Tchétchénie : pour Ramzan Kadyrov, il faut se "débarrasser" des gays

Dans une interview accordée à la chaîne américaine HBO, le président tchétchène Ramzan Kadyrov a à nouveau nié toute persécution des homosexuels dans son pays, assurant qu’il n’y avait pas de gays en Tchétchénie avant de tenir des propos homophobes glaçants.

Il y a deux semaines, on apprenait que la persécution des homosexuels en Tchétchénie s’était intensifiée depuis la fin du ramadan. Dénoncée début avril par le journal d’opposition russe Novaïa Gazeta, une véritable purge est menée contre la communauté homosexuelle par les autorités tchétchènes. D’après le président de l’ONG Russian LGBT Network, "300 à 400" homosexuels tchétchènes ont été détenus et torturés dans des "prisons secrètes", et six auraient été tués. Le porte-parole du président Ramzan Kadyrov a pourtant nié la purge, expliquant qu’aucune persécution n’était en cours puisque les personnes homosexuelles "n’existent pas" dans son pays. Une ligne à laquelle Ramzan Kadyrov s’est tenu ce vendredi 14 juillet.

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Pour Ramzan Kadyrov, les gays "sont le diable"

Durant une interview accordée par le président tchétchène à l’émission américaine Real Sport, diffusée sur la chaîne HBO, le journaliste David Scott s’est écarté du sujet prévu, les arts martiaux mixtes (MMA), pour évoquer la question de la "purge" des hommes gays. Comme L’Express le raconte, Ramzan Kadyrov, visiblement agacé, s’est interrogé au sujet du journaliste : "Pourquoi est-il venu ici ? Quel est l’intérêt de ces questions ?" Avant de nier à nouveau la présence même de personnes homosexuelles en Tchétchénie, assurant : "C’est absurde, nous n’avons pas de gens comme cela ici." Il a ensuite livré une vision de l’homosexualité glaçante, expliquant que "pour purifier [le] sang" des Tchétchènes, il fallait emmener les éventuels gays en dehors du pays : "S’il y a des gays, emportez-les au Canada. Plaise à Dieu, prenez-les pour qu’on n’en ait pas ici." David Scott lui demandant des précisions, Ramzan Kadyrov est allé encore plus loin dans l’homophobie :

"Ils sont le diable. Il faut s’en débarrasser, ce ne sont pas des hommes. Dieu les punisse pour ce dont ils nous accusent. Ils devront en répondre devant le Tout-Puissant."

Ces propos graves interviennent quelques jours après que l’association Urgence Tchétchénie, qui vient en aide aux homosexuels persécutés fuyant le pays, a annoncé qu’au moins un nouvel exfiltré tchétchène devrait prochainement être accueilli en France.

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Par Mélissa Perraudeau, publié le 17/07/2017

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