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Voici les 25 meilleures BD de 2020 selon la rédaction de Konbini

Publié le

par Arthur Cios

Malgré la pandémie, l'édition de bandes dessinées est restée très active. Voici les BD que nous avons préférées en 2020.

Plus de 5 000 BD sont commercialisées chaque année, soit en moyenne 14 par jour (!). En 2020, la crise sanitaire a forcé des maisons d’édition à repousser des sorties, mais dans ce magma de sorties de BD, il y a eu son lot de pépites.

Nous n’avons pas pu tout lire, malheureusement, mais nous avons essayé de scruter tout ce qu’il se passait. Entre les romans graphiques énormes, les petits mangas et la pluie de comics, il était difficile de faire un choix. Mais nous avons sélectionné 25 titres, qui nous ont accompagnés et nous ont marqués comme peu ont réussi à le faire.

Voilà donc les 25 meilleurs BD de l’année, selon la rédaction de Konbini.

L’Accident de chasse de David L. Carlson et Landis Blair (Sonatine)

(© Sonatine)

D’abord, on est frappé par le dessin fou, entièrement constitué de lignes noires, résultant du travail monstrueux de Landis Blair – comme le montre cette vidéo incroyable timelapse. Puis, on se laisse happer par cette histoire d’une richesse et d’une épaisseur dingues.

Pendant plusieurs centaines de pages, on suit cette histoire de prison qui mêle la philosophie, l’Enfer de Dante, mais aussi les faits divers, le tout mis en abîme et en page avec brio. Ce n'est pas la BD la plus simple à lire, on vous le concède, mais clairement la plus grosse claque de 2020.

L’Âge d’or volume 2 de Cyril Pedrosa et Roxane Moreil (Dupuis)

(© Dupuis)

Le premier volet avait reçu un accueil si unanime et chaleureux de la part de la presse, des spécialistes et du public que la pression sur les épaules de Pedrosa et Moreil était conséquente. Pas de surprise : cette conclusion est une parfaite fin à cette épopée médiévale sublime.

Mettant de côté la forme du conte qui faisait le charme du premier, ce deuxième âge d’or est une grande BD de cape et d’épée, où la baston fait foi, où les scènes de guerre rappellent le cinéma de Kurosawa et où la trahison est reine. Le travail de Pedrosa est grandiose et son dessin regorge d’émotions. Difficile de ne pas être fan de cette bataille pour le livre sacré.

Aldobrando de Gipi et Luigi Critone (Casterman)

(© Casterman)

Sans être foncièrement révolutionnaire, Aldobrando réussit l’exploit de marquer les rétines et les esprits. Des mois après sa lecture, on est encore enchanté par ce conte initiatique à l’univers sublime. Les dessins de Luigi Critone y sont pour beaucoup. Mais l’histoire de Gipi – qu’on adore chez Konbini – y contribue fortement.

On y suit Aldobrando donc, un jeune homme abandonné à la naissance et qui n’a jamais mis les pieds dehors, qui pour préparer une potion que son maître lui a demandée, va se retrouver embarqué dans une succession de péripéties à travers ce vaste monde qui s’érige face à lui. Classique, peut-être, mais malgré tout l’un des meilleurs bouquins que l’on a pu lire cette année, et de loin.

Americana de Luke Healy (Casterman)

Americana est un incroyable récit de combat contre soi-même. Luke Healy y raconte une histoire vraie, la sienne, à la rencontre d'un trek mythique, le Pacific Crest Trail. Ce sentier de randonnée est un graal complètement fou de 4 280 km, s’étendant de la frontière mexicaine à la frontière canadienne sur la côte Ouest des États-Unis. Le long du parcours, on passe du désert à la glace, à travers vingt-cinq parcs nationaux et une nature aussi envoûtante que dangereuse.

Luke raconte simplement son voyage avec une magnifique ligne claire et une mise en couleurs très à propos. Mais rien n’est simple dans ce voyage de plus de 127 jours éreintants. Laissant sa famille et ses amis derrière lui, Luke Healy aborde ce trek comme un parcours initiatique où il va repousser ses limites, trouver ses rêves et délimiter ses choix. Ce beau livre de 336 pages raconte une histoire plus grande qu’un simple guide de randonnée. Il donne envie de s’y replonger instantanément. Un énorme coup de cœur de 2020.

