©Romain Vennekens

De Namur à Paris, Glauque secoue les codes de l'électro et du hip-hop

Dans Warm Up, on réalise un focus sur des artistes dont vous allez (sûrement) entendre parler dans les mois à venir.

La Belgique n’en finit plus de surprendre. Après la déferlante de rap belge de ces dernières années, le Plat pays semble profiter de cette exposition artistique (et médiatique) bienvenue pour offrir de nouveaux talents organiques, qui étendent un peu plus le spectre musical actuel outre-Quiévrain. C’est exactement le cas de Glauque, groupe de cinq Namurois qui fait parler de lui depuis la fin de l’année dernière et la parution de leur superbe premier morceau "Robot". Un second suivra en juin, "Plane", et le collectif s’offre déjà de très belles dates dans des festivals tels que Dour ou le Fnac Live Festival à Paris.

Le terrain de jeu idéal pour déverser leur électro ponctuée de rock, avec quelques sonorités et un phrasé qui flirte parfois avec le hip-hop – quasi-inclassable. Car c’est bien là qu’est le premier défouloir de Glauque, où la plume singulière, poétique, parfois névrosée, mais résolument contemporaine, excelle. Emplie de nuance et de subtilité, la musique des cinq garçons est un des reflets de leur époque. Ils se laissent guider par leur instinct, absolument pas pressés, dans une industrie tellement codifiée. Ce même instinct qui régie leur œuvre, encore trop peu conséquente à ce jour pour ne pas être frustrante. À l’occasion du Brussels Summer Festival en août dernier, nous leur avons posé quelques questions.

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#jemesouviens @fme_at août 2019 Photos : @baptistelomanto

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Konbini | Qui êtes-vous ?

Un groupe de cinq Belges. Il paraît que ça vend bien chez vous.

D’où venez-vous ?

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Des quatre coins de la Wallonie, mais notre base est à Namur.

Où et quand êtes-vous nés ? 

Aux quatre coins de la Wallonie, entre 1990 et 1998.

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Pourquoi ce nom Glauque ?

Pour la couleur, et par extension le double sens.

Quand et comment est-ce que vous avez commencé la musique ?

On a tous touché à un instrument étant enfant avec un apprentissage assez classique. L’écriture et la composition sont venus à l’adolescence quand on était tous persuadés d’être seuls, misérables et incompris. 

Qu’est-ce que vous faisiez avant ?

La même chose qu’aujourd’hui. En moins rempli.

Quelles sont vos influences musicales ?

On est cinq donc, et chacun a des goûts plutôt éclectiques. Du coup, on ne va pas te faire un article Wikipédia des genres musicaux, mais en gros ça irait du rock au rap en passant par l’électronique et la musique classique.

Comment avez-vous été découvert ?

On a participé à un concours tremplin en Belgique qui nous a offert une belle visibilité. L’accueil de "Robot" dans la foulée y a contribué aussi.



Comment décririez-vous votre univers artistique ?

Question très difficile à répondre. On laisse les gens se démerder avec nos morceaux.

Comment vous composez ?

On serait content de le partager s’il y en avait un. Mais, très honnêtement, si on prend les chansons qu’on joue actuellement, il n’y en a pas deux qui ont été créées de la même manière. 

Beaucoup d’artistes belges se font remarquer en France ces dernières années.

Si on regarde dix ans en arrière, il y avait déjà le même constat avec pas mal de groupes de rock belge. C’est apparemment un atout d’être belge pour la France, mais personnellement on ne se sent pas plus belge, français ou coréen en faisant de la musique. On pourrait tout aussi bien trouver des ressemblances avec des groupes qui ne sont même pas francophones. 



Dour, Fnac Live, BSF… Vous enchaînez les gros festivals alors que vous avez peu de morceaux publiés pour l’instant.

On a pas mal enchaîné les dates cet été mais, comme tu le dis, pour le moment on a juste deux morceaux disponibles. Du coup, on reste pour le public un groupe "découverte". Les réactions peuvent donc être très différentes vu que personne dans la salle n’a encore vraiment quelque chose à quoi se raccrocher. On a eu des super bonnes surprises, notamment au Fnac Live à Paris où les gens étaient complètement dingues ! On a joué à des heures très différentes aussi ; une ouverture de scène le dernier jour d’un festival, évidemment on n’est pas dans la même ambiance. Après, un public plus calme peut être très à l’écoute. On essaye de préparer chaque date de la même manière, de pouvoir offrir la même chose peu importe l’heure et le nombre de personnes présentes. Puis il y a des choses qui évoluent plus naturellement avec l’expérience qui s’accumule.

Comment avez-vous réfléchi le clip de "Plane", paru il y a deux mois ?

On avait une idée très précise à la base, quelque chose de beaucoup plus littéral parce qu’on avait créé cette chanson avec des images fortes en tête. On en a discuté avec Romain Vennekens, le réalisateur, et pour diverses raisons, notamment logistiques et financières, on s’est éloigné de cette idée de base pour juste en garder l’essence. On a échangé avec lui puis Louis a écrit le scénario. On voulait offrir différentes lectures et aussi nous laisser l’occasion d’avoir un fil conducteur qui se retrouve dans différents titres. Cette cohérence et la création d’un tout, c’est un aspect qui nous tient vraiment à cœur. La suite, ce sont des échanges de mails et des appels, un tournage, des nouveaux échanges de mails jusqu’à arriver à cette version !

Vous êtes signés sur quel label ?

Aucun pour le moment.

Selon vous, quels sont vos axes de progression ?

On se considère toujours en recherche actuellement, depuis la création du groupe, beaucoup de choses ont évolué. Par exemple, on a parfois écrit des chansons pour un concert pour ne plus jamais les rejouer ensuite. On a eu la chance d’avoir assez rapidement des dates qui se rajoutaient et du coup c’était un peu sans recul, il fallait écrire et composer pour tel ou tel moment. Mais ça a été formateur. Maintenant, on aimerait éclaircir notre propos et justement aller plus loin dans cet esprit de cohérence. On commence à trouver des axes d’évolution communs qui sont plus personnels, qui nous font sortir de notre zone de confort et qui, on l’espère, pourront nous permettre de faire aboutir les idées qu’on a pour le groupe.

Quelles seraient les meilleures conditions pour écouter votre musique ?

Pour le moment, je pense que ça serait en concert. Mais au final, Louis et moi, on n’est pas très fans de la foule. Donc même si on a vu des concerts mémorables, on a tout autant des moments mémorables juste chez nous à écouter de la musique. Donc on comprendrait parfaitement ceux qui préfèrent aussi rester chez eux !

Vos futurs projets ? Un album/EP prochainement ?

On a pas mal d’idées et de projets mais pour le moment on garde ça pour nous. C’est pas le plan com' du siècle, mais on préfère juste avancer comme on l’entend.

Les prochaines dates ?

Ah, l’instant promo ! On sera à Paris pour le MaMA festival le 17 octobre prochain !

Le mot de la fin ?

Kikoulol.

Par Guillaume Narduzzi, publié le 25/09/2019

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