voix nonchalante plus parlée/murmurée/grognée/hurlée que chantée. Mais l'interprétation du titre vaut aussi et surtout pour cette version live, diffusée par la chaîne espagnole TVE, dans laquelle Cale laisse libre cours à une performance abrasive et irrévérencieuse.

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C'est certain, Frank Sinatra n'aurait pas apprécié.

Rachid Taha et Jeanne Added - It's Now Or Never

53 ans après sa sortie officielle, l'Algérien Rachid Taha et la Rémoise Jeanne Added reprennent la tendre "It's Now Or Never" de la plus belle des manières. En 2013, ces deux artistes pas comme les autres délivrent une version "rock'n'raï" très réussie, où la complainte du crooner d'origine italienne se transforme en mots d'amour délicats, désormais en arabe dans le texte, avant que Jeanne Added ne complète le refrain de son timbre sensuel.

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Une belle leçon de mélange réussi entre cultures orientale et occidentale. Reprise câline.

ZZ Top - Viva Las Vegas

C'est sans doute l'une des covers les plus célèbres d'Elvis Presley, au point qu'elle a fini par éclipser l'originale. ZZ Top, alors en pleine période synthés et batterie électronique, reprend une des chansons du King les plus dansantes : "Viva Las Vegas". Le résultat est à la hauteur de ce qu'on peut attendre des trois barbus : une image d'Épinal de l'Amérique toutes options : Black Jack, bagnoles de rêve, petits culs moulés dans du jeans et guitares en néon.

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À noter que Jello Biafra fait un boulot d'enfer sur la même chanson dans la version des punks de Dead Kennedys dans leur premier album Fresh Fruit For Rotting Vegetables sorti en 1980.

Johnny Halliday - La Bagarre (Trouble)

Eddy Mitchell, Françoise Hardy, Sylvie Vartan, Henri Salvador... Les chansons d'Elvis Presley ont souvent croisé le chemin du rock en France, avec pour principaux hérauts la bande de Salut les Copains. Parmi la quantité de reprises (qui basculaient alors du verbe de Shakespeare à la langue de Molière) à ce moment-là, on note celle d'un certain Johnny Halliday en 1963 : "La Bagarre", adaptation crâne comme un coq du "Trouble" d'Elvis.

Et c'est encore meilleur en live, avec foule conquise et saxophone ténor. Cocorico !

The Doors - Love Me Tender

Nous aurions pu consacrer un article entier aux reprises de "Love Me Tender". D'abord parce qu'en ce jour de gueule de bois nationale, on est plus d'humeur à la douceur de la ballade qu'à une reprise de "Blue Suede Shoes" de Motörhead. Mais aussi parce que c'est assez logiquement l'une de ses chansons les plus populaires.

Notre choix s'est porté sur d'autres rockeurs déjà partis, mais plus jeunes que le King d'une bonne génération. Morrison le Lizard King, pas chien, rend alors à César ce qui est à César et enregistre avec les Doors en 1969 une version de "Love Me Tender" dans la plus pure tradition des love songs – la chanson faisant partie de chutes de studio révélées que bien plus tard. Douceur, douceur, douceur.

Nicolas Cage - Love Me Tender

Vous aimez "Love Me Tender" ? C'est normal, tout le monde aime cette chanson. Vous en reprendrez bien un peu. Sailor et Lula (ou Wild At Heart si vous préférez) est un film de David Lynch de 1990 qui tourne autour de l'amour destructeur, du Magicien d'Oz et... d'Elvis the Pelvis. Fou amoureux de Laura Dern, Nicolas Cage lui prouve ses sentiments dans une scène devenue culte où il lui chante la sérénade. Cette version cinéma au charme électrisant de "Love Me Tender" a peut-être bien contribué à faire de Sailor et Lula la Palme d'Or 1990.

Et nous rappelle que le neveu Coppola finit même par nous manquer un peu, lui aussi.

Chris Isaak - Can't Help Falling In Love With You

Comment oser une sélection de reprises d'Elvis Presley sans mentionner Chris Isaak ? Le fils spirituel au talent plus sincère qu'on ne l'aurait cru tout d'abord a repris pléthore de chansons de son mentor, certes. Mais son interprétation de la lancinante "Can't Help Falling In Love With You" est un remède musical tout indiqué, même pour les chagrins les plus inconsolables.

Beady Eye - Blue Moon

Du temps d'Oasis, Liam Gallagher n'a jamais caché son admiration pour John Lennon. Mais c'est avec Beady Eye qu'il reprend une chanson d'Elvis Presley, la splendide "Blue Moon". La chanson a servi de support promotionnel (et d'hymne non officiel) à Manchester City en 2010, quand le club est allé chercher Liam, fervent supporter des Citizens, pour lui interpréter une version de la chanson.

"Blue Moon" est alors choisi en tant qu'icône mancunienne populaire, afin de contrebalancer avec l'image clinquante du rachat émirati que le club venait de subir. Concernant Liam, pas d'inquiétude, il reste un fan de John Lennon avant tout.

Par Théo Chapuis, publié le 08/01/2015

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