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Vidéo : Manu Larcenet continue sa thérapie de groupe avec une nouvelle BD jouissive

Publié le

par Aurélien Chapuis

L’auteur de BD offre une suite au premier volume sorti en 2020 en questionnant sa créativité et sa santé mentale.

Manu Larcenet vient de sortir le deuxième volume de sa série autobiographique bourrée d’humour, Thérapie de groupe. Nous l’avions rencontré pour le premier opus en janvier 2020 et il nous expliquait alors le fondement de cette série, entre autocritique, peur de la page blanche, exploration de sa bipolarité et recherche du gag qui tue.

Avec cette suite, Larcenet va encore plus loin pour un album visuellement jouissif au contenu vraiment salvateur. Et les pérégrinations créatives de l’auteur en panne d’inspiration permettent ironiquement de creuser une histoire de l’art personnelle, faisant référence à Bosch ou Brueghel l'Ancien, croisant les mots de Baudelaire, Boileau et Nietzsche.

En prenant le poème "L’Albatros" de Charles Baudelaire comme référence pendant une grande partie du livre, Larcenet se met à la place de ce voyageur ailé face à l’incompréhension de la société. On croise parfois des personnages connus de l’imaginaire collectif comme Popeye et le Capitaine Haddock. 

En racontant sa bipolarité, les effets des médicaments et ses passages en hôpital psychiatrique en temps de crise, Larcenet décrit aussi plus largement sa passion pour l’art, ses angoisses les plus dures et sa recherche du sublime dans un tourbillon d’idées et de formats. 

En dressant un véritable état des lieux des affres de la création et de la place de l’artiste dans la société, Larcenet parle de lui-même, en changeant de style à toutes les pages, voire à toutes les cases. On passe du classique à l’art contemporain, de formes psychédéliques aux couleurs éclatantes à un western en noir et blanc.

Ses albums Thérapie de groupe semblent se transformer en véritables terrains de jeux où le dessinateur retranscrit ses hauts et ses bas, son dessin et ses histoires devenant quasiment une extension visuelle de sa maladie. Malgré un sujet complexe, l’auteur de Blast ne nous perd pas une seconde car il garde son sens de la dérision et son humour noir très à propos.

Au final, ce deuxième volume nommé Ce qui se conçoit bien montre que la panne créative de Manu Larcenet n’en est vraiment pas une. L’auteur se reconstruit visuellement tout en offrant plus à voir sur son intimité et sa façon d’envisager les choses. En épousant totalement sa condition et en acceptant sa maladie, Larcenet offre des ouvrages sincères et uniques, drôles et touchants. La sérénité artistique tirée du chaos quotidien. On attend la suite avec impatience.

Retrouvez nos sélections BD de l’année 2020 ici.