Retour sur 5 des plus célèbres morceaux de Christophe

L'artiste s'est éteint hier à l'âge de 74 ans. Retour sur 5 titres qui ont marqué sa carrière.

Artiste emblématique de la chanson française, Christophe a marqué les esprits grâce à de nombreux tubes inoubliables. Mais quels titres retenir de l’immense répertoire du chanteur ? Cartographie en cinq morceaux, entre succès publics et tranches de vie.

"Aline", "une Polonaise pas dégueu…"

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C’est le tube que tout chanteur rêve d’avoir, même s’il est parfois difficile à porter ensuite. "Aline", ballade composée en 1965, connaît un succès instantané, s’écoulant à plus d’un million d’exemplaires. Comment s’attaquer à un tel mythe de la chanson française ? "Je ne vais pas donner de noms de mecs du showbiz qui m’avaient promis, mais qui n’ont pas été au bout…" C’est finalement Philippe Katerine qui relève le défi. "Il a dit oui tout de suite, c’est une belle rencontre."

Aline a-t-elle vraiment existé ? En 2016, Christophe livre sa vérité au magazine de charme Lui : "Aline Natanovitch était une Polonaise pas dégueu… Et sa copine non plus ! Elle s’occupait à l’époque du vestiaire de l’Orphéon club et la journée elle était assistante dentaire boulevard du Montparnasse."

"Les Marionnettes", pas un pantin

Un autre hit de 1965, figurant également sur l’album Aline. Elle marque aussi un bras de fer, devenu célèbre depuis, pour son passage à l’émission télé Têtes de bois et tendres années le 27 octobre 1965. Albert Raisner, l’animateur, veut que Christophe entonne "Tu n’es plus comme avant", "ayant cosigné le titre sans avoir rien écrit", tacle le dandy dans Libération en 2010. "Pas question : je chante 'Mario' [petit nom qu’il donne au titre 'Les Marionnettes', ndlr] ou je me casse." 

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"Tout le monde baisse les bras. J’étais programmé, impossible de m’isoler, ils savaient que j’étais prêt à me tirer tranquille… On a fait un succès TV ce soir-là. Je suis fier, je n’écoute que moi, je ne vois que moi dans cette chanson." En costume sombre au premier plan, le jeune homme, 20 ans, chante alors qu’une dizaine de danseuses se déhanchent au second plan, les poignets attachés par des fils tombant du plafond.

"Succès fou", chanteur pour séduire ?

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Les paroles de ce morceau de 1983 restent elles aussi facilement dans les mémoires :

"Avec les filles j’ai un succès fou
Le charme ça fait vraiment tout
Un p’tit clin d’œil pour un rendez-vous."

Autobiographique ? Le journaliste multicarte Christian Eudeline, dans sa biographie Christophe, portrait du dernier dandy (Fayard, 2014), lui pose la question : "N’es-tu pas devenu chanteur pour séduire ?" Réponse du "Beau bizarre" (titre d’un album de 1978) : "Non, mais j’en ai joué. Les chanteurs ont un avantage à mon avis monumental, c’est une embellie de la vie."

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"Les Mots bleus", avec Jarre

Cette collaboration avec Jean-Michel Jarre a elle aussi marqué les esprits français. Jeune parolier à l’époque, l’artiste écrit les textes de deux albums majeurs – et leurs morceaux-titres phares – "Les Paradis perdus", en 1973 et "Les Mots bleus", en 1974, tandis que Christophe s’occupe de la musique.

"Nous sommes complémentaires. Moi, j’ai un côté à fleur de peau, ma culture va arriver, elle n’est pas encore là. Jean-Michel a un côté plus intello. Lui, il a écrit 'Les Mots bleus' ; moi, 'Les Marionnettes'. Vous voyez la différence ?", s’amusait Christophe dans un entretien croisé avec JMJ dans Le Parisien en 2016. "Nous partagions une passion pour les albums concept et la magie. Dès notre première chanson, 'Les Paradis perdus', tout était dit", commentait Jarre à l’époque.

"Le Dernier des Bevilacqua", le jeu

C’est son nom. Christophe est né Daniel Bevilacqua. Dans cette chanson de 1974 – dont les paroles sont également de Jarre –, on entend : "Tout se jouait sur une paire de rois/Pour le dernier des Bevilacqua." Référence directe au poker, l’une de ses passions, c’est aussi une métaphore de vie. "Il faut être un peu flambeur pour faire ce qu’on fait, c’est pas du sûr tout le temps", disait-il à l’AFP en décembre 2019.

Konbini avec AFP

Par Pénélope Meyzenc, publié le 17/04/2020