Report : Pi au Cabaret Sauvage le 26 janvier

Joli cadre que le Cabaret Sauvage pour accueillir le premier épisode nocturne du collectif Pi. Sold-out le mardi précédant le D-day, cette mystérieuse soirée avait pour argument choc Bakermat en tête de gondole. Ce dernier a finalement servi d’appât pour présenter des DJs plus discrets mais tout aussi chauds : Enola, Cascandy et Refound. Retour sur cette nuit blanche à la prog – allez, utilisons l’adjectif du moment – éclectique.

Alors qu’Enola gagne les platines, pas grand monde dans la salle. Malgré la queue gargantuesque à l’entrée, une tripotée de mineurs ambitieux ne facilite pas la tâche aux videurs. Phénomène rare, et encore plus quand les banquettes sont aussi moelleuses qu’au Cabaret Sauvage, tout le monde fonce vers la scène sans même passer faire un bisou au barmaid. Enola (Correspondant) décrit sa musique comme "axée sur le côté electro-techno, assez lent et sexy, basé sur les basses", bref en tout cas ça fonctionne très bien !

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Quand Bakermat arrive aux bras de son saxophoniste et de son manager, l’excitation est à son paroxysme. La première rangée est constituée quasi-exclusivement de filles en fleurs qui arborent leur plus belle duckface, ce qui est généralement bon signe quand on a 20 ans et même pas un en tant que DJ. Double effet kiss-not-so-cool, son manque d’expérience ne lui permet toujours pas de faire des live et son DJ set est maquillé par la prestation de son saxophoniste. Ceci dit, le public n’en est pas moins réceptif et plus particulièrement aux gros titres du hollandais Black Cat John Brown et Vandaag.

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Cascandy prend ensuite le relais et apporte beaucoup de maturité à l'ambiance. Une performance par an et toujours dans un pays différent, le projet live solo du berlinois Andreas Henneberg bouleverse totalement la salle. Un moment précieux, donc, puisque c'est la première et probablement dernière fois que l'artiste joue à Paris. Dans un élan de délicatesse, une jeune âme en sueur me demande avec qui il faut coucher pour avoir un backstage, je lui explique que ce luxe m'est accordé pour faire un report et celle-ci me rétorque yeux exorbités : "surtout, ne parle pas de la drogue chez les jeunes !" T'inquiète, j'en parlerai pas.

Croisés avant leur DJ set, le duo de Refound nous fait part de son appréhension de clôturer la soirée. Douze ans d’écart et des influences contradictoires (l’un bercé au mainstream, l’autre parlant l’underground couramment) pour une cohérence sonore plutôt techno. Première scène en tant que duo – chacun ayant tracé son petit bonhomme de chemin auparavant – largement encourageante puisqu’ils ont foutu la claque de sa vie à Morphée : à 5h30, alors que le premier métro pointe le bout de son nez, le Cabaret Sauvage ne désemplit pas.

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Bonus : Enola - Slowmotion

Par , publié le 31/01/2013

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