© Jess (@jess_tattooer sur instagram)

Dix artistes à découvrir au Mondial du Tatouage 2019

De Jan Willem et ses créatures japonisantes à l’univers féerique de Dashuai Ma.

Nous vous l’annoncions la semaine dernière : le Mondial du Tatouage s’apprête à faire son grand retour à la Grande Halle de la Villette, à Paris. Du 15 au 17 février prochain, la célèbre convention créée par Tin-Tin, qui aura cette année pour parrain le chorégraphe Philippe Decouflé, mettra en lumière 400 artistes tatoueurs issus des quatre coins du monde. Inspirés par l’irezumi, fascinés par le old school ou représentants de la culture gangsta rap, on vous présente ceux qu’il nous tarde déjà de voir à l’œuvre.

Fabingg et ses animaux fantastiques

Basé à Lyon, où il officie au salon Green Tiger, Fabingg est le créateur d’un univers singulier et raffiné, où les animaux règnent en maître. Détaillés et précis, ses tatouages au style traditionnel prennent tantôt la forme de caïmans colorés, d’imposants papillons de nuit, de pigeons voyageurs ou encore de drôles de perroquets (les oiseaux, très récurrents dans son travail, semblent avoir à ses yeux une importance particulière). Visiblement fasciné par la beauté de Dame Nature, Fabingg donne ainsi vie à un univers poétique, qui a déjà conquis le cœur d’un peu plus de 30 000 personnes sur Instagram.

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L’old school flamboyant de Mors

Considéré comme l’un des courants majeurs du tatouage, l’old school américain connaît depuis quelques années une véritable renaissance, portée par une nouvelle génération d’artistes aussi talentueux qu’ambitieux. Parmi eux, Mors, un artiste originaire de Leeds, en Angleterre, qui façonne des tatouages puissants, souvent dominés par un rouge flamboyant. Et si ce dernier a tendance à reprendre quelques-uns des motifs les plus connus du old school (le navire, la rose, l’aigle royal, la dague…), il s’amuse aussi de temps à autre à pousser le genre un peu plus loin, en associant ce style à des symboles plus modernes et variés, tels qu’une montgolfière géante, un briquet tempête ou encore un sexe féminin aux allures de cœur.

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Les créatures japonisantes de Jan Willem

Le tatouage traditionnel japonais, parfois appelé irezumi, fait de plus en plus d’adeptes partout dans le monde. Très populaire aux États-Unis, il est également vivement défendu dans de nombreux pays européens, dont l’Angleterre, la France ou les Pays-Bas. À Amsterdam, Jan Willem tatoue, avec une précision hors pair et une vision parfois sanglante, les symboles les plus populaires du folklore japonais : chrysanthèmes, geishas au regard mystérieux, yūrei et autres oni démoniaques… Ses dessins raviront les amateurs de culture nippone.

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L’univers énigmatique d’Antony Flemming

Originaire de Londres mais désormais basé à Calgary au Canada, où il officie chez Scythe&Spade, Antony Flemming est une véritable rock star de la scène tattoo. Utilisant les traditions japonaises comme style de prédilection, le jeune homme est très prisé pour la perfection de ses lignes, et sa maîtrise des couleurs et des ombrages. À la fois coloré et mystérieux, son univers s’exprime aussi bien sur la peau de ses clients que sur papier, puisque l’artiste réalise régulièrement des séries d’illustrations et de peintures.

La couleur et l’humour : les maîtres mots de Brindi

Fondateur du salon Brindi Tattoo à Toulouse, Brindi propose des tatouages aux couleurs vives, avec lesquels il s’amuse à détourner, non sans humour, les motifs les plus récurrents de l’esthétique old school et traditionnelle japonaise. Serpent en pleine boulimie de donuts, vue du mont Fuji soumise à une attaque d’extraterrestres, hannya en pleine pause clope… Il y en a pour tous les goûts.

Le monde féerique de Mr Ping Pong

À la fois fasciné par l’old school et l’irezumi, le tatoueur australien M. Ping Pong crée un monde tout en couleurs, où vivent en harmonie animaux magiques et fleurs de cerisiers. Notre pièce favorite ? Ce tatouage représentant un trio de chats au regard très sérieux, vêtus de kimonos.

Laura Satana, entre cinéma et gangsta rap

Laura Satana est l’une des femmes les plus en vue de la scène tatouage. Et pour cause : fondatrice du salon EXXXOTICTATTOOS à Paris, elle a largement participé à la vulgarisation du tattoo auprès du grand public, en intervenant régulièrement sur différentes radios, chaînes nationales et pour d’autres ouvrages, à l’instar du récent Tattooisme de Chris Coppola et Frédéric Claquin. Très influencé par le hip-hop et le 7e art (son nom, "Satana", est d’ailleurs un hommage à l’actrice Tura Satana, connue pour son rôle dans Faster Pussycat! Kill! Kill!), son style est souvent défini comme un mélange iconographique des années 1950-1960 et la culture du gangsta rap.

La beauté des femmes asiatiques selon Jess

Nourri par la culture japonaise, l’univers de Jess se compose majoritairement d’origamis colorés, de masques d’hannya, de carpes majestueuses mais aussi et surtout d’une multiplicité de visages féminins. Réalisés avec une impressionnante précision, ces dessins aux mille couleurs, que le tatoueur réalise la plupart du temps dans le salon Seven Doors Tattoo de Londres, célèbrent la beauté et la force des femmes japonaises, qui sont souvent représentées telles de véritables combattantes.

Dans un récent post Instagram, Jess revenait d’ailleurs sur la façon dont, au début du Xe siècle, certaines Japonaises avaient fini par devenir des membres éminentes de la classe samouraï, et que de nombreuses autres avaient été régulièrement entraînées aux arts martiaux – des récits méconnus, qu’il tente visiblement d’immortaliser sur la peau de ses clients.

Les fleurs délicates de Dodie

Avec près de 60 000 abonnés au compteur sur Instagram, Dodie est une tatoueuse renommée. Son domaine de prédilection ? Les motifs floraux en noir et blanc, très détaillés et délicats, qu’elle tatoue souvent en format XXL, sur un torse, une cuisse, voire un dos entier.

Le néotraditionnel enchanté de Dashuai Ma

C’est un monde féerique dans lequel Dashuai Ma s’apprête à nous plonger à l’occasion de son passage au Mondial du Tatouage de Paris. Installée à Pékin (Chine), où elle a fondé le salon HaloInk, cette artiste donne vie à des tatouages colorés et grandioses, dans lesquels femmes et animaux ne font souvent plus qu’un. Chez elle, en effet, il n’est pas rare de croiser des tigres aux allures de geishas, ou des jeunes femmes qui, comme dans un rêve, prennent des faux airs de licorne.

Le Mondial du Tatouage se tiendra du 15 au 17 février 2019 à la Grande Halle de la Villette de Paris. Plus d’infos sur le site de l’évènement.

Par Naomi Clément, publié le 05/02/2019