Un mannequin aux formes extremes dans une boutique à Caracas au Venezuela, le 30 octobre 2013. (Crédit photo : Meridith Kohut /The New York Times)

Le physique déformé des mannequins vénézuéliens

Au Venezuela, un homme d'affaire a lancé la tendance des mannequins vitrine aux mensurations invraisemblables. Une standardisation effrayante.

Un mannequin aux formes extrêmes dans une boutique à Caracas au Venezuela, le 30 octobre 2013. (Crédit photo : Meridith Kohut /The New York Times)

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Depuis plusieurs années, les canons de beauté féminins ne cessent d'évoluer, et la tendance en Amérique du Sud est à la poitrine opulente. De plus en plus de jeunes filles ont recours à la chirurgie esthétique pour s'offrir de nouveaux seins, dans l'espoir d'embrasser une nouvelle vie et augmenter leur "confiance en elles".

Au Venezuela, Eliezer Álvarez a décidé de prendre ces nouveaux standards de beauté au pied de la lettre pour booster son business, comme le rapporte le New York Times. L'homme d'affaires, frustré par les modestes ventes de sa petite fabriques de mannequins, a pris le parti de modifier les mensurations habituelles de ces poupées en plastique pour que les clientes puisse plus facilement s'y identifier. Les formes ont donc été outrageusement remodelées et les ventes ont explosé.

A tel point, que ses mannequins se sont propagés comme une trainée de poudre à travers le pays, et sont même devenu la norme. Des figures disproportionnées, résultat du diktat de la chirurgie esthétique et des fantasmes masculins.

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Dans l'atelier de Eliezer Álvarez.

Et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat de ces transformations extrêmes est effrayant. Les seins débordent, les tailles sont invraisemblablement fines et les jambes incroyablement longues. Comme des poupées Barbie grandeur nature, loin, très loin de la réalité. Et pourtant, Mr Álvarez, ainsi que sa femme - ayant subie elle aussi, une augmentation mammaire - qualifient ces mannequins de "normaux".

Une banalisation des interventions chirurgicales

Chaque jour, Yaritza Molina habille consciencieusement ses deux mannequins chouchous à l'entrée de sa petite boutique située à Coro, une ville dans l'ouest du Venezuela. Elle confie :

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Celles-ci, ce sont les princesses, car elles ont les meilleures poitrines. De nombreuses clientes viennent dans la boutique et me disent qu'elles souhaitent ressembler à ces mannequins. Je leur réponds "O.K, fais-toi opérer".

Une banalisation de ces pratiques qui peut être un réel danger. Ces deux dernières années, plusieurs médias locaux ont rapporté de nombreux décès de femmes liés à des augmentations mammaires pratiquées dans des cliniques non conventionnées.

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En Europe, la tendance est d'avantage à la dénonciation de ces canons de beauté fantasmés. Il y a quelques mois, les photos de mannequins lingerie taille 42 faisaient leur apparition sur le net et rouvraient le débat autour de la standardisation du corps de la femme. Et même le géant suédois H&M, souvent pointé du doigt pour l'utilisation de mannequins taille 36, faisait appel à Jennie Runk pour sa collection de maillot de bain.

Par Constance Bloch, publié le 14/11/2013

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