©Capture d’écran YouTube / Kemmler – J’suis pas chanteur

Clip : Kemmler n’est pas un chanteur, mais bien un rappeur français

À l'occasion de la sortie de son nouveau clip "J’suis pas chanteur", on a pris des nouvelles du rappeur français.

Après avoir partagé son single "Dernier Verre" avec Joachim Pastor, Kemmler vient de dévoiler un nouveau titre ce vendredi 8 mars, intitulé "J’suis pas chanteur". Il est d’ores et déjà habillé d’un clip intimiste que l’on doit à Vittorio Bettini. Sur ce morceau inédit, le rappeur marseillais perfectionne son flow teinté de spleen et de mélancolie – dans la lignée de son premier et très bel album Rose. Alors qu’un deuxième long projet est en route pour cette année 2019, on a pris quelques nouvelles de Kemmler, qui vient de signer sur le fameux label Def Jam.

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Konbini | Hello Kemmler ! On t’avait reçu dans la saison 2 de Frenchmen, que s’est-il passé de ton côté depuis ?

Kemmler | Salut les gars ! Écoutez, depuis le freestyle j’ai changé de veste mais je ne l’ai pas retournée (rires).

Tu as signé avec Def Jam. Qu’est-ce que ça représente pour toi ?

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Une étape de plus dans ma carrière. C’était un choix inattendu pour pas mal de monde peut-être, mais je saurai montrer que c’est le bon – comme mes précédents choix de carrière.

Dans ton freestyle tu disais : "Moi j’aime ce que je fais, mais je n’aime pas ce que je suis." C’est toujours le cas aujourd’hui ?

C’est le cas, j’aime mon métier, me lever le matin (à 14 heures) et aller au studio faire de la musique. Je me rends compte de ouf de tous les avantages de cette nouvelle vie pour moi, mais à côté de ça je suis toujours tiraillé par le fait de me demander sans cesse si je suis une bonne personne ou non. Et je pense que cela se ressent dans mes titres.

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Tu as sorti ton premier album Rose l’année dernière. Quelles conclusions en tires-tu ?

Un succès d’estime et des ouvertures professionnelles incroyables, vraiment. Je ne voulais pas me mettre d’objectif, c’était mon premier album en indépendant et absolument personne ne me connaissait, que ce soit le public ou le milieu professionnel. J’ai cru à un projet atypique qu’on a fait avec mon équipe et auquel des médias comme le vôtre ont cru aussi. Je ne pense pas m’être trompé.

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Tu as l’impression d’avoir franchi un palier ?

Pas un palier, mais c’est une étape de plus dans ma carrière. Je pense que ce n’est pas un peu d’encre sur un papier qui fait passer un palier. En revanche, j’espère que le travail qu’on effectue avec mes deux compositeurs, Duane et Tolec, sur le deuxième album me fera passer un palier.

Ton nouveau morceau "J’suis pas chanteur" évoque les difficultés de ta vie d’artiste. À quoi ressemble la "vraie" vie d’artiste ?

Le morceau raconte les difficultés de ma vie d’artiste, c’est peut-être ça la nuance. Je ne peux pas parler pour les autres – j’imagine que chacun vit la chose de manière différente. Pour ma part, je suis un éternel insatisfait et je ne me contente jamais de ce que j’ai. C’est sûrement ce qui va me tuer, mais c’est aussi ce qui fait que je veux toujours me dépasser et aller chercher ce qui semble impossible.

Dans ce titre, tu dis : "Je suis pas chanteur maman, je fais du rap français."

J’ai toujours été très pudique avec mes parents par rapport à la musique. Sauf qu’aujourd’hui, c’est mon métier. Je ne peux plus cacher ni mes morceaux, ni mes clips, ni rien. Au début, ma mère aimait bien dire : "Mon fils est chanteur." Et je lui répétais cette phrase : "Je suis pas chanteur maman, je fais du rap français." C’est une phrase qui s’est imposée à moi quand j’ai enregistré le morceau – je ne l’avais même pas écrite à la base. Elle devait y être.

Tu as un deuxième album qui arrive. À quoi peut-on s’attendre ?

À un album plus mature, plus sombre et qui marque dans le temps le moment présent. J’ai toujours voulu que mes albums me représentent au moment où je les écris. Je dis d’ailleurs dans un titre : "J’chante pas la rue, j’chante pas la cité, j’chante moi…" Je pense que ça répond bien à votre question.

Est-ce que ce morceau assez introspectif est représentatif du projet ?

Je parle beaucoup de moi dans cet album, comme dans le précédent d’ailleurs. Après, au niveau du style, je ne veux pas être catégorisé. Il va vraiment y avoir des styles différents. L’écriture, c’est une thérapie pour moi. De voir que les gens sont touchés par mes mots en se disant "P*tain moi aussi", ça me fait me sentir moins seul. Et moins con parfois (rires).

Pour finir, est-ce que tu vas devenir "f*cking mainstream" ?

J’espère ! J’avais dit quoi ? Un ou deux ans ? On est plus ou moins dans les temps, et je ne vous cache pas que j’aime bien le "Fergie Time" !

Par Guillaume Narduzzi, publié le 08/03/2019

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