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Selon l'animatrice de "Burn The Witch", Radiohead veut sensibiliser à la crise des réfugiés

Publié le

par Juliette Geenens

Le retour en musique de Radiohead serait aussi un engagement en faveur des réfugiés, si l'on en croit l'animatrice derrière le clip de "Burn The Witch", sorti ce mardi 3 mai.

Le clip en stop-motion, est bien moins innocent qu'il n'en a l'air. (© Jacknife/ Radiohead)

Le retour de Radiohead n'a rien d'un hasard et ça fait du bien. Dans une interview à Billboard publiée ce mercredi 4 mai, Virpi Kettu, une des collaboratrices du groupe anglais chargée en l'occurrence de l'animation du clip de "Burn The Witch", révèle son point de vue sur le sens de la vidéo.

Selon cette dernière, le groupe anglais souhaite faire écho à la situation des réfugiés en Europe avec "Burn The Witch". Elle explique que "blâmer les gens différents... blâmer les musulmans et toute cette négativité," peut nous mener à l'envie de "brûler la sorcière" ("burn the witch" en anglais).

L'intéressée mentionne aussi les tracts reçus par certains fans du groupe dans leur boîte aux lettres avec l'inscription "Burn the witch", mais aussi "we know where you live" (en français : "nous savons où tu habites"). Elle y voit un message au sujet de "l'insécurité actuelle et du rejet engendré par les politiques anti-immigration".

L'animatrice anglaise confie également les intentions de la bande menée par Thom Yorke, pour l'illustration du morceau :

"Ils voulaient une vidéo qui contraste avec ce qu'ils jouent, pour réveiller les gens, en quelque sorte."

Un clip doublement politique ?

Si le groupe n'est pas particulièrement connu pour son engagement politique, il est célèbre pour être particulièrement friand de ce genre de messages cachés. Depuis la publication en ligne de "Burn the Witch", les fans ainsi que les médias sont partis à la chasse aux indices, aux moindres références possibles qui pourraient se cacher dans ce premier extrait.

D'après Pitchfork, le symbole serait tout autre. Pour eux, le stop-motion et l'esthétique du clip rappelle la série créée par Gordon Murray dans les année 60, éminemment célèbre chez nos voisins anglais, Trumptonshire Trilogy.

Cette petite ville considérée par son créateur comme un "monde heureux", refléterait selon le site américain un endroit où sont prêchées des valeurs traditionnelles, celles de la famille et du travail, souvent défendues par les partis politiques conservateurs.

Radiohead a peut-être utilisé cette référence culturelle, très propre au Royaume-Uni, pour dénoncer le conservatisme, le chauvinisme et le nationalisme extrême qui prend de plus en plus d'ampleur médiatique dans le monde à travers des figures politiques comme Marine Le Pen et Donald Trump (toujours d'après l'analyse de Pitchfork).

Le retour de Radiohead mobilise toute l'attention des fans et du monde de la musique. Avec "Burn the Witch", le groupe a su a attirer la curiosité, perpétuant cette image de groupe énigmatique et, peut-être, bientôt politique ?

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