Black-out de Loo Hui Phang et Hugues Micol (Futuropolis)

(© Futuropolis)

Maximus Wyld n’a pas réellement existé. Et pourtant, il cristallise tellement le vécu de nombreux acteurs racisés des années 1940-1950 qu'on jurerait que son récit est réel. Cette fausse biographique raconte comment un acteur d’origine comanche, afro-américain et aux racines diverses, va se retrouver devant les caméras de nombreux réalisateurs, pour finir coupé au montage. Comme pour laisser le cinéma blanc, pour son public blanc.

Dense, exigeant, extrêmement beau, ce livre de Loo Hui Phang et dessiné en noir et blanc avec brio par Hugues Micol est une autopsie du mythe d’Hollywood. Une réflexion maline sur le racisme inhérent au septième art et à son monde jonché de faux-semblants. Un livre important donc, en plus d’être excellent.

Carbone et Silicium de Mathieu Bablet (Ankama)

(© Ankama)

Shangri-La l’avait déjà imposé comme un nouveau maître de la SF "made in France", Carbone et Silicium ne fait que confirmer la chose : Mathieu Bablet sera bientôt un grand nom de la littérature. On y suit ici deux intelligences artificielles, dotées de sentiments mais censées expirer, et qui vont pourtant réussir à échapper à leur mort programmée.

Bien que la structure du récit et l’élément central soient différents de son précédent bijou, Bablet retrouve ses thèmes de prédilection : la prétention de l’être humain face à la technologie, le transhumanisme, le capitalisme qui détruit la planète et la déchéance de notre société. Ce qui s’est fait de mieux du côté de la SF en 2020, haut la main.

Citéville / Citéruine de Jérôme Dubois (Cornélius / Matière)

(© Cornélius / Matière)

Sortis avec peu de temps d’intervalle, ces ouvrages répondent bien l'un à l’autre tant leur propos semble similaire, même si le fond diffère. D’un côté, une fausse vision idyllique de la ville du futur, absurde et du coup très drôle ; de l’autre, la version cauchemardesque de cette fausse ville parfaite.

L’avenir vous fait peur ? Alors ne lisez pas ces deux incroyables albums. Car même en allant chercher de l’humour noir pince-sans-rire, la description au vitriol que fait Jérôme Dubois de la soi-disant cité parfaite est glaçante et effrayante. Donc génial.

La Couleur tombée du ciel de Gou Tanabe (Ki-oon)

(© Ki-oon)

Depuis quelques années maintenant, Gou Tanabe s’est fait une spécialité dans un domaine plus que casse-gueule : l’adaptation d’œuvres de Lovecraft en mangas réalistes et sans couleurs. Parmi le cru 2020, nous avons eu le droit à L’Appel de Cthulhu, mais c’est l’autre qui nous a bien plus marqués car La Couleur tombée du ciel est un calvaire à visualiser. Comment représenter une comète d’une couleur que l’être humain ne connaît pas ?

Tanabe y parvient pourtant, et avec brio. On y retrouve une ambiance morbide, triste, et une Terre consommée par une comète extraterrestre. Le tour de force étant bien sûr de rendre inquiétante une couleur que l’on ne voit pas, en passant par le noir et blanc. Plus proche dans le texte que le film basé sur le même écrit de Lovecraft et sorti sur Amazon Prime il y a peu avec un Nicolas Cage qui vaut le détour, il s’agit sans doute d’un des titres les plus marquants de l’année. Et qui ne donne qu’une envie : se plonger dans toute l’œuvre de Lovecraft, et de Tanabe.

Le Dernier Atlas volume 2 de Fabien Vehlmann, Gwen Bonneval, Hervé Tanquerelle et Frédéric Blanchard (Dupuis)

Cette grande saga d’anticipation à la française prend encore plus de corps dans ce deuxième volume, mêlant grand banditisme, uchronie robotique et avènement christique. À mi-chemin entre Neon Genesis Evangelion, Un prophète et Le Géant de fer, Le Dernier Atlas est un feuilleton singulier, bourré de fantastique, de géopolitique et d’action.

