©Psy 4 de la Rime – Block Party

Block Party, le premier album culte des Psy 4 de la rime, fête ses 18 ans

Retour sur un album majeur de l'histoire du rap marseillais et au-delà.

Nous sommes le 19 mars 2002 et, sans le savoir, le rap game français va connaître un véritable tremblement de terre. Un jour historique durant lequel va paraître le premier album d’un groupe depuis devenu légendaire, les Psy 4 de la rime. Pour leur premier disque, intitulé Block Party, les quatre compères que sont alors Alonzo, Soprano, Vincenzo et le regretté DJ Sya Styles vont connaître un succès rare dans le rap à cette époque et prendre la relève d’un autre groupe culte : IAM.

C’est d’ailleurs le leader de ce même groupe, Akhenaton, qui va donner sa chance aux Psy 4 de la rime en sortant Block Party sur son label 361 Records. AKH en est convaincu : ce sont eux l’avenir du rap de la cité phocéenne. À tel point qu’il va jusqu’à hypothéquer sa maison pour produire cet album. Un risque payant puisque, quelques mois plus tard, l’album est certifié disque d’or et cumule plus de 100 000 exemplaires vendus. Une prouesse, à une époque où le streaming et le téléchargement n’existaient pas encore.

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Sur ce premier album, les quatre hommes font une démonstration de toute leur palette technique, que ce soit avec des morceaux dans le style caractéristique du début des années 2000 ou des titres nerveux idéaux pour turn-up. Le meilleur moyen de mettre en valeur une culture encore tristement marginalisée et caricaturée par le grand public et les médias. Cet hommage passe bien entendu également par le titre du projet, puisque le terme "Block Party" renvoie directement aux sources du mouvement hip-hop dans le Bronx.

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Les trois rappeurs que sont Alonzo, Soprano et Vincenzo jonglent à merveille entre les différents flux d’énergie. "Le Son des bandits", en compagnie de Saleem, devient un tube. Comme le confesse Soprano himself sur ce même morceau, "c’est notre premier album, des défauts y’en a, et y’en aura encore. On est jeunes et on a encore l’temps d’remettre les gens d’accord". Des défauts, certes, mais surtout beaucoup de qualités, comme sur le ping-pong alcoolisé entre Soprano et Alonzo dans "La Vengeance aux deux visages", ou encore, dans un autre registre plus déchaîné, l’incontournable "Au taquet".

Sur la quatrième piste, la poétique "On naît, on vit, on meurt", le groupe invite Mino, L’Algérino et Stone Black pour ce qui sera l’un des autres succès de l’album, à l’instar de "La Vengeance aux deux visages", "Le Son des bandits" et du titre éponyme "Block Party". On parle alors d’un "rap engagé mais recherché, énervé mais pas insultant".

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Ce disque culte a même bénéficié d’une réédition trois ans plus tard (oui, ça se faisait dans les années 2000). Celle-ci reprenait treize des quatorze morceaux initialement présents sur la version originale, avec quatre nouvelles chansons inédites : "Crime psychologic", "J’ai besoin d’ailes", "Au taquet" et "J’ai écrit un album".

Ce premier effort, autant ancré dans son époque que dans la mémoire collective des rapophiles les plus anciens, est un succès à tous les niveaux. Celui qui a légitimé les Psy 4 de la rime à l’échelle nationale, leur permettant ensuite de continuer à briller avec leurs albums Enfants de la Lune en 2005 et Les Cités d’or en 2008. Un projet inoubliable, qui a posé les fondations des magnifiques carrières des quatre hommes, dont deux – Alonzo et Soprano – sont toujours des figures incontournables de la scène française aujourd’hui encore.

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Par Guillaume Narduzzi, publié le 19/03/2020