Comment De La Soul, groupe pourtant culte, s’est fait voler par son label

La musique du groupe mythique va être enfin disponible en streaming, mais le deal avec son label Tommy Boy est indécent.

© De La Soul - Facebook

C’est une des plus grosses contradictions du streaming : malgré l’offre énorme et les milliers de morceaux proposés, des catalogues complets ou des albums mythiques restent encore totalement absents des plateformes.

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Jay-Z est, logiquement, disponible uniquement sur TIDAL, qui lui appartient, mais d’autres artistes importants, comme Biz Markie ou Above the Law sont encore dans les limbes d’Internet, sans parvenir jusqu’à vos playlists et bibliothèques en ligne. Même en France, les albums de MC Solaar ou "Princes de la Ville" de 113 sont toujours indisponibles, et font encore l’objet d’un bras de fer incessant avec les labels.

Parmi ces albums injustement privés d’écoute, la discographie du groupe de rap De La Soul était, jusqu’à présent, impossible à trouver sur les plateformes pour des histoires de contrat avec son ancien label, Tommy Boy. Donc si vous vouliez écouter les classiques 3 Feet High and Rising (1989), De La Soul is dead (1991) ou Bulhoone Mindstate (1993), il vous fallait avoir recours soit à une bonne vieille platine analogique ou digitale soit au piratage.

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Pourtant, il y a peu, De La Soul annonçait la disponibilité prochaine de tous leurs anciens chefs-d’œuvre sur les plateformes les plus connues, mais les négociations avec leur ancien label Tommy Boy se sont finalement très mal passées. Tommy Boy, label très renommé des débuts du rap, est assez connu pour imposer des contrats très stricts.

Au final, le label va rendre disponible les premiers disques du groupe en gardant 90 % des recettes globales, laissant juste les dix petits derniers à Posdnuos, Trugoy et Maseo les trois membres du groupe. Un véritable braquage qui ne rend pas du tout honneur à la carrière exemplaire de De La Soul qui fête ses 30 ans cette année.

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Là où le problème devient plus technique, et prend surtout plus d’ampleur, c’est autour de la question des clearances de samples. À l’époque de la sortie des premiers disques de De La Soul, le sample était au cœur de la musique rap et de nombreux échantillons n’ont jamais reçu d’autorisation officielle des ayants droit pour être utilisés.

Ainsi, Tommy Boy pense se couvrir en récoltant 90 % des recettes sans avoir les autorisations complètes des droits sur les disques de De La Soul, créant encore plus d’incompréhension du côté du groupe qui voudrait que son catalogue soit totalement utilisable sans problème.

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En expliquant la situation à leurs fans sur Instagram, le groupe a réussi à geler la diffusion de leurs albums sur plusieurs plateformes en attendant de régler le problème. De La Soul a surtout tenu à remercier Jay-Z pour son soutien à travers la plateforme TIDAL, toujours du côté des artistes. Les trois membres du groupe appellent aussi au boycott de Tommy Boy pour ce vol organisé. On vous conseille alors d’éviter autant que possible de streamer les albums de House of Pain et Naughty By Nature en attendant le règlement de la situation.

En attendant, vous pouvez (re)voir ce vidéo clip avec Q-Tip à la bonne humeur communicative, "A Roller Skating Jam Named Saturdays", disponible sur la chaine YouTube de De La Soul et non celle de Tommy Boy. Supportez vos artistes dans la bataille qui fait rage, ne nourrissez pas les vautours !

Par Aurélien Chapuis, publié le 28/02/2019

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