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Chroniques australiennes : un Big Day Out rock à Melbourne

Publié le

par Olive Cougot

Deux jours avant de se rendre au Stade Olympique de Sydney, Konbini était à Melbourne pour couvrir le Big Day Out. On vous raconte notre première journée de festival à l'autre bout du monde. 

Initié à Sydney en 1992, le Big Day Out est devenu le festival incontournable de l'été en Australie. Cette année encore et malgré des ventes en baisse, le BDO avait choisi de diversifier sa programmation en engageant autant d'artistes rock, rap qu'électro.

L'occasion pour nous d'aller voir ce que pouvait donner tout ce petit monde à 16.000 km de la France.

Première étape : Melbourne

Arrivés dans la deuxième ville australienne en provenance de Paris, le changement est radical. Ici, l’été s’est installé depuis quelques semaines et la ville vient de connaître des records de chaleur (entre 40 et 46 degrés).

Majoritairement présente du côté de Flinders Station, la population active n’hésite pas à se poser dans les jardins publics tandis que les aficionados de tennis se ruent à l’Open d’Australie pour voir le quart de finale qui oppose le suisse Roger Federer au britannique Andy Murray. Victoire du premier, revenu à Melbourne avec des intentions aussi bonnes que les nôtres, dans un autre registre.

Direction le Flemington Racecourse

Après deux jours à sillonner les rues et à écumer les endroits recommandables, le jour J arrive et on doit se rendre au Flemington Racecourse. Là-bas, les premières averses donnent le ton : le festival se fera sous la pluie.

Débarqués sur Epson Road en provenance d’Elizabeth Street, on aperçoit déjà quelques courageux faire la queue devant l’entrée principale, tous soucieux des conditions climatiques à venir. Comme eux, nous devons attendre quelques minutes pour rentrer dans l’antre équestre avant de récupérer nos accès presse au box-office, sorte de mobile-home où les responsables médias nous accueillent. Bracelets au poignet, on rejoint vite l’immense espace alloué aux concerts, où on entend les premières balances sur l’une des deux main-stages.

Sans repères, on décide de suivre les gilets fluo floqués « Photographers » pour rejoindre l’espace média où l’attachée de presse du festival vient nous parler à son tour. De suite, elle engage la conversation (“Oh, tu es de Konbini, c’est ça ?”) avant que d’autres membres du staff nous remercient d’avoir fait le voyage et s’excusent pour le temps pluvieux du matin : “normalement il fait toujours chaud ici, tu tombes mal !”. Elles disaient vrai.

Tame Impala assure, les Hives s'amusent

En début d'après-midi, le soleil commence à faire son apparition quelques minutes avant le concert des Tame Impala, très à l’aise sur l’Orange Stage. (Presque) à domicile, les australiens montent progressivement en puissance, passant d’un trip hippie (“Feels Like We Only Go Backwards”) à des chansons de stade (“Half Full Glass Of Wine”, “Elephant”) qui remuent la foule.

Discret jusque-là, Kevin Parker fanfaronne, arrose le public et exulte sur les amplis des retours. La chaleur est revenue, l’ambiance aussi.

Devant la Red Stage située à quelques hectomètres, c’est un public plus jeune qui attend avec impatience Mac Miller, nouveau héros du rap mainstream nord-américain. Cheveux teints en rose, short aux motifs de l’aussie flag, l’Américain déboule sur la scène, bien lancé par son DJ qui invite les fans à faire un “putain de bruit !”. Et curieusement, il ne faut pas plus de deux minutes à la petite frappe de Pittsburgh pour placer un flot d’insultes anti- féministes, bien loin des innocentes paroles de “Yellow Submarine” qu’il chantonnait en backstage.

Bien plus gentlemen avec les femmes, les Hives font… du Hives en milieu d’après-midi. Déguisée avec des costumes de toreros, la bande de Pelle Almqvist ne ménage pas ses efforts pour servir son front-man, complètement possédé à l’heure du goûter. Orateur hors-pair, Almqvist communie beaucoup avec les festivaliers et s’amuse à leur demander qui a “déjà vu les Hives et la Tour Eiffel”, histoire de leur rappeler l’éloignement de leur pays. Conscient de devoir “remplir les huit minutes restantes”, il se lance dans un monologue et prend un bain de foule, avant d’exploser sur les derniers riffs de “Tick Tick Boom”.

Arcade Fire: Reflektor's effect 

Moins bavard, Liam Gallagher n’en n’est pas moins sûr de lui au moment de commencer son set à la tête de Beady Eye. K-way sur la taille, mine conquérante, le fan de Man.City n’est pas juste dans sa voix (“Flinck On The Finger”mais semble être dans une forme olympique.

Venu voir ce qu’il restait de la rock star, le public s’emballe quand “Rock & Roll Star” et “Morning Glory” sont évoqués mais ne renient pas les chansons post-Oasis, elles aussi –parfois- efficaces (“Soul Love”, “The Roller”). Contraints de boucler le tout en une heure, les Beady eye ne sortent que des tubes et concluent par une très bonne reprise de “Gimme Shelter”, empruntée aux Rolling Stones.

Une prestation convaincante, mais loin de celle qui va suivre dès 18 heures sur la scène voisine. Ici, tout le monde attend les Arcade Fire qui vont livrer, soyons clairs, le meilleur concert du Big Day Out à Melbourne. Servis par un son dantesque, les auteurs de Reflektor lancent le titre éponyme d’entrée, provoquant des danses frénétiques dans une fosse totalement envoûtée. S’ensuit une démonstration d’une heure trente où sont joués les meilleurs titres possibles, toujours dans des versions savamment remaniées.

Augmentée de quelques percussionnistes qui font sonner “Neighborhood #3″ comme jamais, la troupe sort l’artillerie lourde en début de set (“Joan Of Arc”, “The Suburbs”) et ne baisse jamais de niveau (“No Cars Go”) pour conquérir les âmes présentes.

Vêtue d’une robe aux couleurs psychédéliques, Régine Chassagne (chant/violon) ajoute une touche particulière aux couplets de “Reflektor” tandis que “Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)” est accueilli comme un hymne dans l’hippodrome, plein à craquer.

De “Normal Person” au final “Wake Up”, rien  n’est à jeter de ce concert rock édulcoré et plein de panache. Dans la foule, on discute avec le batteur de Tame Impala qui lui aussi a l’air de prendre du plaisir. Preuve en est que ce soir, les Arcade Fire étaient tout simplement intouchables.

A l’heure où Snoop Dogg monte sur les planches, il est temps pour nous de quitter l’hippodrome, soucieux de prendre notre avion du lendemain. La suite du Big Day Out, c’est à Sydney.

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