En Iran un blog de modeuses résiste contre la censure vestimentaire

Il y a un an, Araz Fazaeli a eu une la bonne idée d'ouvrir The Tehran Times, premier blog de street-style en Iran.

Encore un blog de mode ? Oui mais à la différence des autres, les photos sont prises dans les rue de Téhéran, là où les codes vestimentaires ne sont pas les mêmes que chez les occidentaux, là où la femme est obligée de couvrir ses bras, ses jambes, sa poitrine, sa tête.

Et l'objectif de The Tehran Times c'est ça : montrer que malgré ces règles, les femmes peuvent s'habiller joliment et avec style comme l'explique Araz Fazaeli, jeune designer à l'origine du site, dans une interview à The Atlantic Post :

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Le gouvernement oblige les femmes iraniennes à couvrir en partie leurs cheveux et leur corps. Mais c'est à elles de choisir comment les couvrir. Et ça, ça renforce leur créativité.

(Crédit image : The Tehran Times)

(Crédit image : The Tehran Times)

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S'émanciper avec style ?

Même si beaucoup de photos sont cadrées de manière à cacher le visage, certaines filles n'hésitent pas à dévoiler des looks très audacieux pour les règles vestimaires du pays qui obligent les femmes à avoir la tête et les cheveux couverts. On remarquera que ce gros accessoire en or placé discrètement sous la manche tombante n'est pas anodin, pas plus que ces mèches "tie and dye" qui s'échappent négligemment du foulard.

(Crédit image : The Tehran Times)

Le moindre détail dans leur tenue est une manière pour ces femmes de s'émanciper du système, de remettre en question les préceptes vestimentaires du pays, de casser avec l'image clichée de l'iranienne classique.

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Araz Fazaeli évoque cette idée sur le site de Your Middle East :

Réussir à paraître sophistiqué en portant un foulard sur la tête et un long manteau est à mes yeux un phénomène de mode. On dirait que les femmes iraniennes sont soit malheureuses soit modernes. J'ai envie de dire qu'elles sont les deux, comme dans toutes sociétés. Et parler de leur malheur ne va pas les aider. Par contre essayer de trouver des histoires positives et motivantes peut le faire, et cela peut faire changer les choses.

Aujourd'hui,  le blog compte plus de 17 000 adeptes sa page Facebook et près de 12 000 sur son compte Instagram. Dans un avenir proche, Araz Fazaeli aimerait ouvrir le premier concept-store en ligne iranien, le Daiva.

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Par Sarah Barbier, publié le 16/12/2013

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