(© DEA/Wikimedia/CC)

Ecstasy : une pétition pour lutter contre les overdoses en club

Depuis vendredi, certains acteurs du monde de la nuit et politiques se sont unis pour plus de prévention dans les soirées.

Le décès d’un jeune homme après ingestion d’un ecstasy mal dosé le 1er septembre, lors d’une soirée dans le club parisien Dehors Brut (nouveau spot des créateurs de la Concrete), a laissé des traces. Comme nous l’évoquions précédemment, ce regrettable accident a engendré la fermeture administrative du lieu par la Préfecture de police de Paris pour une durée d’un mois.

Une sanction qui prouve bien que les autorités publiques ont toutes les peines du monde à lutter contre le fond du problème, et prennent des mesures au détriment des acteurs de la nuit. C’est du moins ce qu’expliquent des organisateurs, personnalités et établissements dans une tribune collective publiée par Libération le vendredi 20 septembre.

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"Nous, artistes, organisateurs de soirées, professionnels de la musique et de la nuit, acteurs de la prévention, élus des villes concernées et membres du public, dénonçons le caractère contre-productif, injuste et dommageable à tout le secteur de ces fermetures. Avec trois résultats : aggraver le problème – la consommation de stupéfiants n’est jamais si dangereuse que lorsqu’elle se produit en dehors de tout encadrement –, mettre en danger une entreprise et ses salariés (50 dans le cas de cet établissement), renforcer la fragilité de l’ensemble du secteur", peut-on lire dans cette tribune.

Le texte a notamment été signé par l’ancien ministre de la Culture Jack Lang, l’adjoint à la mairie de Paris Frédéric Hocquard, mais aussi le boss d’Ed Banger Records, Pedro Winter, ainsi que la DJ AZF. De nombreux représentants d’institutions nocturnes parisiennes se sont également joints à l’initiative.

"Personne ne peut sérieusement supposer que les gens qui veulent prendre des drogues arrêteront de le faire"

"En huit années d’exploitation de Concrete (et 2 millions de spectateurs), c’est la première fois qu’un tel drame survient", arguent les signataires, expliquant que des "palpations systématiques, une charte des usagers, un stand permanent de réduction des risques et une équipe de la protection civile" sont à chaque fois mis en place, en plus du cadre légal.

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"Le soir du drame, le jeune homme a été rapidement repéré par l’équipe de sécurité et pris en charge par la protection civile qui a aussitôt prévenu les pompiers. De bout en bout, l’action de l’établissement a été exemplaire", poursuivent-ils en regrettant de devoir gérer seuls ce problème, alors que les pilules d’ecstasy sont de plus en plus chargées en MDMA.

Encore une fois, la France fait figure de cancre européen en matière de stupéfiants. "Dans d’autres pays, comme la Suisse ou l’Autriche, les établissements participent à une veille sanitaire en travaillant avec la police, par exemple, sur le type de substances retrouvées. Ce système de la fermeture administrative extrajudiciaire est une exception française. Plus aucun pays européen ne ferme un établissement sans jugement", ajoutent les auteurs avant d’affirmer que "personne ne peut sérieusement supposer que les gens qui veulent prendre des drogues arrêteront de le faire".

Une pétition a été lancée par ces mêmes acteurs pour lutter contre ce fléau.

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Par Guillaume Narduzzi, publié le 23/09/2019

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