Le résultat graphique est très réussi et le rythme haletant laisse peu de répit à un lecteur avide. Le bonheur de voir des mechas à l’européenne est totalement assouvi dans ce récit international qui mélange de nombreux faits historiques avec des possibilités de l’histoire. Les personnages sont forts et le tout mériterait une adaptation au cinéma, dans une grande fresque qui manque très souvent au cinéma de genre français. Une grande réussite. De la taille d’un Atlas.

La Dernière Rose de l’été de Lucas Harari (Sarbacane)

(© Sarbacane)

Il y a quelque chose de reposant dans la lecture du thriller du génial Lucas Harari. Non pas qu’il ne se passe rien (comme dans le très bon Quatorze Juillet de Bastien Vivès par exemple), mais que cette ode au farniente, malgré les péripéties de Léo, est vraiment réussie. Ce dernier, qui se retrouve à garder la maison de son voisin, va sympathiser avec la bande de jeunes qui habite dans la maison d’à côté, avant que les choses ne dégénèrent.

Il faut dire que le dessin de Harari est particulièrement enchanteur, avec ses couleurs vives d’une histoire d’été et sa narration léchée. Vous comprendrez qu’on ait été instantanément charmés. Ajoutez à cela le fait que le livre est un très bel objet, hyper agréable à tenir et à lire, et vous tiendrez l'une des meilleurs BD de l’année.

Hors-saison de James Sturm (Delcourt)

James Sturm est l’un des plus grands auteurs américains du moment et il le prouve encore une fois avec ce Hors-saison, sombre mais nécessaire. Il y fait un parallèle entre, d’un côté, la vie de Mark, ses galères de boulot, la fin de son couple et le délitement de ses liens sociaux et, de l’autre, le climat politique catastrophique en 2016, quelques mois avant que Donald Trump ne soit élu président des États-Unis.

Cette métaphore du quotidien innocent face à la démocratie américaine est parfaitement traitée dans un superbe format italien, aux cases pleines de sens. Une passe de dépression mise en scène avec simplicité et talent, remplie d’un amour indestructible et d’un esprit décalé mais salvateur. Un choc.

Kent State, Quatre morts dans l’Ohio de Derf Backderf (Éditions çà et là)

Derf Backderf est un génie de la bande dessinée quasi documentaire. On lui doit déjà plusieurs classiques, dont l’effroyable Mon ami Dahmer et le surprenant Trashed. Cette fois-ci, Derf reprend son style chirurgical et cynique pour traiter des quelques jours qui mènent au massacre de l’université de Kent State lorsque la garde nationale tire sur la foule le 4 mai 1970, faisant quatre morts.

Le travail de l’auteur est extrêmement méticuleux et retrace les derniers moments des quatre victimes tout comme l’escalade de la violence, l’amateurisme et l’incompréhension totale des forces de l’ordre qui vont mener à cette répression sanglante, à un moment crucial de l’histoire des États-Unis. Le trait et la technique de Derf Backderf sont toujours au-dessus de tout, efficaces et précis dans ses hachures comme dans ses actions. Ce livre est un parfait complément du film Les Sept de Chicago d’Aaron Sorkin. En regardant son passé à travers ses œuvres culturelles revendicatrices, l’Amérique se regarde dans le fond des yeux. Et ils sont rouge sang.

Ma vie en prison de Kim Hong-mo (Kana)

(© Kana)

Il faut sans doute un peu de force pour apprécier ce type de lecture en vacances, car le récit de Kim Hong-mo, totalement autobiographique même s’il n’a pas tenu à le souligner dans son manga, n’est pas des plus faciles. Pourtant, elle mérite bien toute votre attention.

On y suit Yongmin, un étudiant obligé de partir en cavale car il est recherché pour avoir rejoint un mouvement contestataire, et qui finira par la case prison. D’abord avec des codétenus pacifiques, puis d’autres beaucoup moins. Une histoire riche, passionnante, très bien écrite, un peu dure certes, mais qui va sans nul doute vous marquer.

