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Les concerts-tests en France n’ont jamais eu lieu… mais où en est-on !?

Publié le

par Joséphine de Rubercy

(© Pau Venteo/Europa Press via Getty Images)

Les deux concerts-tests prévus à Paris et à Marseille sont sans cesse repoussés. Un syndicat demande des explications à Macron.

"S’il est, hélas, déjà trop tard pour la majorité des festivals de cet été, l’urgence est désormais de sauver les spectacles et les tournées qui doivent se tenir dès la rentrée de septembre. Nous avons l’opportunité de ne pas reproduire les erreurs du passé : saisissons-la !" Ce lundi, le Syndicat national des producteurs, diffuseurs, festivals et salles de spectacle musical et de variété (Prodiss) a adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron, déplorant l’annulation de nombreux événements culturels et demandant la validation d’un concert-test pour aider le secteur des musiques actuelles, impacté par la crise sanitaire.

"Nous travaillons depuis plusieurs semaines avec l’AP-HP (l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris) à une expérimentation : le projet Ambition Live Again. Mais pour que ce concert-test puisse voir le jour, il faut que le protocole soit validé. Monsieur le président, nous avons besoin de votre aide", peut-on lire sur le compte Twitter du Prodiss, qui publie ce courrier.

Alors que des concerts-tests se sont déjà tenus à Barcelone et à Amsterdam, ce dossier est devenu un serpent de mer en France. Deux projets sont notamment lancés, à Marseille (au Dôme, sous l’égide de l’Inserm, Institut national de la santé et de la recherche médicale, et du Sma, Syndicat des musiques actuelles) et à Paris (à Bercy, sous l’égide de l’AP-HP et du Prodiss), et sont sans cesse repoussés depuis les premiers calendriers proposés (février et mars, respectivement). Aucune date officielle n’a encore été annoncée par le gouvernement.

IAM en tête d’affiche à Marseille, Indochine à Paris

À Bercy, le groupe Indochine veut participer à l’expérimentation. "On veut le faire, pour aider toute la profession, pour démontrer, comme à Barcelone, Amsterdam, qu’aller dans un concert [avec masques, ndlr], ce n’est pas risqué, a expliqué récemment le leader du groupe Nicola Sirkis à l’AFP. Nous sommes prêts, nous attendons le signal des autorités."

À Marseille, le collectif de rappeurs IAM s’est porté volontaire. "Avec des masques, des jauges adaptées, un concert n’est pas plus contaminant que le métro, le train, l’avion ; on est montés en TGV sur Paris, c’était un live de gens très stressés [rires]", avait dernièrement exposé à l’AFP Akhenaton, leader du groupe de rap emblématique.

Ces concerts-tests n’entrent pas en ligne de compte pour cet été – nombre de gros festivals, comme les Eurockéennes, ont déjà annulé –, mais pour préparer une éventuelle réouverture des salles de concerts debout cet automne.

"Les protocoles sanitaires sont bouclés et transmis aux autorités, pour validation, indiquait récemment à l’AFP Malika Seguineau, du Prodiss. C’est maintenant qu’il faut anticiper. Nous avons un temps lent de redémarrage. Si on nous dit oui seulement en septembre, c’est trop tard, il n’y aura rien en 2021."

Olivier Darbois, le président du Prodiss, conclut en indiquant à Emmanuel Macron : "Une démarche active, de votre part, en ce sens représenterait un atout sans précédent." C’est comme qui dirait le moment de se mettre en marche, monsieur le président.

Konbini avec AFP

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