Rolling Stones, Will Smith, U2... B.B. King savait très bien s'entourer

De Will Smith à Clapton, en passant par U2 ou Barack Obama, B.B. King a eu le temps de présenter sa guitare et ses accords lubriques à tout le monde. Petit focus sur cinq collaborations significatives du roi du blues.

Le roi est mort, vive le roi !

Le roi est mort, vive le roi !

Le 14 mai 2015, B.B. King, de son vrai nom Riley B. King disparaissait. Avec lui, c'est tout un cortège d'évocations mythiques qui surgissent pour un dernier jam avant la route : sa guitare Lucille, les champs de coton dans lesquels il a travaillé lorsqu'il était enfant, le Mississippi profond, l'insomniaque "Three O'clock Blues"...

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Mais si cet acharné aux 15 Grammy et autant d'enfants qui donnait jusqu'à 250 concerts par an est devenu le roi du blues, il a aussi adoubé toute une cour d'artistes, emportés par le sillage de son talent. Entre Jeff Beck, Slash, Gloria Estefan, Barack Obama (si, si) Mick Jagger, Mark Knopfler, John Lee Hooker et tant d'autres (... Zucchero, vraiment ??), on ne sait plus trop où donner de la tête tant la carrière du natif d'Itta Bena, Mississippi, a été prolifique.

Et même si le bluesman ne s'est jamais séparé du blues des origines, certaines de ses collaborations sont remarquables par bien des aspects. Pour commémorer l'un des hommes qui a, indirectement, inventé quasiment toute la musique qui figure sur votre iPod aujourd'hui, revenons sur quelques-unes de ses collaborations les plus intéressantes.

Eric Clapton, le bluesman venu d'Albion

Certains duos s'imposent d'eux-mêmes. En 2000, B.B. King s'accompagnait d'un sacré patron : Eric Clapton lui-même. Alors que les deux hommes se sont croisés plusieurs fois sur la route, l'idée d'un album collaboratif germe enfin à l'orée du troisième millénaire et les deux anges du blues peuvent enfin s'atteler à l'album Riding With The King en 2000.

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Armé d'un son ultra-clair et d'une bonne paire de grands classiques, King et Clapton donnent une leçon de six-cordes à n'importe quel aspirant gratteux dans ce disque, Grammy Award du meilleur album de blues traditionnel un an avant que les tours du WTC ne s'effondrent. Un autre son, une autre époque, mais toujours autant de bonheur 15 ans après : on ne choisit pas, on vous met tout le disque.

U2, les stars de stade

Pour son album Rattle and Hum, le sixième de sa discographie, le groupe U2 se penche sur les racines de sa musique, fait d'allers-retours entre Europe et Amérique, l'ancien et le nouveau monde. Alors qu'un "rockumentaire" est tourné pour l'occasion, la bande à Bono veut impressionner le monde entier avec son nouveau statut de groupe superstar.

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Le concert commence alors par une reprise de "Helter Skelter" des Beatles, une sono joue également le "Star Spangled Banner" déchiré de Hendrix et le groupe s'offre Bob Dylan et B.B. King sur scène pour la chanson "When Love Comes To Town". Cette année-là, les Irlandais prennent leur revanche sur les Anglais.

Quand Stevie Wonder inspire le King

En 1972, B.B. King enregistre son 23è (!) album. Pour l'occasion, il reprend un titre écrit par un jeune chanteur de rythm and blues aveugle. Ce musicien, c'est Stevie Wonder. Et la chanson, c'est "To Know You Is To Love You" (ici la version de Stevie Wonder, là la version de B.B. King). Le morceau est si bon, en fait, qu'il intitulera son disque du nom de cette chanson d'amour un peu cruelle.

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Par la suite, si B.B. King restera un patron jusqu'à sa mort en 2015, Stevie Wonder en deviendra un bien vite, notamment avec Songs In The Key Of Life en 1976. Mais les deux hommes ont eu l'occasion de se recroiser sur scène, notamment dans la vidéo ci-dessous, captée à la fin des années 2000, où les deux hommes reprennent le standard "Thrill Is Gone".

Les Rolling Stones passent à la caisse

Il n'y a sans doute qu'une seule catégorie de gens que ces petits coquelets arrogants de Rolling Stones ne méprisaient pas durant leur jeunesse : les bluesmen. Très inspirés du son des Noirs américains, les Anglais pilleront au blues tout ce qui manquait de sensuel au rock, pour devenir des icônes aussi sexuellement ravageuses.

Histoire de payer la dîme, il est bien naturel que les petits Blancs se soient fendus d'un duo avec B.B. King sur son album de collaborations Deuces Wild, en 1997. Comme quoi, il n'est jamais trop tard pour montrer du respect.

Le blues du Prince de Bel Air

Non, l'interprète de "Wild Wild West" et "Miami" n'a pas VRAIMENT joué sur scène avec B.B. King. Mais le Prince de Bel-Air de la série, lui, oui ! Le roi du blues faisait une courte apparition en forme de clin d'œil dans la série nineties. Et il faut croire que Will, malgré les dénégations de Carlton, a tout compris au blues. L'idée, c'est de se plaindre : problèmes d'argent, de famille et d'éducation. Tout le monde sait ça.

So long B.B. King. Cette fois c'est sûr, the thrill is gone.

Par Théo Chapuis, publié le 15/05/2015

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