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De Caen à Los Angeles, les premiers pas de Beach Youth au Sunset Sound studio

Publié le

par Naomi Clément

Dans le cadre du programme Rubber Tracks de Converse, le quatuor caennais Beach Youth a eu l'occasion d'enregistrer dans l'un des studios les plus réputés du monde : le Sunset Sound, à Los Angeles. Rencontre entre les murs d'un lieu mythique.

Étienne, Simon et Gautier, devant le Sunset Sound studio de Los Angeles, le 19 septembre dernier © Converse

Le studio Sunset Sound se trouve, comme son nom l'indique, au 6650 Sunset Boulevard, une large avenue jonchée de palmiers géants, comme on a l'habitude d'en voir à Los Angeles. L'enseigne placée à son entrée, sur laquelle on retrouve des lettres aux allures sixties, nous indique l'âge de ce lieu : "1952 - 2012 : 50 years".

Si les murs avaient des oreilles, ils nous conteraient probablement un paquet d'anecdotes. Et pour cause : entre les murs de ce studio se sont succédés quelques-uns des plus grands noms de l'industrie musicale du siècle passé. Michael Jackson, Bob Dylan, The Rolling Stones, Whitney Houston, The Beach Boys, Miles Davis, Louis Armstrong... des artistes qui ont façonné des albums tubesques, conférant au Sunset Sound le statut de studio mythique. "C'est aussi là que les Beatles ont enregistré pour la dernière fois", nous confie l'un des ingénieurs son.

En ce 18 septembre 2015, c'est un tout jeune groupe qui passe les portes du studio numéro 3, "où Prince a enregistré un bout de son « Purple Rain »", poursuit l'ingé-son, visiblement toujours ébahi par cet endroit qu'il connaît par cœur. Le jeune groupe en question s'est auto-baptisé Beach Youth, porte fièrement l'étendard de l'indie pop frenchy et se compose de quatre musiciens : les chanteurs et guitaristes Simon Dumottier et Étienne Froidure, le batteur Gautier Caignaert et le bassiste Louis-Antonin Lesieur. Moins de 21 ans au compteur.

Sur les traces des Beach Boys

La musique de Beach Youth sent bon le sable chaud, les soirées passées devant le coucher de soleil et les vagues arrondies. Pas étonnant donc, que ses membres aient choisi la cité des Anges et le Sunset Sound pour destination. Une évidence, à leurs yeux, comme l'explique Gauthier, qui assure le poste de batteur :

Los Angeles correspond totalement à nos influences. Quand on fait de la musique, on pense à la plage, on pense au surf, on pense aux palmiers... et puis aux Beach Boys, aussi [qui étaient originaires de la Californie, ndlr].

Si on les compare parfois aux Two Doors Cinema Club, nos compères puisent la plupart de leurs influences dans une musique bien plus lointaine : celle des Beach Boys donc, mais aussi celle des Smiths, "que je rêverais de reformer pour enregistrer un morceau", confie Simon, guitariste, chanteur et benjamin du groupe.

C'est donc les yeux plein d'admiration que les amis passent la porte du Sunset Sound. "Quand le mec nous a fait la visite, j'étais vraiment sur le cul, poursuit Simon. Il nous parlait de tous ces artistes qui ont enregistré là et qu'on écoute tout le temps... C'était fou."

Étienne, chanteur et guitariste du groupe, prend ses marques © Converse

"On s'est rencontré sur Petites Annonces"

Comme un passage de flambeau, c'est aujourd'hui à leur tour de marcher sur les traces de ces légendes. Malgré leur jeune âge, aucun d'entre eux ne se démontera durant les deux jours d'enregistrement qui leur ont été offerts par Converse Rubber Tracks, le programme musical de la firme à l'étoile, créé en 2011.

L'idée ? Mettre des studios d'enregistrement à la disposition d'artistes émergents, dont le studio Rubber Tracks à Brooklyn, pour les accompagner dans leurs premiers pas. Cette fois-ci, la marque a vu un peu plus gros puisqu'elle a permis à 84 groupes du monde entier d'enregistrer simultanément dans les studios les plus renommés de la planète. Jed Lewis, directeur marketing de la branche musicale de Converse présent ce jour-là, nous explique :

D'Abbey Road à Tuff Gong, du Sunset Sound au Hansa Tonstudio, chaque studio choisi dans le cadre de ce programme a joué un rôle dans l'histoire de la musique [...] La plateforme Converse Rubber Tracks est conçue pour offrir aux artistes émergents l'opportunité d'enregistrer gratuitement, et dans des conditions uniques. Nous voulons leur donner la chance de leur vie, celle de suivre les traces des plus grands noms de la musique.

© Converse

© Converse

Professionnels et vaillants, les petits gars de Beach Youth ont donc volé jusqu'à la belle Californie pour enregistrer deux morceaux en quarante-huit heures :  "Young", un titre encore jamais dévoilé, et une nouvelle version de "Waves", un de leurs tout premiers morceaux.

Si la cohésion règne dans le studio, Simon, Étienne, Gauthier et Louis-Antonin sont pourtant loin d'être des copains d'enfance. Ils se sont rencontrés par le site Petites Annonces ("un genre de Meetic", selon leur manager David), voyant dans leurs influences musicales respectives de nombreux points communs. "J'ai d'abord rencontré Étienne par Petites Annonces, puis Gauthier, qui a greffé son pote d'enfance Louis-Antonin à la basse, se souvient Simon avant d'ajouter :

On a vu qu'on avait des influences communes du coup on s'est dit qu'on avait bien envie de commencer un truc. À Caen, il y a vraiment une scène pop qui est très active. On voit les autres qui réussissent, ça donne envie de s'y mettre aussi.

Aux côtés de Motorama

Lorsqu'on leur demande où ils aimeraient jouer, plus tard, les garçons citent des festivals d'excellence : Dour, La Route du Rock, Glastonburry, T in the Park, ou encore le Lollapalooza. "On aurait bien aimé donner un concert ici aussi, avoue Simon non sans regret. D'ailleurs, on a des potes qui font un concert à Los Angeles ce soir dans un bar, je pense qu'on va y aller – même si on n'a pas 21 ans..."

Pause basket entre deux sessions d'enregistrement © Converse

En attendant de pouvoir légalement entrer dans un bar, les garçons s'apprêtent à enchaîner les dates françaises, dès le début du mois d'octobre : Rennes, Rouen, Metz, sans oublier leur ville chérie, Caen, où ils joueront la première partie d'un de leurs groupes préférés : Motorama. "C'est vraiment un truc de dingue pour nous parce que c'est une de nos plus grosses influences, explique Simon. Se retrouver à ouvrir pour eux, dans notre ville, c'est vraiment le rêve."

En espérant que le rêve ne fait que commencer.

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