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Du meeting raté à ses tweets supprimés : retour sur la semaine tourmentée de Kanye West

Publié le

par Pénélope Meyzenc

©Youtube

Depuis dimanche dernier, le rappeur a enchaîné les polémiques.

D’un meeting chaotique à des tweets inquiétants, sans oublier la question d’un divorce : le nom de Kanye West a fait couler beaucoup d’encre cette semaine, dans les médias du monde entier. Depuis quelques semaines d’ailleurs, le célèbre rappeur a en effet énormément fait parler de lui, et pas seulement pour sa musique.

Initialement, l’annonce le 5 juillet dernier de sa candidature à la présidentielle américaine avait été contredite quelques jours plus tard par un membre de son équipe de campagne, qui annonçait son désistement au New York Magazine. En réalité, si le rappeur a dépassé la date limite pour apparaître sur la liste officielle des candidats aux élections présidentielles américaines dans plusieurs États, il est tout de même parvenu à s’inscrire sur celle de l’Oklahoma.

Un discours décousu 

C’est ainsi que ce dimanche, celui qui se positionnait comme le "candidat de Dieu" a donné son premier meeting officiel à Charleston, en Caroline du Sud. Aucun podium ni même de micro, c’est un candidat confus qui s’est présenté à l’Amérique, vêtu d’un gilet pare-balles portant l’inscription "sécurité" sur le torse et le nombre 2020 rasé dans les cheveux. Ce n’est pas seulement le manque d’organisation de l’évènement qui a surpris, mais son discours décousu, comme le rapportent les médias américains. 

Son meeting abordait sans véritable sens de nombreuses questions politiques. Au cours de son intervention, le rappeur a accueilli sur scène plusieurs participants du public, pour qu’ils posent leurs questions. C’est uniquement à partir de ces interventions que Kanye a partagé ses propres positions politiques, passant sans transition de la question de la légalisation de la marijuana à la critique de Harriet Tubman. Le rappeur a déclaré que cette figure emblématique de l’abolitionnisme aux États-Unis "n’a jamais vraiment libéré les esclaves, elle les a juste fait travailler pour d’autres Blancs."

C’est finalement sa position sur la question de l’avortement qui a fait le plus de bruit, alors que Kanye a fondu en larmes en l’abordant. Le rappeur s’est en effet effondré après avoir révélé qu’il voulait initialement que sa femme, Kim Kardashian, avorte avant la naissance de leur premier enfant, North, en 2013. 

Ce meeting n’était que l’ouverture d’une série d’événements polémiques. Au cours de la semaine, en réponse aux nombreuses réactions qui ont secoué Internet à la suite de son intervention, Kanye s’est à son tour livré sur Twitter. Une série de tweets incohérents a vu le jour quelques instants seulement sur la plateforme, avant d’être supprimés. Il sous-entendait notamment que Kim Kardashian souhaitait l’interner et qu’elle l’aurait trompé avec le rappeur Meek Mill. 

L’un de ces postes a même été repartagé par 50 Cent lui-même, directement sur son compte Instagram. 

Un trouble bipolaire certain 

Son épouse, Kim Kardashian a réagi, inquiète et désemparée face aux déclarations de son époux, lui reprochant notamment de dévoiler des informations personnelles n’ayant pas leur place en meeting politique. Elle a tout de même souhaité s’expliquer à son tour sur ces récentes réactions, rappelant la fragilité de son état psychologique et l’impact que les maladies mentales peuvent avoir sur les individus et leurs proches. 

"Comme bon nombre d’entre vous le savent, Kanye est atteint d’un trouble bipolaire. Tous ceux qui en sont atteints, ou dont l’un des proches est bipolaire, savent à quel point c’est incroyablement compliqué et douloureux à comprendre. Je n’ai jamais parlé publiquement de la façon dont cela nous a affectés à la maison car je suis très protectrice envers nos enfants et envers le droit à la vie privée de Kanye en ce qui concerne sa santé. Mais aujourd’hui, je ressens le besoin de la commenter à cause des stigmates et des incompréhensions à propos de la santé mentale."

Le rappeur avait été diagnostiqué bipolaire en 2017. D’ailleurs, sur la pochette de son album Ye paru en 2018, on pouvait lire la phrase "I hate Being Bi-Polar it’s awesome". Il avait déjà vécu une crise de bipolarité en 2016, au cours de sa tournée pour son album Life of Pablo. Un épisode qui s’était soldé par une hospitalisation en établissement psychiatrique. 

Délire paranoïaque ou recherche du buzz ?

Désormais, sur Twitter, les réactions divergent. Certains parlent d’un simple coup de buzz pour la promotion de son album Donda (ou DND : WTH CHLD) initialement prévu pour ce vendredi 24 juillet. L’opus n’a d’ailleurs pas encore vu le jour à l’heure où nous écrivons ces lignes.

D’autres estiment au contraire que cet acharnement médiatique risque d’empirer son état mental, et qu’il aurait besoin d’un peu de répit pour obtenir l’aide dont il a besoin face à un délire paranoïaque. Difficile pour un candidat aux élections présidentielles lorsque l’on connaît l’engouement autour des campagnes américaines. 

Finalement, une partie des internautes considère à l’inverse que ces propos extrêmes ne peuvent être uniquement expliqués et excusés par sa bipolarité mais ne sont qu’à l’image de la personnalité et des positions politiques de l’artiste. 

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