« Anybody here ? » (Photo : AP/Reed Saxon)

Les Américains conduiraient moins... à cause d'Internet

Une récente étude américaine émet l'hypothèse que le déclin du nombre de conducteurs aux Etats-Unis est imputable, parmi d'autres facteurs, à l'usage d'internet.

"Anybody here ?" (Photo : AP/Reed Saxon))

La route. Symbole s'il en est du rêve américain, des chevauchées de James Dean à Lost Highway, en passant par tout un univers visuel graisseux du stoner rock californien à la patte graphique ultra-léchée de Drive... Si la culture du pays de la Ford Motor Company ou de General Motors a imprimé dans l'imaginaire de chacun des fantasmes d'autoroutes désertes sur lesquelles rouler jusqu'à plus soif, de récentes analyses montrent que les jeunes américains troqueraient volontiers le volant contre la souris.

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Le "driving-boom"...

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Les habitants outre-Atlantique ont toujours roulé de plus en plus pendant 60 ans. Ainsi, selon des chiffres de l'ONG US Public Interest Research Group, la distance parcourue par personne et par an est passée de 8 700 à 16 100 km entre 1970 et 2004 (+ 85 %), au cours de ce que le rapport de l'ONG appelle le "driving boom".

Première dans l'Histoire : elle a légèrement diminué entre 2004 et 2012, pour atteindre 15 000 km (- 7 %), soit le niveau de 1996. De plus, à la fin de 2012, les conducteurs représentaient 49 % de la population ricaine de plus de 16 ans contre 61 % lors du dernier sommet, en juin 2005.

...en chute libre

Finalement, la tendance est plus marquée encore chez les jeunes. Chez les 16-34 ans, la diminution de l'utilisation de la voiture se monte à 23 % de kilomètres de moins en 2009 par rapport à 2001. Sans compter que de plus en plus de jeunes Américains n'ont pas le permis de conduire : un taux passé de 21 à 26 % entre 2000 et 2010 chez les moins de 34 ans.

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Alors Ryan, ça t'en bouche un coin ? (Capture d'écran "Drive", Nicolas Winding)

Selon l'étude, "la génération née entre 1983 et 2000 est plus susceptible de vouloir vivre dans des quartiers urbains et piétons et s'avère plus ouverte à d'autres transports que la voiture que ses aînés".

Le texte ajoute :

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Elle est aussi la première génération à adopter pleinement les technologies mobiles de l'Internet, qui offrent rapidement de nouvelles options de transport et peuvent même se substituer aux déplacements, grâce notamment au télétravail, au shopping en ligne, aux téléconférences et aux réseaux sociaux.

La faute aux Internets

En 2012, des recherches menées par Michael Sivak de l'Institut de recherche sur les transports de l'Université du Michigan avaient déjà plus ou moins conclu à ce phénomène. "La plus grande proportion d'utilisateurs d'Internet est associée à un taux d'obtention de permis plus bas"écrivait-il. "Ce résultat est cohérent avec l'hypothèse que les contacts virtuels réduisent le besoin de contacts réels chez les jeunes."

Le rapport de l'ONG regrette pourtant que les politiques de transport ne changent pas leur direction d'un iota. "Les prévisions officielles continuent de tabler sur une augmentation constante de la conduite, en dépit des chiffres de la dernière décennie", indique-t-elle. Et de conseiller :

Les politiques fédérales, étatiques et locales devraient au contraire contribuer à créer les conditions dans lesquelles les Américains peuvent réaliser leur désir de conduire moins. L'augmentation des investissements dans les transports en commun, les infrastructures cyclistes et piétonnes et le transport ferroviaire interurbain permettrait à davantage d'Américains de profiter d'un plus large éventail d'options de transport.

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Par Théo Chapuis, publié le 15/05/2013

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