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Entre amour et désespoir, Ash Kidd dévoile le très mélodique Mila 809

Ash Kidd, le emcee strasbourgeois, revient après deux ans d’absence pour présenter Mila 809, son troisième projet éthéré et romantique.

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Peut-être est-ce la pochette qui en dit le plus sur le nouveau projet d’Ash Kidd. En effet, sur le visuel de Mila 809, ce n’est plus l’homme fermé, presque en souffrance, qui s’affichait sur Cruise (son second projet) que l’on retrouve mais un jeune séducteur allongé sur son lit. Ainsi, tous les éléments qui constituent l’univers dessiné par le rappeur dans cet album sont présents. On y retrouve les attributs du gangster – casquette à l’envers, tatouages et muscles – comme ceux du lover : Ash Kidd prend la pose au téléphone, dans un décor aux couleurs pastel, un papillon posé sur la main, aussi fragile et précieux que certains sentiments. Des éléments qui en disent beaucoup sur ce projet doux-amer, entre romantisme et réalité plus difficile à avaler.

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Qui est Ash Kidd ?

Revenons aux origines. Ash Kidd n’est pas une enfant de l’agglomération parisienne ou marseillaise – les deux principaux viviers du rap français – mais de Strasbourg. C’est assez maigre, mais on n’en sait pas beaucoup plus sur lui, si ce n’est que depuis 2014 et son premier projet Chillance Avenue, Claude, de son véritable prénom, cultive un rap mélodique, ralenti, vaporeux et enivrant. Après, la sortie de Cruise, et une période de silence, il a sorti le 7 juillet 2017 dernier son troisième projet, Mila 809, fruit d’une signature avec Warner/Chappell.

Beats et flows mélodiques

Si Ash Kidd nous dévoile sa facette de rappeur, il est aussi beatmaker. Sur ce projet, il aura ainsi produit dix titres lui-même (certains avec l’assistance de Rob White, Louis Côté et Videographik). Une belle performance, sachant que l’album contient 12 morceaux. Pour les deux autres titres, Ash Kidd a fait confiance à deux pointures du beatmaking : Twinsmatic, qui a travaillé avec Damso ("Autotune") et Booba ("Talion") ainsi que Dany Synthé, faiseur de tubes qui a participé à la production de "Sapés comme jamais" de Maître Gims et à "Afro trap, part. 4" de MHD. Entre électronique et ambiant, instrumentaux et morceaux presque dancehall ("702"), le tout s’exprime sur des mélodies empreintes de mélancolie. Des productions sur lesquelles Ash chante comme désormais beaucoup de rappeurs de sa génération, sûrement inspiré par la chanson française.

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Entre rue et romantisme

Une influence de la chanson française qu’on devine aussi dans ses précédents travaux : une reprise de "J’ai demandé à la Lune" d’Indochine façon bicrave mélancolique renommée "Nostalgie" ou un son intitulé "Gainsbourg" en bonus track de son premier projet Chillance Avenue. Dans Mila 809, Ash Kidd continue sur cette lancée en chantant principalement l’amour, comme le font de plus en plus de jeunes rappeurs décomplexés, sans pour autant abandonner un récit de la précarité, de la drogue et de la déchéance. Ainsi, si par les sonorités et un certain romantisme, Ash Kidd pourrait se faire le grand frère de jeunes groupes comme Le Club, on peut aussi déceler dans sa musique quelque chose de PNL dans la noirceur avec laquelle il dépeint le quotidien. Autre point commun avec le duo des Tarterêts : une incroyable discrétion marquée par l’absence d’interviews, ou le cryptage des titres de ses morceaux, simplement titrés avec des numéros mystérieux.

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Par Sophie Laroche, publié le 10/07/2017

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