Mind MGMT de Matt Kindt (Monsieur Toussaint Louverture)

(© Monsieur Toussaint Louverture)

Matt Kindt est une personne brillante, et cette BD – pour la première fois traduite en français – en est la preuve. Sa patte si reconnaissable alliant dessin minimaliste, colorisation à l’aquarelle grossière (et donc sublime) et la minutie de ses scénarios se retrouvent parfaitement, si ce n’est à leur paroxysme, dans Mind MGMT. Une aventure en trois volets, déjà sortie outre-Atlantique et dont l’ultime épisode vient de sortir en France.

Comment résumer cette drôle d’histoire ? Disons qu’elle mêle la CIA, un avion dont les passagers ont totalement perdu la mémoire, du paranormal, des individus avec des pouvoirs surnaturels, des tueurs immortels, de l’espionnage, de l’action, de l’épouvante… Cette BD est un parfait résumé de la pop culture en 2020, qui vous rendra sans doute pantois – comme ce fut notre cas !

Moments extraordinaires sous faux applaudissements de Gipi (Futuropolis)

(© Futuropolis)

On vous disait déjà quelques lignes au-dessus qu’on aimait beaucoup Gipi. Son dernier livre solo n’a fait que renforcer notre avis. Il nous a arraché des larmes, nous a assommés pendant de longues minutes après avoir refermé le bouquin. L’une de ses œuvres les plus intelligentes, fines, denses et attachantes.

On y suit un humoriste parti au chevet de sa mère souffrante. Le récit est alors mêlé de flash-back, de moments sur scène et d’expéditions en noir et blanc d’une équipe de spationautes sur une planète perdue (qui sont en fait représentatifs de ce que ressent l’intéressé). Oui, ça paraît bizarre, mais le tout est d’une cohérence folle, et d’une beauté exceptionnelle. Un véritable tour de force. On vous a dit qu’on aimait beaucoup Gipi ?

Ce récit superbement illustré à l’aquarelle mêle la vie tumultueuse du peintre Théodore Géricault à l’histoire de son œuvre la plus connue : Le Radeau de la Méduse. Ce double récit est parfaitement équilibré et offre un souffle épique aux deux arcs de narration.

Géricault s’y présente quasiment comme un journaliste, menant son enquête comme un reporter-photographe avant l’heure. Il cherche alors à dénoncer dans sa toile un naufrage suspect mais surtout un massacre étouffé par les instances maritimes de l’époque. Cet ouvrage rend ainsi un superbe hommage au peintre de génie qu’était Géricault, mais aussi à son engagement fort et romantique sur cette œuvre charnière qu’il mettra des années à terminer. Laissez-vous flotter sur le radeau, ça vaut le coup.

Nous étions les ennemis de George Takei et Harmony Becker (Futuropolis)

George Takei est surtout connu en France pour son rôle de Sulu dans la série originale Star Trek. Dans ce récit autobiographique illustré par la très talentueuse Harmony Becker, il revient sur un moment sombre et peu connu de l’histoire des États-Unis. Issu d’une famille américano-japonaise, George Takei retrace ici le parcours cabossé qu’il a connu suite à l’attaque surprise du Japon à Pearl Harbor. Tous les ressortissants japonais étaient alors directement considérés comme ennemis. À 4 ans, George est fait prisonnier dans un camp d’internement en Californie avec sa famille, quelques jours avant Noël 1943.

En associant sa vie actuelle et celle de ses parents dans une période troublée de l’histoire, George raconte un pan peu connu de la Seconde Guerre mondiale et de la défiance, voire du racisme anti-japonais qui a régné pendant des années. Un livre poignant, très beau techniquement, qui ouvre sur de nouvelles perspectives.

Peau d’homme de Hubert et Zanzim (Glénat)

Dernier récit du regretté Hubert, Peau d’homme est un conte qui questionne profondément le genre, l’amour et la morale. Personne ne semble y être à sa place, mal dans sa peau de femme ou d’homme, cherchant une autre issue à celle qu’on lui trace. Le changement de genre sert ici à la fois de ressort comique et de véritable remise en question de notre identité. On pense à Certains l’aiment chaud de Billy Wilder, mais retranscrit dans l’univers absurde de Sacré Graal des Monty Python.

