Avec Ellipses, Nil Hartman se replace sur la carte de l'électro française

Le producteur lyonnais Nil Hartman, figure satellite du revival French Touch dans les années 2000, revient avec Ellipses, un mini-album hypnotique.

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© Via Facebook

À l'aube du troisième millénaire, l'Hexagone s'enthousiasmait pour une clique de gaillards débraillés et leurs slogans électroniques scandés dans les caves de la capitale. Justice, Para One et Cassius n'étaient pas encore menottés entre eux par l'étiquette "French Touch 2.0" et Pedro Winter n'était pas encore Ed Banger, le Tony Montana de la musique électronique française. Nil Hartman, qui en était, a donc connu le bon temps.

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Mais si ses collègues se sont taillés, en une décennie, des trônes de marbre dans les carrières de l'électro hexagonale, il a préféré tailler la route, au risque de s'y égarer. Hartman est un dissident revendiqué, rallié presque sans le vouloir à l'écurie Ed Banger à la faveur du tubesque "Comme un printemps", sorti en 2008 – pour ainsi dire au siècle dernier – sur lequel on retrouve – tiens, tiens – Busy P., aka Pedro Winter... Un dissident qui n'a rien produit, ou presque, pendant plus de huit ans, se contentant d'épisodiques remixes et de rares béquées d'inédits. Il se rappelle aujourd'hui à notre bon souvenir avec l'intense Ellipses, un premier mini-album porté par Soudcloud et Bandcamp, loin, bien loin, des labels de la capitale.

Le temps des six titres d'Ellipses, Nil Hartman nous emmène dans des contrées étrangères à celles de la French Touch, par-delà ses voisinages house et IDM, tantôt flirtant avec le méditatif ("Peau de fleur"), tantôt fonçant sur des routes nocturnes et désertes ("32") ou s'élevant dans des éthers de synthés ("Yoctomètre"). L'ensemble, sophistiqué, se meut avec la grâce d'un mobile de Calder et nous balade sans effort entre trance, electronica et BO de jeux vidéo d'un autre temps. Et voilà Nil Hartman qui se replace sur la carte de l'électro française, sans bousculer personne, avec l'élégance d'un gentleman dans une soirée cocktail. Bon retour à toi.

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Par Thibault Prévost, publié le 03/11/2016

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