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Damso frappe fort avec QALF Infinity, un album aussi nwar qu’éblouissant

Publié le

par Hong-Kyung Kang

pochette QALF infinity

Dems pose la pierre d’infinité la plus puissante de son œuvre pour nous éblouir sombrement et trouver la vie éternelle.

Lorsque Damso a annoncé la sortie de son nouvel album, il y a quelques semaines, l’enthousiasme du public s’est ajouté à l’impatience de découvrir de nouveaux aspects du grand tableau que le rappeur avait commencé à esquisser avec Ipséité. En effet, le travail de Dems est comparable à celui d’un architecte qui bâtit son œuvre pierre par pierre.

QALF Infinity, sorti ce mercredi 28 avril, se présente donc comme une brique qui vient compléter l’édifice dressé par le rappeur bruxellois. La trame logique de sa discographie, mise en relief par une tracklist qui suit l’alphabet grec, semble se compléter, ce dernier album apportant les lettres qui manquaient entre Ipséité et QALF. Le puzzle s’assemble tandis que Damso se dévoile davantage, toujours avec une pudeur honnête.

Damso, un maître du récit

Damso est un artiste attaché aux symboles et à leur signification. C’est ainsi qu’il décide de dévoiler son album un 28 avril, c’est-à-dire à la date anniversaire d’Ipséité, sorti il y a quatre ans jour pour jour. La boucle se referme, le cycle se complète.

Si Dems a toujours joué la carte de la franchise, cette qualité se couple chez lui d’une sensibilité à fleur de peau. Le rappeur se dévoile par fragments, et il incombe à l’auditeur d’assembler les différentes pièces pour comprendre l’histoire dans son entièreté. Pour cause, si QALF Infinity se présente comme une suite logique de QALF, il vient s’insérer entre QALF et Ipséité dans la continuité logique de la discographie de Damso.

Car s’il y a une chose que ce dernier a prouvée à ses auditeurs tout au long de sa carrière, c’est sa maîtrise de l’art du récit. Entre les saillies en effervescence d’Ipséité et la sensibilité cotonneuse de QALF, QALF Infinity se démarque par son éclectisme et sa densité : une transition qui se détache de la trame pour mieux s’y assimiler.

La tempête avant le calme

En tant que véritable maestro, Damso n’a jamais arrêté de se renouveler. L’univers du rappeur s’affine d’abord dans les instrus, signées par des producteurs qui lui sont familiers tels que Ikaz Boi, Prinzly ou Jules Fradet. Un soin particulier est apporté à l’acoustique, et les prods sont agrémentées de grosses performances instrumentales, comme l’incroyable solo de saxophone de "Morose".

QALF Infinity ne comporte pas de moments creux, et Dems arrive à garder l’attention de son auditeur en changeant d’instru dans un même morceau, comme dans "Passion". Dans ce titre, le rappeur s’exprime sur les différentes étapes de son parcours, sa relation avec Booba et son chemin jusqu’au succès : "2015, Nero Nemesis, j’rentre dans l’game en un seul couplet", "Quand j’étais à la rue, y avait personne à part mon sin-cou", "Lithopédion sort, mon ex-mentor me clash".

Dans l’ensemble, ce dernier album brille par sa richesse. Damso a construit son œuvre en marquant des moments d’accalmie pour que la tempête se fasse plus détonante. À l’instar du morceau "Thevie Radio", qui commence doucement pour se conclure sur une explosion de kickage, avant d’enchaîner sur le banger qu’est "Zwaar".

Dems se trouve à un tournant de sa carrière, et QALF Infinity se présente comme un cadeau qu’il offre à ses auditeurs avant de se poser un temps. Le rappeur l’affirme dans "Vivre un peu", il souhaite profiter de sa vie et de sa famille, prendre du recul : "Avant tout ça j’étais bien, mais je regrette pas c’que j’ai / Peut-être un petit peu, te quitter pour vivre un peu." Finalement "vivre" est peut-être le verbe qui caractérise le mieux l'œuvre de Damso : une musique qui porte en elle une véritable âme.

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