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Vidéo : accusé de racisme, Norman s'explique sur son sketch polémique sur James Bond

Publié le

par Lucille Bion

"My name is Bond, Fatoumata Bond." C'est cette phrase qui a suscité l'incompréhension et la colère de nombreux internautes.

Ce samedi 26 décembre, la chanteuse Yseult a partagé sur ses réseaux sociaux un sketch de Norman qui a provoqué une vive polémique. Sur scène, dans son one-man-show Le Spectacle de la maturité, le youtubeur tente de faire de l’humour en pointant du doigt l’évolution de la saga James Bond, qui a récemment annoncé que Lashana Lynch reprendra le matricule de 007 puisque Daniel Craig quitte la franchise.

Si Norman semble avoir voulu dénoncer les pratiques d’Hollywood qui consistent à intégrer des quotas dans les longs-métrages pour offrir au public une vision plus représentative de notre société, l’humoriste dépasse les limites avec des propos inappropriés, en faisant, par exemple, un lien entre une femme noire et le prénom Fatoumata. Un discours qui alimente davantage la stigmatisation que la société française fait de ce prénom :

“Alors la dernière connerie qu’ils ont trouvée pour lutter contre le racisme, c’est dans le prochain James Bond qu’ils tournent, là. Le prochain personnage de James Bond, Agent 007, sera incarné par une femme renoi. Est-ce qu’on n’est pas allé trop loin dans la lutte contre le racisme ? ‘My name is Bond, Fatoumata Bond’. Non, ça va pas du tout, je suis pas d’accord. OK ?”

Stéréotypes et propos inexacts

En plus d’être racistes et misogynes, ses paroles sont aussi inexactes puisqu’il n’a jamais été question que James Bond devienne une femme noire. Les producteurs historiques de la saga ont annoncé que Lashana Lynch serait la tête d’affiche des prochaines aventures de l’agent secret qui part à la retraite et laisse son numéro, 007, à la nouvelle recrue.

Enfin, le youtubeur s’enfonce et prouve qu’il ne comprend manifestement pas les rapports de domination de notre société en ajoutant, sous couvert d’humour :

"Mais alors le jour où on tournera le biopic de Michael Jordan au cinéma, je veux qu’on mette Thierry Lhermitte et que tout le monde valide ça, normal."

Le compte Instagram "Décolonisons-nous", qui vise à sensibiliser le monde au racisme systémique, a déclaré que Norman traite d’un sujet qu’il ne maîtrise finalement pas, tout en véhiculant des stéréotypes qui sont empreints de racisme :

"Juste avant cette séquence, il se place en tant que personne blanche admettant bénéficier d’un 'privilège' dans la société, puis faisant la liste d’autres outils de réflexion issus des milieux militants et académiques, son acceptation s’effrite peu à peu jusqu’à finir par discréditer indirectement tout l’antiracisme actuel. Parce qu’en définitive l’intégralité du sketch semble alors plus être une allégorie des habituels 'vous allez trop loin, vous exagérez', 'on ne peut plus rien dire de nos jours', accompagnés des 'potes rebeus et renois…' comme pour signifier un implicite 'j’ai un ami [*caution non blanche]' qui validerait la pertinence et la légitimité de ses propos. Entre quelques autres vannes pas si mauvaises mais convenues et peu risquées sur le sujet, je ne suis pas certain de l’intérêt de sa contribution au discours antiraciste. En tout cas dans son potentiel à bousculer un quelconque statu quo."

"Ce n’était pas une bonne idée"

Suite à ces vives polémiques, l’humoriste a pris la parole dans une story Instagram ce lundi 28 décembre peu après 17 heures, précise le Huffington PostS’il présente ses "sincères excuses" aux personnes qu’il a choquées, Norman se justifie en rappelant toute la bonne volonté qu’il a mise dans le contenu de ce spectacle qui, selon lui, "ne laisse planer aucun doute sur le fond de sa pensée et sur la sincérité de son engagement antiraciste”.

Norman rappelle que cette séquence "mal amenée" est une scène isolée de son spectacle "que l’on ne peut pas résumer à une blague", avant de préciser :

"Quand je lis dans les commentaires que c’est un spectacle raciste, […] c’est de la pure malhonnêteté intellectuelle. Dedans, je parle du privilège blanc, de la culpabilité blanche, de mes potes rebeus qui passent leur temps à se faire contrôler donc du contrôle au faciès et du fait que je ne peux pas rentrer en boîte avec eux, de l’inégalité salariale, de la xénophobie que fait monter la presse pour vendre des papiers… Bref, la liste est longue."

En guise de conclusion, Norman a affirmé que ce n’était pas une bonne idée et qu’il regrettait ce sketch. Pour ceux qui veulent en juger par eux-mêmes, le one-man-show de Norman est disponible depuis le 4 décembre sur Amazon Prime.

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