Le strip tease de Zahia : le docu dans son intégralité

Le documentaire Zahia, de Z à A a été diffusé il y a deux semaines sur Paris Première. Réalisé par Hugo Lopez, il met de côté les clichés pour mieux se concentrer le parcours et l'évolution de l'image de Zahia. De Frank Ribery à Karl Lagerfeld.

Avril 2010, quelques semaines avant le début de la Coupe de Monde en Afrique du Sud, Frank Ribéry et Karim Benzema sont soupçonnés d'avoir eu des relations sexuelles rémunérées avec une call girl. Son nom : Zahia. A peine majeure, elle devient une icône dans le monde du foot. Ou plus précisémment de ses coulisses.

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Comme pouvait le dire un célèbre groupe de rap marseillais :

Elle a vendu son corps avant son nom.

Durant les mois qui suivent, le phénomène ne cesse de s'amplifier. Zahia par-ci Zahia par-là. La jeune femme devient la référence dans le domaine des péripatéticiennes de luxe pour footballeurs en manque de fantaisies sexuelles. Trois ans plus tard, loin de la pulpeuse et vulgaire image qu'elle laissait paraître sur la couverture de Paris Match, Zahia tente de se rattraper. L'objectif : détruire l'appellation "d'escort girl" affiché en une de l'hebdomadaire.

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Un documentaire revient sur son parcours

Deux ans plus tard est diffusé sur la chaine Paris Première un reportage d'une heure réalisé par Hugo Lopez. Le sujet : suivre Zahia dans sa nouvelle vie. Elle qui aurait pu sombrer dans la dépression et les cachets pour voir la vie en rose a finalement opté pour difficulté. Tout comme Hugo Lopez.

Au lieu de traiter le sujet Zahia comme la plupart des médias, c'est à dire en la dénigrant, il a préféré prendre la sirène à contre-courant et creuser pour voir ce qui se cachait derrière une plastique aussi parfaite.

Contacté par Konbini, il se dit "fasciné" avant de la rencontrer :

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Je trouvais ça malin la façon dont elle gérait son image en créant une sorte de mystère autour d'elle. Elle a toujours laissé parler les gens sans démentir. Aujourd'hui, elle collabore avec des personnes influentes alors qu'elle aurait pu tomber dans la télé-réalité, elle a préféré tout refuser. Avant de la rencontrer j'étais un peu fasciné mais aussi triste pour elle au vu de son histoire.

Car on se rend compte que sa vie n'a pas été qu'une partie de plaisir. Arrivée en France à l'âge de dix ans avec son frère et sa mère, Zahia a dû apprendre le français et corriger son accent.

Hugo Lopez l'a senti durant le tournage de Zahia, de Z à A : 

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Lorsque je la vois pleurer à la fin de son défilé dans la voiture, je comprends qu'il y a quelque chose de fort dans son histoire et que l'on ne sait pas tout sur son parcours. 

Il précise :

Pourtant elle gère bien son affaire.

Bande-annonce du reportage sur Zahia, réalisé par Hugo Lopez

Elle qui rêve d'un monde de princesse, d'une vie en rose et de défilés de mode haute couture où la femme serait au centre de tout, a réussi à atteindre son but. C'est ce que l'on constate dans ce reportage plutôt bien monté qui dépeint une femme parfois contradictoire, attachée à ses principes et prête à tout pour obtenir ce dont elle désire.

Son confident

Elle n'a jamais eu recours à la chirurgie esthétique.

Zahia : de prostituée à égérie mode

Soutenue par un investisseur hongkongais, la jeune Zahia a pu ouvrir son propre bureau de stylisme, dans un quartier chic de Paris afin de préparer sa collection personnelle. Comme on peut le voir dans le documentaire, Jean Paul Gauthier fait partie de ses soutiens. Le changement réside ici : les noms accolés à Zahia ont changé. Des footballers Frank Ribery et Karim Benzema, on est passé à des illustres figures de la mode.

Telle une naïade qui flirte avec le strass et les paillettes, Zahia attire forcément les requins et toutes sortes d'espèces non-identifiés. Ou juste les convoitises. D'après Hugo Lopez, la jeune femme "a une vision un peu archaïque de ce que peut être la femme", ce qui ne doit pas l'aider dans cet océan redoutable qu'est le monde de la mode et de la haute-couture.

À commencer par son grand ami de longue date, lui qui connait Zahia depuis quatre ans. Malgré ses bonnes intentions, il semble plus intéressé par le faste et les postérieurs que par les états d'âme de son "ami d'enfance". Même s'il semble s'offusquer, face caméra, lorsqu'il entend dire que Zahia a fait appel à la chirurgie esthétique.

Une icône à la fois perdue et fascinante

Avec un visage aussi bien maitrisé, difficile de transmettre des émotions. Pourtant Zahia arrive à nous attendrir. Elle confie sa peur d'aller dormir, de ne plus posséder son corps ou encore sa passion pour les films égyptiens d'époque. Qu'on aime ou pas l'image qu'elle transmet, elle a au moins le mérite d'être fascinante et de provoquer une réaction. Elle est fière de son entreprise et de la façon dont elle la gère.

Toujours selon Hugo Lopez :

Zahia organise des entretiens avec tous ses interlocuteurs. Tout doit passer par elle. Aucun détail n'est laissé au hasard jusqu'à la voix de la secrétaire qui aura la lourde tâche de répondre au téléphone. Pour avoir tourné dans d'autres maisons de création, le système est assez similaire aux maisons de Lagarfeld ou Gauthier, par exemple.

Le changement d'image

Quand je demande au réalisateur d'analyser le changement d'image opéré autour d'elle et comment on peut passer d'une couverture tendancieuse dans Paris Match à une collection haute couture, il rétorque :

Elle a toujours voulu faire ça. Elle tente de prendre son temps en espérant être prise au sérieux parce qu'elle est consciente que ça sera plus difficile que pour une autre. Ce scandale lui a beaucoup coûté. Elle a eu la chance de rencontrer ce financier hongkongais qui l'a aidé. Ce qui veut dire aussi qu'il y a une attente en retour. Ce n'est pas la fête tous les jours, elle se doit de fournir un travail sérieux et concret.

Si certains restent subjugués par sa beauté, ou son talent de créatrice, comme Beatrice Dalle, Jean Paul Gauthier et Zabou Breitman la félicitent pour son travail, d'autres restent dubitatifs : Zahia ne mériterait pas tout ce remue-ménage autour de sa personne.

D'après Hugo Lopez, Zahia, de Z à A n'a pas de fin à proprement parler :

J'assume le fait que beaucoup de spectateurs peuvent rester sur leur faim au moment où le reportage se termine. Mais pourquoi ne pas le diffuser ? Ce n'est pas un film très joyeux encore moins une publicité. Il y a donc matière à critiquer.

Le réalisateur ne connait pas l'avenir de Zahia mais il est sûr d'une chose :

Elle est douée dans ce qu'elle fait. C'est une sorte de personnage de roman mais le roman reste à écrire.

Pour ceux qui aimeraient voir ou revoir le documentaire Zahia, de Z à A le voici en intégralité :

Propos recueillis par Robin Aïche

Par , publié le 01/02/2013

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