Les expressions des personnages dessinés par Zanzim offrent une très belle perspective à la narration d’Hubert, toujours explicite sur ces sujets de sexualité, d’amour et de pouvoir comme sur les séries Miss pas touche ou Beauté avec le duo Kerascoët. Pour ce dernier ouvrage avant son décès, Hubert semble exorciser ses derniers démons, dans une liberté des plus totales grâce à un ton acerbe mais drôle. Une BD indispensable qui, comme son sujet, aspire au plus grand des changements en 2020.

Pucelle de Florence Dupré la Tour (Dargaud)

(© Dargaud)

Rusty Brown de Chris Ware (Delcourt)

(© Delcourt)

Chris Ware est un monstre. Un OVNI. Un auteur qui décide de ne rien faire comme les autres, comme nous l’expliquait Riad Sattouf dans son "Club Lecture". Quelqu’un qui se joue de la forme autant que du fond. De faire des livres en longueur, épais, avec une couverture labyrinthique dépliable dans laquelle on peut se perdre avec plaisir.

Après l’incroyable Jimmy Corrigan, l’auteur américain aura mis 18 ans à pondre Rusty Brown. Un récit choral extrêmement juste, mélancolique et sans doute très personnel, sur la vie de sept personnages qui se croisent. Une œuvre totale, stupéfiante, qui laisse des traces.

Sengo de Sansuke Yamada (Casterman)

(© Casterman)

En quatre volets, le manga de Yamada a déjà réussi à se faire une place aux côtés des grands récits de vie japonais modernes. Il faut dire que cette excellente série sur le quotidien des soldats japonais restés en Chine à la sortie de la Seconde Guerre mondiale est d’une justesse dingue.

Car derrière ces histoires parfois potaches, parfois drôles se cache une mélancolie folle. Comme pour rendre hommage à cette frange sacrifiée, tout en voulant souligner l’horreur de l’époque, le racisme de la société nippone, le comportement des Américains ou encore la misère d’un pays en ruine. Un sans-faute pour l’instant du côté de Yamada.

Square Eyes de Luke Jones et Anna Mill (Delcourt)

(© Delcourt)

Alerte pépite visuelle. Nous n’avions pas eu vent de cette sortie avant d’avoir le bouquin dans les mains, et personne ne nous avait prévenus de la claque qu’on allait se prendre dans la tronche. Car plus que cette histoire dingue de programmatrice qui perd le contrôle de sa technologie et qui ne comprend plus le monde dans lequel elle vit, plus que ce récit sur les dérives de l’innovation, c’est le voyage proposé qui vaut le détour.

Chaque page est une œuvre d’art à part entière. Aucune d’entre elles ne se ressemblent. Tant le dessin, que la mise en page et la couleur de ce one shot vous font décrocher la mâchoire. Ne ressemblant à rien d’autre, Square Eyes est l’un des plus beaux livres lus cette année. Et de loin.

These Savage Shores de Ram V et Sumit Kumar (HiComics)

(© HiComics)

These Savage Shores a marqué l’année comics de manière brutale. Déjà parce qu’on est face à un récit authentique, indépendant, loin des grandes écuries habituelles, et dont le point de départ est surprenant. On parle ici de la colonisation de l’Inde par l’Empire britannique. Un récit historique, dans lequel se mêle une affaire de vampire, et donc d’horreur.

De manière très surprenante, le mélange prend sans aucun problème. On vous laisse le soin de découvrir ce bijou, et la manière émouvante dont les deux auteurs ont réussi à parler de comment les monstres engendrent d’autres monstres, et de la violence de la colonisation. Un vrai coup de cœur.

Vernon Subutex de Luz et Virginie Despentes (Albin Michel)

(© Albin Michel)

Qui d'autre que le grand Luz aurait pu oser s’attaquer à l’adaptation du culte Vernon Subutex de Virginie Despentes ? Pas grand monde. Lui le fait sans vergogne, et presque avec assurance, pour pondre un chef-d’œuvre opéra-rock unique en son genre.

À lire également -> Shining, Despentes et une renaissance : discussion au long cours avec Luz

Ces 300 pages de dessins en feux d’artifice racontent avec la même magie que l’écrit original la chute et la renaissance d’un homme. Il y a un peu de Luz dans Vernon. Et un peu de Despentes dans le dessin dingue de Luz. De très loin un des meilleurs livres de l’année.

Article écrit par Aurélien Chapuis et Arthur Cios.

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