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La mort imminente expliquée grâce à des rats

Publié le

par Théo Chapuis

Détail de l’Ascension vers l’Empyrée de Jérôme Bosch.

Des universitaires américains ont poursuivi les études sur le mystérieux état de mort imminente. Selon eux, elle correspondrait à un état d'éveil élevé.

Détail de l'Ascension vers l'Empyrée de Jérôme Bosch.

Le tunnel blanc, la lumière immaculée, la plénitude totale : voilà plusieurs critères qui caractérisent l'expérience de mort imminente, ou "near death experience" en anglais. Des scientifiques américains ont décidé de repousser plus loin les recherches autour de ce mystérieux phénomène en l'étudiant par le prisme de nos amis les rats.

C'est le professeur de neurologie Jimo Borjigin qui a mené l'étude. Selon elle,  il s'agit de "la première à analyser les effets neurophysiologiques d'un cerveau mourant". Elle atteste que 20% des personnes qui survivent à un arrêt cardiaque ont fait part d'une expérience de mort imminente durant leur décès clinique.

Forts de ce postulat, les scientifiques expliquent que "si cette expérience résulte d'une activité cérébrale, elle devrait pouvoir être détectée chez les hommes comme chez les animaux, même après l'arrêt de la circulation du sang dans le cerveau". D'où l'étude de rats pour mieux comprendre cet état dont on ne sait, finalement, toujours pas grand-chose.

État d'éveil élevé

Après avoir déclenché un arrêt cardiaque chez neuf rats de laboratoire, les chercheurs ont découvert une augmentation significative de l'activité cérébrale au bout de trente secondes. Celle-ci correspond à un état d'éveil élevé. Ils ont aussi constaté le même état de conscience chez des individus qui s'asphyxiaient.

"Nous avons été surpris par les hauts niveaux d'activité du cerveau", témoigne George Mashour, professeur d'anesthésiologie et de neurochirurgie à l'Université du Michigan, co-auteur de l'étude.

En fait, en état de mort imminente, de nombreuses signatures électriques cérébrales de l'état de conscience excèdent celles enregistrées à l'état de veille, ce qui laisse penser que le cerveau est capable d'une activité électrique bien organisée aux premiers stades de la mort clinique.

"Cette expérience montre qu'une réduction d'oxygène, ou d'oxygène et de glucose lors d'un arrêt cardiaque peut stimuler l'activité cérébrale caractéristique d'un état conscient", conclut le Dr Borjigin.

Controverse

Évidemment, la conclusion de ces recherches ne fait pas l'unanimité dans la sphère scientifique. Chris Chambler est lui aussi chercheur en neurologie mais à l'Université de Cardiff, Grande-Bretagne. Selon lui, "on se heurte à deux problèmes : le premier est qu'on ignore si les rats ont un état de conscience et, même si c'était le cas, conclure que ce regain d'activité cérébrale est la signature d'un tel état est probablement trompeur".

Une autre voix vient contredire les conclusions de l'équipe du Dr Borjigin. Sam Parnia, de l'Université de Southampton en Grande-Bretagne, juge que la comparaison entre un électro-encéphalogramme utilisé chez des rats et chez des humains en situation d'arrêt cardiaque "est extrêmement hypothétique et ne s'appuie sur aucune indication tangible". Reste que si les études du Dr Borgijn se vérifiaient, cela viendrait bel et bien accréditer l'hypothèse selon laquelle il n'y a pas qu'un grand vide après la mort.

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Source : Huffington Post France

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