Red Bull donne des ailes, mais aussi peut-être pire…

Taxer les boissons énergisantes ?

Le député Gérard Bapt s'appuie sur un rapport de l'Anses pour revenir à la charge : il faut taxer les boissons énergisantes. Voilà pourquoi.

boissons énergisantes

Red Bull donne des ailes, mais aussi peut-être pire...

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi on ne vous a pas donné de caf avant que vous soyez "grand" ? Pour une simple et bonne raison : parce que c'est mauvais pour la santé. La caféine, chez les enfants et les adolescents, peut faire souffrir de troubles du sommeil, de somnolence le jour et même conduire vers d’autres substances psycho-actives. Et la caféine, c'est précisément l'une des substances mises en cause dans le rapport de l'Agence nationale de sécurité alimentaire (Anses) au sujet des boissons énergisantes paru aujourd'hui.

Publicité

Il n'en a pas fallu beaucoup plus à Gérard Bapt, député socialiste de la Haute-Garonne, pour remonter au front à leur sujet : "Il y a un an, on connaissait surtout les risques des boissons énergisantes quand leur consommation était associée à celle d’alcool ou de stupéfiants. L’Anses montre aujourd’hui les risques d’une consommation de ces boissons seules", explique-t-il. Ce cardiologue de formation et rapporteur du budget de la Sécu à l’Assemblée avait porté l'étendard lors de la première charge de l'Etat contre ces produits l'année dernière, commentant "notre idée c’est de les taxer comme des boissons à risques".

50 centimes par litre

À l'époque, il avait proposé un amendement visant à taxer les boissons énergisantes, adopté puis aussitôt censuré par le Conseil constitutionnel, qui arguait à l'époque qu’aucun «critère objectif et rationnel» ne justifiait une telle taxation. Aujourd'hui, le député revient à la charge en proposant une taxe de 50 centimes par litres et un encadrement de la publicité de ces boissons. Marisol Touraine ayant déjà défendu cette taxe en 2012, Gérard Bapt estime qu'elle ne peut donc être que favorable à une telle proposition, appuyée par le rapport de l'Anses.

Un problème : le ministre du Budget pourrait ne pas être du même avis que sa collègue de la Santé. Bernard Cazeneuve a fait savoir ce matin ses réserves : il n'est "pas favorable à ce qu’on ajoute des taxes aux taxes" et selon lui il y a "mille manières de contrôler" la consommation de ce type de produits. Le député socialiste insiste : "c’est comme pour le tabac, il y a mille manières de contrôler sa consommation, mais c’est le prix qui est dissuasif".

Publicité

Aujourd'hui, environ 40 millions de litres de boissons énergisantes sont consommés chaque année en France et leur taxation est la même que celle des sodas.

Live fast : l'image de marque de ces boissons est souvent associée aux sports, extrêmes en particulier. (Capture Youtube : publicité Monster Energy Drink)

Deux expressos par canette

Haro sur les boissons énergisantes : cette attaque du député socialiste à l'encontre des Red Bull et consorts coïncide avec la sortie ce matin d'un rapport de l'Anses mettant en lumière la consommation de boissons de ce type. Et l'Agence nationale de sécurité sanitaire d'alerter sur leurs effets indésirables et notamment cardiaques.

Publicité

Ces boissons sont donc déconseillées aux enfants et aux adolescents, mais aussi à toute personne une fois qu'elles sont associées à l'alcool ou à des efforts physiques intenses. A savoir qu'en moyenne, une canette de 25cl d'energy drink contient l'équivalent en caféine de deux expressos.

Évidemment, elles sont aussi à proscrire chez les femmes enceintes (risque de retard de croissance du fœtus) ou allaitantes (passage de la caféine dans le lait), ainsi qu’aux personnes souffrant de certains troubles cardio-vasculaires, psychiatriques ou neurologiques (comme l'épilepsie) ou encore atteintes d’une insuffisance rénale ou d’une maladie grave du foie. L'agence sanitaire recommande "la modération" de la consommation de ces boissons caféinées et l'encadrement de leur promotion.

Parmi les consommateurs : les 3 à 10 ans

Selon une enquête européenne réalisée en 2012 à la demande de l’Efsa, l’autorité européenne de sécurité des aliments, 18% des enfants âgés de 3 à 10 ans en avaient bu dans l’année, alors que ces produits sont souvent interdits aux mineurs. Reste à savoir si, cette fois-ci, le Conseil constitutionnel saura expliquer avec autant d'aplomb un refus, comme en décembre 2012, au motif qu’aucun "critère objectif et rationnel" ne justifie une telle taxation.

Publicité

On vous conseille également : 

Source : Libération

Par Théo Chapuis, publié le 01/10/2013

Pour vous :