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Le père de la techno Derrick May à nouveau accusé d'une quinzaine d'agressions sexuelles

Publié le

par Guillaume Narduzzi

©DR

Après une première vague d'accusations en septembre dernier, les témoignages se multiplient sur les agissements du célèbre DJ.

En septembre dernier, Derrick May, DJ légendaire de Détroit et pionnier du mouvement techno, était visé par plusieurs accusations d’agressions sexuelles et de viols, comme le rapportait Trax. Cette affaire survenait alors un mois à peine après l’affaire Erick Morillo, auteur du célèbre tube "I Like to Move It", qui était en procès pour agression sexuelle et avait fini par trouver la mort quelques jours avant son audience – d’une overdose de kétamine, comme l’explique le Daily Mail.

L’ancien collaborateur de Derrick May, Michael James, avait ainsi regroupé une trentaine de témoignages concordants, décrivant le DJ comme une personne qui "violait et agressait sexuellement des femmes depuis les années 1980". Michael James expliquait alors : "Voilà ce que je peux vous dire avec certitude : dans chaque endroit où Derrick May a été booké, quelqu’un a une histoire concernant son inconduite sexuelle. Comme il est supposé pour Erick Morillo, Derrick May aurait développé un schéma qui consisterait en l’usage de drogues à l’encontre de femmes pour les violer."

Après cette première salve d’accusations, le DJ du Michigan avait décidé de poster un communiqué sur ses réseaux sociaux pour démentir les accusations, expliquant que "Michael James voulait le diffamer suite à leur désaccord concernant le titre 'Strings of Life'" – morceau pour lequel son ancien collaborateur n’avait pas été crédité malgré sa collaboration.

Cependant, les accusations continuent de pleuvoir sur Derrick May, comme le rapporte à nouveau Trax. Des enquêtes journalistiques des magazines DJ Mag et Resident Advisor, publiées la semaine dernière, ont permis de recueillir une quinzaine de nouveaux témoignages sur les agissements du producteur de techno.

Toutes les femmes concernées affirment avoir décidé de prendre la parole après avoir compris qu’elles n’étaient pas les seules victimes de Derrick May, suite à l’affaire parue en septembre dernier. Une de ses collaboratrices raconte notamment : "Je montais les escaliers devant lui […] lorsque j’ai senti tout le poids de sa main presser contre mon crâne. Il m’a fait pivoter, m’a forcée à m’asseoir sur les escaliers en un seul mouvement, puis il a sorti et a tenu son pénis." Pour sa défense, l’artiste de 57 ans a de nouveau publié un communiqué niant les accusations. Il a notamment fait savoir : 

"En tant qu’homme noir travaillant dans une industrie dominée par les blancs et ouvertement biaisée, dois-je m’attendre à avoir appris la douloureuse leçon qu’il n’y a pas de vérité, d’équité ou de procédure adaptée ? Quand se terminera la longue histoire de la militarisation de la sexualité des hommes afro-américains ? Dois-je collaborer sous la contrainte à ma propre victimisation aux mains d’une presse ouvertement hostile qui amplifie les prétendues craintes des femmes privilégiées et anonymes dans un lynchage médiatisé organisé sur Internet ? Je n’ai aucun intérêt à légitimer ces diffamations. Les femmes sont le vecteur de la vie et, en tant que tel, doivent être protégées et non exploitées. Je vis en accord avec ces paroles."

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