featuredImage

À Paris, une ancienne maison close va connaître une nouvelle vie

La maison close Aux Belles Poules, très populaire dans les années 1920, sera bientôt à nouveau ouverte au public et accueillera toutes sortes d’événements.

À Paris, les Belles Poules sont en train de faire peau neuve. C’est au 32 rue Blondel, dans le deuxième arrondissement de la capitale, que l’on peut retrouver ce lieu rempli d’histoires et de secrets. La devanture de la demeure, composée de carreaux rouge sang, était connue de tous les Parisiens et touristes de passage dans les années 1920. Sur les quelque 170 anciens bordels parisiens, les Belles Poules sont aujourd’hui le seul à être inscrit sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. La visite de cet ancien lieu de joie sera très prochainement à nouveau possible grâce aux efforts d’une jeune entrepreneuse : Caroline Senot.

À son heure de gloire, cette "maison de tolérance" accueillait près d’une trentaine de filles de joie, qui se relayaient de 15 heures à 4 heures du matin. Selon un document officiel de 1936, les pensionnaires avaient un rythme de deux passes par jour, avec pour prix unique 30 francs (sans inclure les pourboires, qui pouvaient parfois être très généreux). Tout s’achève dix ans plus tard, lorsque la loi Marthe Richard impose la fermeture de tous les établissements proposant ce genre de prestations. Tenace, la propriétaire des lieux s’est battue corps et âme pour son lupanar. Ce n’est donc qu’en avril 1948, après que des habitants ont saisi la justice, que son bordel ferme définitivement.

Un lieu atypique qui regorge de secrets

Au fil des ans, le bâtiment se transforme peu à peu : les étages se mettent à accueillir des appartements et le rez-de-chaussée abrite successivement un bar, un grossiste et enfin un magasin de vêtements. En 2011, Caroline Senot et son père rachètent les lieux pour en faire le siège de leur entreprise d’informatique. Trois ans plus tard, lorsque son père décide de partir à la retraite, la propriétaire a l’idée de mettre en avant la mémoire du lieu. Avec un budget de 234 000 euros, et au bout de trois années de travaux, la jeune femme a ainsi fait renaître de ses cendres l’ancienne maison close.

Bien que des prostituées soient toujours présentes dans le quartier, Caroline Senot est optimiste quant à l’avenir et voit dans les Belles Poules un espace de partage aux usages multiples. L’établissement, qui doit rouvrir dans quelques jours, compte ainsi proposer "des conférences, des lectures de pièces érotiques ou des dîners avec des danseuses burlesques", comme nous le rapporte Le Monde. Grâce à ses décors d’origine (on pense notamment aux grandes glaces et aux fresques coquines), la maison souhaite également devenir un site de tournages et de shootings photo.

Par Manon Baeza, publié le 12/06/2017

Copié