AccueilMusique

"DJ, Mode d’Emploi", la nouvelle Star Ac' de l’EDM ?

Publié le

par Aline Cantos

Avec sa nouvelle émission "DJ, Mode d’Emploi", la chaîne MCM fait de Bob Sinclar le coach en DJing de dix participants plus ou moins anonymes.

Bob Sinclar, vedette et coach dans la nouvelle émission de MCM

Le 9 janvier débute sur MCM le grand cirque de la culture électronique, avec une nouvelle émission intitulée "DJ, Mode d’Emploi". Le concept : une vedette du DJing, en la personne de Bob Sinclar, qui coachera dix participants plus ou moins anonymes.

On y retrouve Dorian Rossini, aspirant DJ tout droit issu du phénomène de buzz télévisuel, ainsi que neuf autres prétendants à la scène électronique. "Je pense que c'est extrêmement mauvais" résume l'un des intervenants au sujet des talents de Dorian Rossini. En 30 jours, Bob Sinclar a pour mission d'en faire un artiste. Le pari semble loin d'être gagné.

Le programme s'approprie la culture électronique, la popularise et semble vouloir la rendre accessible à tous. Pourtant, la scène électronique a longtemps été considérée comme faisant partie d'une culture underground, bien souvent délaissée par le grand public.

À l'instar des émissions sur le tatouage, comme "L.A. Ink" qui met en scène des tatoueurs en pleine performance, "DJ, Mode d'Emploi" fait partie de la vague de programmes se voulant alternatifs. Pourtant, à voir l'engouement que ces derniers suscitent, il semblerait que le mot "alternatif" mérite d'être redéfini.

Curiosité ou véritable intérêt, les raisons du succès de ces émissions sont diverses. Pourtant il reste difficile de parler d'une véritable popularisation des sous-cultures. La télévision n'a de cesse de repenser et adapter les critères de ces dernières au grand public.

Dans "DJ, Mode d'Emploi", l'exemple du succès est incarné par Bob Sinclar. Artiste aux multiples tubes, il bénéficie d'une assise incontestable. Cependant, en matière de références en la matière, beaucoup de DJs semblent le surpasser. Des Aphex Twin, Ben Klock ou Para One incarnent les fondations même de la culture électronique actuelle. Pourtant, beaucoup moins peopolisés que Bob Sinclar, ils ne peuvent prétendre à l'antenne.

La primauté de l'image sur le talent

L'heure est à la recherche d'audience, de buzz. Pour cela, impossible de recruter un obscur DJ connu uniquement des amateurs de musique électronique pour coacher les amateurs. Ceci étant, nul doute que ces derniers n'y aspirent pas des masses non plus.

Dans une culture où seul le talent primait, la tendance aux télé-crochets et à la téléréalité viennent ajouter une nécessité d'image, au détriment des performances. On a déjà vu fleurir les émissions consacrées à la musique. Entre la Star Academy, Pop Star, The Voice ou la Nouvelle Star, beaucoup d'artistes ont été révélés par l'industrie médiatique. Cependant, rares sont ceux qui se sont inscrits dans la durée, passée l'effervescence de la découverte ou de la polémique.

La télévision semble pouvoir mettre à jour des artistes, cependant le manque de fond de certains se ressent parfois, les plongeant dans l'oubli aussi vite qu'ils ont été dans la lumière. L'immersion de cette tendance dans la culture électronique semble inappropriée et vient ruiner le principe même de méritocratie qui a longtemps été cher à la musique.

Cette initiative française n'est pas isolée et vient s'inscrire dans la lignée de celle de Simon Cowell, qui a décidé de trouver l'Ultimate DJ au Royaume-Uni et celle de Master of the Mix aux Etats-Unis. Reste à savoir si elle rencontrera le succès escompté et fera de ses candidats les nouveaux rois de la nuit...

À voir aussi sur konbini :