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En écoute : partez pour un road trip 70’s avec Dan Auerbach et son album Waiting for a Song

Publié le

par Thibault Prévost

Le guitariste des Black Keys s’éclate en solo avec un nouvel album, Waiting on a Song, annoncé pour le 2 juin. Dix titres sont déjà disponibles à l’écoute.

Lorsqu’il n’est pas en train de faire vrombir des stades à grands moulinets d’accords de blues majeurs avec son siamois Patrick Carney, Dan Auerbach doit probablement mener une double vie faite de cabanons au bord de l’océan, de soirées aux lampions et de surf trips en combi Volkswagen, paire de Wayfarer vissée sur le pif et glacière de binouzes arrimée au siège passager. À côté des éructations de rock garage cathartiques siglées du logo Black Keys, le frontman américain sème discrètement albums solos et projets satellites (écoutez son premier album Keep It Hid, sorti en 2009, ou le groupe soul rock The Arcs, dont le dernier disque date de 2015) comme autant de bornes kilométriques d’un chemin de traverse indé et confidentiel, loin des autoroutes du succès planétaire. Avec la sortie de Waiting for a Song, huit ans après Keep It Hid, Dan Auerbach nous embarque pour une nouvelle balade bucolique dans le silence enivrant des routes secondaires de la côte Ouest américaine.

La galette ne sortira que le 2 juin prochain, mais ses dix titres sont déjà en écoute intégrale via la radio publique américaine NPR. Si tant est qu’on puisse parler d’album, tant Waiting for a Song évoque la programmation crépusculaire d’une radio californienne des années 1970, cocktail de surf music, de ballades bucoliques et de gemmes rhythm’n' blues évadées des archives de la Motown. Si Dan Auerbach est seul à figurer sur la pochette, il s’entoure d’une formation riche et polymorphe, qui donne à chaque titre une densité différente. Waiting for a Song est un safari sonore, une collection de spécimens musicaux exotiques qui s’écoute d’une traite sans que l’on s’en rende compte, avec l’impression de passer des Beatles ("Shine on Me") à Creedence Clearwater ou Crosby, Stills, Nash & Young en faisant un petit crochet par les Black Keys – on ne se refait pas –, le tout drapé dans les teintes sépia des seventies. Dan Auerbach au volant, on s’affale tranquillement dans le siège en cuir défoncé et on laisse faire, prêt à bouffer des kilomètres d’asphalte cuivré, les yeux braqués sur l’azimut ouest. Parfois, un album devient un vaisseau spatiotemporel. 

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