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L'Uruguay en passe de légaliser la vente de cannabis

Publié le

par Théo Chapuis

(Crédits : Pablo Bielli/AFP)

L'Uruguay pourrait bientôt légaliser, mais aussi gérer la production et la vente du cannabis. La loi n'attend que d'être votée au Sénat pour être promulguée.

(Crédits : Pablo Bielli/AFP)

Mercredi 31 juillet, après 14 heures de débats, les élus - et notamment la majorité de gauche au pouvoir - ont approuvé une loi qui prévoit que l'État "assume le contrôle et la régulation de l'importation, de l'exportation, de la plantation, de la culture, de la récolte, de la production, de l'acquisition, du stockage, de la commercialisation et de la distribution du cannabis et de ses dérivés". 50 voix sur 96

À l'heure qu'il est, le commerce du cannabis est illégal en Uruguay mais sa consommation dépénalisée. Si le Sénat, aussi tenu par la gauche, entérine la loi, elle sera promulguée et permettra au pays d'Amérique du Sud de faire du cannabis une propriété nationale. C'est d'ailleurs le but des porteurs de cette loi, déposée par la présidence à l'été 2012 et élaborée par le Parlement : "minimiser les risques et réduire les dommages de l'usage du cannabis".

Stoned Uruguay (Crédits : INCA)

Une première mondiale

Dans le cas où la loi passerait, le gouvernement prévoit de créer un organisme dédié à ce nouvel enjeu : l'Institut de régulation et de contrôle du cannabis (IRCCA). Celui-ci sera seul habilité à gérer production et distribution, prévoyant déjà un pallier fixé à 40 grammes par mois et par personne dans des pharmacies autorisées. Ce serait une première mondiale.

Au menu de la loi : la permission de cultiver soi-même son propre cannabis à usage personnel à hauteur de six plants par personne, la création de clubs de consommateurs de 15 à 45 membres avec une limite autorisée de 99 plans figure aussi au texte de loi.

Le véritable but de cette loi, plus que de fournir les fumeurs de joints, est de couper l'herbe sous le pied de la mafia, soit lutter contre le trafic de drogue qui "finance le crime organisé et des activités illicites comme la traite de personnes, la vente d'armes ou le blanchiment d'argent".

"La consommation existe déjà"

Selon le député Sebastian Sabini, "Cela ne signifie pas que nous devons cesser de lutter contre le trafic de drogue, cela signifie qu'il faut le combattre dans ses aspects substantiels, sans nous en prendre à l'usager qui a 40 grammes dans la poche". De toute façon, comme il l'a aussi déclaré mercredi en début de séance parlementaire, le but "n'est pas de promouvoir la consommation, la consommation existe déjà".

L'opposition a fait savoir son mécontentement face à cette loi, qui revient selon elle à "jouer avec le feu""Sommes-nous disposés à sacrifier une génération pour nous rendre ensuite compte que nous nous trompons, que nous n'allons pas en finir avec le marché noir (...) qu'il va y avoir une hausse de la consommation?", a protesté le député du Parti National Gerardo Amarilla.

62% des Uruguayens opposés ?

Selon le Conseil national des drogues (JND), ce pays de 3,2 millions d'habitants compterait 20.000 consommateurs quotidiens de cannabis pour un total de 120.000 consommateurs dits réguliers. L'organisme estime que 22 tonnes de cannabis sont vendus chaque année en Uruguay, soit 30 à 40 millions de dollars directement dans les poches de la mafia. Une ombre au tableau pour la loi : un sondage de l'institut Cifra révèle que 62% des Uruguayens seraient opposés à la légalisation du cannabis contre 26% de partisans.

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