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Creepy et étrange : un pantin robotique se fait torturer au nom de l'art

Publié le

par Dora Moutot

Colored Sculpture, la dernière œuvre animatronique de Jordan Wolfson fait déjà bien flipper les visiteurs du Stedelijk Museum, à Amsterdam.


Creepy, flippants, provocateurs et bizarres : voici les mots qui viennent à l'esprit pour qualifier les très étranges robots de l'artiste américain Jordan Wolfson. Vous avez jusqu'au 23 avril pour les découvrir à la fondation d'art contemporain du Stedelijk Museum, à Amsterdam, qui présente l'œuvre de cet artiste vivant entre Los Angeles et New York.

L'une des œuvres mises à l'honneur dans cette exposition fait sensation sur Instagram. Il s'agit de Colored Sculpture, un pantin robotisé qui ressemble étrangement à la mascotte du magazine Mad (la tête de gosse pleine de taches de rousseur du personnage d'Alfred E. Neuman, une icône pop américaine), ou encore au gamin des Aventures de Tom Sawyer, mais aussi un peu à la poupée de Chucky.

Le pantin a les yeux animés par des lasers, avec une technologie de reconnaissance faciale capable de percevoir les mouvements et les regards des spectateurs. Il vous suit du regard et on ne peut pas vraiment dire qu'il ait l'air de vous vouloir du bien. Pendant une vingtaine de minutes, pendu à des chaînes, le robot-pantin est soulevé en l'air puis jeté violemment à terre sur une musique relativement antinomique : le slow When a Man Loves a Woman de Percy Sledge. 

On pourrait penser qu'il s'agit d'une attraction un peu cheap de fête foraine pour Halloween, mais l'artiste y ajoute ce qu'on peut sans doute considérer comme une critique de la société de consommation : la chanson s’arrête et une liste d'actions sont alors énoncées telles que "to ice you", "to put my teeth in you", "to put my hand on you", "to put my hand in your hair" ("te glacer", "te mordre", "mettre ma main sur toi", "mettre ma main dans tes cheveux"). À cet instant, les yeux du pantin projettent des photos et des vidéos qui représentent les désirs de notre société de consommation. On peut lire dans ses yeux les mots "Spit Earth" ("Crache la Terre").



L'œuvre rencontre un véritable succès et voyage dans le monde entier, mais ce n'est pas la première fois que Jordan Wolsfon crée l'évènement avec l'un de ses robots : sa toute première réalisation de ce genre, intitulée "Female Figure", avait fait parler de lui en 2014. Tout aussi horrifiante et psychologiquement déstabilisante, une femme robot aux proportions flatteuses et en petite tenue dansait sur des chansons pop, tout en se regardant dans un miroir.


 

Seulement voilà, son visage n'était pas celui d'une femme robot fantasmée, mais celui d'une sorcière. Et comme avec le pantin, cet étrange robot strip-teaseuse vous suivait de son regard de monstre à travers le miroir. 

Ce robot animatronique, qui a l'air si vrai et si faux à la fois, relève de hautes compétences techniques, avec un coût de production s'étant élevé à un demi-million de dollars. Pour créer ce cauchemar érotique high-tech, l'artiste a collaboré avec le studio Spectral Motion, qui travaille régulièrement pour Hollywood.

Une photo publiée par @oneroophart le

Si l'artiste dit ne pas vouloir donner d'explications à ses œuvres, il nous aide à imaginer ce à quoi ressemblerait un parc d'attractions pour adultes dans un futur assez sombre...

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