©Capture d’écran – YouTube – Robin Thicke – Blurred Lines ft. T.I., Pharrell

6 ans plus tard, Pharrell regrette les paroles de "Blurred Lines"

Le méga-hit qu'il a cosigné avec Robin Thicke avait reçu de vives critiques à l'époque de sa sortie.

Le morceau "Blurred Lines" de Robin Thicke et Pharrell a connu un beau succès lors de sa sortie en 2013, avant de se prendre dans la tronche une vague de critiques. Déjà parce qu’il aurait plagié plusieurs titres. Mais aussi pour ses paroles, qui ne respecteraient pas la notion de consentement.

Pendant des années, Pharrell a défendu la chanson qu’il a cosignée. D’abord en 2013, chez NPR, où il expliquait qu’il y aura "toujours du sensationnalisme avec ce que tu fais, et à moins que ton morceau soit complètement parfait et ne contienne rien de sexuellement suggestif, il sera ouvert à se faire défoncer, ce que je comprends […]".

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Puis en 2014, où il expliquait à Pitchfork :

"Qu’est-ce qui est controversé à ce propos ? Dans 'Blurred Lines', les paroles de Robin Thicke sont 'You don’t need no papers', comprendre 'tu n’es pas une possession'. 'That man is not your maker', comprendre qu’il n’est pas Dieu […]. Ce que j’essayais de dire, c’était 'ce mec essaye de te domestiquer, mais tu n’as pas besoin de papiers – laisse-moi te libérer'."

Rétropédalage, cinq ans plus tard. Dans son portrait publié par GQ, magazine dont Pharrell fait la couverture ce mois-ci et qui est dédié au thème de la nouvelle masculinité, l’artiste est revenu sur le morceau et explique avoir compris la polémique. Il ajoute qu’il ne refera plus de titre comme "Blurred Lines" à l’avenir. Il explique ainsi :

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"Je crois que 'Blurred Lines' m’a ouvert sur cette question [du genre et de la masculinité, ndlr]. Je ne comprenais pas au début. Parce qu’il y avait des femmes blanches plus âgées qui, quand le morceau est sorti, ont réagi d’une manière plus surprenante que jamais. Et j’étais là genre, 'wow'. Elles me faisaient rougir.

Donc quand ça a commencé à devenir un problème, d’un point de vue des paroles, je ne comprenais pas. 'Qu’est-ce vous racontez ?' Il y a des femmes qui aiment vraiment cette chanson et sont simplement connectées à l’énergie qui s’en dégage. 'I know you want it', des femmes chantent ces paroles tout le temps. […]

Puis j’ai compris que des hommes utilisent ce même langage quand ils profitent d’une femme, et qu’importe si ce n’est pas mon comportement. Ou la manière dont je vois les choses. C’est juste une question de comment cela touche les femmes. Et j’étais là : 'Je vois. J’ai compris. Tranquille.'

Mon esprit s’est ouvert sur ce qui était réellement dit dans cette chanson, et comment elle pouvait être perçue. Même si ce n’était pas la majorité, ce n’était pas important. Ce que [les femmes] ressentaient m’importait beaucoup. […] Je ne me rendais pas compte que certains de mes titres véhiculaient ça. Ça m’a coupé le souffle."

Mieux vaut tard que jamais, comme on dit.

Par Arthur Cios, publié le 15/10/2019

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